ARMES DÉFENSIVES DU XV*" AU XYIII*" SIÈCLE
siècle, ces boucliers deviennent des sujets d'ornements. Il s'agit maintenant d'occuper une forme d'écusson circulaire, légèrement bombée par une série de sujets distribués dans des compartiments rayonnants, et de les arrêter sur une bordure qui, par sa continuité, fasse opposition aux ornements répartis dans les compartiments. C'est un thème intéressant qui a parfois donné lieu à des solutions élégantes, mais qui pèche généralement par l'absence d'idée directrice.
Que dire des armures qui, comme celle de Philippe II, admettent sur le gorgerin une représentation en relief de la bataille de Saint-Quentin ? Ce sont des ouvrages de virtuosité qu'il ne faut pas confondre avec les œuvres d'art.
Le grand écu ovale, remis en 1603 par le duc de Savoie au roi Philippe III, est, malgré son extrême richesse, d'un goût très contestable.
Dans le harnachement du cheval de guerre ou de parade, ce sont les chanfreins, c'est-à-dire la protection de la tête, qui ont donné lieu aux plus intéressantes compositions décoratives (fig. 131). La forme de la lête était suivie* par le chanfrein qui laissait au droit des yeux deux larges ouvertures, mais les défendant par des saillies. Les rivets fixant les garnitures intérieures de cuir ou d'étoffe étaient à têtes saillantes, autant pour orner le chanfrein que pour protéger la tête de Tanimal. Le front est souvent étoile d'une rosace saillante ou d'un écusson : c'est encore un obstacle détournant les coups.
Les plaques articulées qui couvraient l'encolure étaient ornées aussi ; mais en général le travail en était plus simple. Cependant, sur l'un des harnais de Madrid, les bardes de cri-
nières sont comme la têtière garnies de trophées et d'écussons exécutés au repoussé.
C'est donc tout un enseignement de composition décorative qui nous est fourni par les armes, et le travail artistique du fer en a largement bénéficié. Nous y trouvons nous-même plus
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d'une leçon de goût. Car ce qu'il faut le plus admirer, c'est la beauté des formes simples, bien étudiées pour satisfaire complètement à leur destination, au point d'être à une époque déter-
minée comme une exp
xpression de la forme humaine. L'art a dévié quand l'artisan n'a plus été soutenu par l'idée qui lui avait suggéré tous ces beaux ouvrages, les élevant graduellement à la perfection.