‹ Décor du métal: le ferChapitre 19 sur 27 · ARMES DÉFENSIVES DU XV® AU XVUI® SIÈCLE · texte numérisé non relu

ARMES DÉFENSIVES DU XV® AU XVUI® SIÈCLE

doute avec talent et qui pour ces armes d'un luxe exceptionnel tient de rorfèvrerie.

Tel se présente encore le casque de Philippe II enrichi au repoussé de médaillons et de figures.

Il semble que le contact avec TOrient modifie les formes de la coiffure de guerre, si longuement mûries et qui avaient abouti avec Tarmet à une œuvre vraiment parfaite.

On imite, pour les bourguignotes, la forme conique des casques turcs et on l'enrichit, ici d'un mascaron occupant la visière, là d'une couronne contournant la base du casque.

Don Juan d'Autriche, le célèbre fils naturel de Charles-Quint, donne à la visière de son casque la forme d'un oiseau (fig. 127).

Au XVI® siècle, les casques des armures allemandes sont ornés de figures au repoussé comme les casques de fabrication italienne, mais le décor manque de souplesse et on sent bien qu'il n'y a là qu'une copie d'un décor étranger.

On commençait d'ailleurs, pour des casques de parade, tels que celui du commandant des galères à Venise, à décorer le casque de feuilles rapportées donnant, par leur saillie, des ombres sur la surface lisse de la coiffure (Musée de Cluny) (fig. 128).

C'est bien, en effet, une coiffure de parade qui rompt complètement avec les formes traditionnelles qu'imposait la défense.

Le casque du duc d'Albe est coiffé d'une chimère et décoré dans le goût italien de figures, dans des médaillons traités au repoussé, tandis que celui de l'armure de Philippe III, bien que de forme contestable, se rattache encore à une tradition.

Parmi les armes défensives qui donnèrent lieu au décor le plus brillant du fer battu, embouti, repoussé, ciselé ou gravé, sont les boucliers suspendus au col ou au côté par une courroie et maintenu par la main au moyen d' « énarmes », courroies parallèles ou en croix.

Au xvi*' siècle, l'écu le plus employé était la rondache en

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acier poli à ombilic en pointe dont la forme se prèliiil à des combinaisons décoralives, soit que le décor rayonnât du centre, soit qn'il constituât la bordure de la rondache, soit qu'il formât à l'umbilic un motif saillant auquel était subordonné le reste du décor.

Les boucliers arabes du xV et du xvi* siècle étaient en bois,

l-'i|f. 128. — Casque d'u

doublés de cuir ou d'étoffe, consolidés par une série d'écnssons coniques en acier; l'un, le plus grand, au centre, les autres disséminés sur la circonférence.

Ces écussons sont décorés de délicats rinceaux dont les fonds gravés au burin font briller le dessin, toujours subordonnés, suivant la tradition orientale, à des lignes enveloppes qui en forment les divisions.

Parmi les boucliers arabes conservés à Madrid, il en est un qui

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a un caractère historique : c'est celui qui fut pris par Don Juan d'Autriche sur les Maures soulevés dans les Alpnjanas.

Sur les écussons qui ornent ce bouclier en bois recouvert d'étoffe, le décor suit les hélices d'un tracé de cannelures faites au repoussé.

FiK. 139. — h'icuourondachc à lèl.e dû lion, faisailt partie d'une eiinurc de CliHrlcs-guiiil. lArmei'iadeMadrid.i

Entre les petits écussons rayonnent des bandes de fer découpé sur rives et gravé : les attaches sont de longs clous à tête forgée.

Le centre d'un des boucliers de Charles-Quint est entièrement occupé par une tête de lion dont la crinière s'étale dans un cercle, ayant comme appui un anneau de fer poli, et, sur le bord, renforcé par deux cordons de métal repoussé, s'étend une zone

de rinceaux traités aussi au repoussé et d'iine merveilleuse exéuiition (fig. 129).

Il semble que ce parti de bordure ornée au repoussé ait été adopté au xvi^ siècle ; car le bouclier rond de l'armure équestre de Philippe II (iig. 130), est ainsi décoré sur les bords et le décor

FLp. ISO. - Kcu de rarmure Ut l'hillppi; tl. [Aniii-ria ili; Miidi-i(l.>

est complété par des rayons réunis sur l'ombilic, et ménageant entre eux des secteurs de fer poli qui font valoir le beau travail (le rornementation.

Il est assurément très curieux de suivre les évolutions de stvle sur des ouvrages dont la destination fut d'aboixi précise, et qui, peu à peu, réduits à un rôle purement décoratif, souffrent d'exagérations que l'idée ne tempère pins, ^'crs la fin du xvr

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