‹ Décor du métal: le ferChapitre 4 sur 27 · FER DANS L ARCHITECTURE MODERNE · texte numérisé non relu

FER DANS L ARCHITECTURE MODERNE

- La couverture métallique fut même étendue par Baltard aux voûtes d'une église parisienne. A l'église Saint-Augustin (fig. 35) s'élève, sur tambour, une coupole évidée de baies que soutiennent quatre arcs principaux et quatre arcs secondaires sur lesquels reposent les pendentifs. Des arcs portés sur des colonnes en fonte

soutiennent la voiite de la nef. Us sont adossés à des piles en

Fig. 3i. — Murcliù de la Chapelle {1S8&). Pouli-en iiiclin^^es reposonl sur colonnes.

pierre et il en résulte, dans la structure de l'édifice, une indécision nuisible k l'effet.

Le fer avait été généralement employé pour toutes les constructions de l'Exposition universelle de 1889. Outre la galerie des Machines, on édillait, en fer, le palais des -Beaux-Arts, le Dôme Central, le palais de la République Argentine, mais on n'osait pas encore aborder la décoration du métal par le métal et on croyait encore indispensable l'habillage en staff, en terre cuite, en verre ou en toute autre matière des éléments de la construction métallique.

L'écueil était dans rinsiiffisance des connaissances scientifiques des architectes et dans le défaut d'éducation artistique des ingénieurs. L'enseignement de la construction devait être en effet complètement modifié par la transformation complète de la métallurgie et du travail des métaux. On ne pouvait trouver dans le pa?sé aucun élément de décoration applicable à ces fers laminés que les forges livraient en barres de toutes longueurs, à profils spéciaux, et qu'il fallait bien utiliser suivant des données scientifiques nouvelles.

Pour éviter d'avoir à exercer leur initiative, en acquérant les connaissances qui leur manquaient, certains historiens ont prétendu que le fer était incompatible avec les formes d'art, qu'il était trop maigre et qu'on serait toujours réduit à le cacher si l'on voulait, tout en utilisant sa résistance, éviter Teffet désastreux d'une grêle ossature résultant, nécessairement, d'une combinaison de fers laminés, de tôles ou de cornières rivées.

Assurément, il faut se résoudre à ne pas tirer du fer les effets de la pierre, ni même ceux du bois. Il est fort heureux, d'ailleurs, que nos ancêtres nous aient légué quelques chel-d'œuvres de construction en bois, tels que l'Hôtel-Dieu de Beaune ou les maisons de Lisieux, de Rouen, d'Angers ou du Mans, voire même la charpente de Westminster. Sans cela on nous déclarerait probablement que le bois est incompatible avec des formes d'art.

En quoi le fait d'agir sur des fers laminés de profils spéciaux peut-il faire obstacle à la création artistique ? N'en est-il pas de même pour les bois de menuiserie dont les divers échantillons sont fixés par l'usage et qui ne s'en prêtent pas moins à toutes les combinaisons décoratives.

Ce n'est pas la matière, c'est l'artiste qui est en défaut, et l'emploi nouveau du fer est le meilleur argument qu'on puisse invoquer en faveur de Tobligation des études techniques. Sans ces études, Tarchitecte, comme l'ingénieur, serait incapable de bien

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