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résoudre les nouveaux problèmes d'équilibre, qui rêsultenl des programmes modernes, el incapable aussi de lirer parti, en vue d'un effet décoratif, d'une matière donlil ne connailrail suflisam-
menl ni les qualités ni les méthodes de travail. Ce qui est délicat c'est la différence d'échelle des matériaux à employer : une ferme de comble, reposant sur un corbeau de pierre, semble trop maigre si le corbeau n'est pas détaillé dans son profil pour s'harmoniser par l'échelle de détails avec la console métallique qu'il supportera.
Si Ton remonte aux origines de la construction métallique, à l'époque où la fonte a été le plus employée à cause de sa résistance à la compression pour des supports verticaux ou inclinés, ou pour des claveaux d'arcs, on se rend bien compte que, malgré la coulée dans un moule, la matière a des qualités que doivent caractériser des formes différentes de celles qui sont traditionnelles pour la pierre par exemple. La résistance du métal est telle que si la fabrication n'exigeait pas un minimum d'épaisseur, pour les colonnes creuses notamment, cette épaisseur pourrait être réduite à quelques millimètres. Les profils de la fonte doivent donc être étudiés pour tirer parti de cette résistance permettant, à la fois, des formes très évidées et de fines nervures créant des oppositions vives.
C'est encore par le relief des nervures qu'on peut dessiner, en fonte, des ornements délicats à la surface d'une plaque ou accentuer les silhouettes de pièces formant les remplissages ajourés d'un cadre, comme cela peut avoir lieu pour les claveaux et tympans d'un arc ou pour les panneaux d'un balcon.
11 est nécessaire aussi, pour la fonte, d'éviter les inégalités d'épaisseurs donnant des inégalités de retrait et pouvant déterminer des ruptures.
La résistance d'une pièce fondue est la conséquence de l'homogénéité du métal.
Si l'on n'a pas su tirer parti jusqu'ici de la fonte, dans la décoration, c'est qu'on l'a considérée uniquement comme une matière susceptible de reproduire économiquement les formes du fer.
Au lieu de chercher, par une interprétation appropriée, le décor du métal fondu, on s'est borné à mouler des balcons de fer forgé en imitant, en fonte, jusqu'aux colliers qui servent au montage des pièces de forge.
Un défaut de jugement, conséquence d'un défaut d'enseignement, peut seul expliquer de pareilles erreurs.
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Voyez, au contraire, le parti qu'on pourrait tirer de la fonte lorsqu'ayant à soutenir un chéneau métallique, par des consoles, ou à étudier l'ajourage d'une frise de ventilation couronnant le mur d'une salle publique, on cherchera la solution économique du problème dans l'emploi du métal fondu.
La légèreté des pièces résultera, évidemment, de leur profil, de l'épaisseur minimum à leur donner dans les limites autorisées par la fabrication, et la console prendra aussitôt une forme caractéristique qui la distinguera des consoles de pierre.
Considérez par exemple une frise de ventilation en fonte exécutée au marché de la Chapelle. Vous constaterez qu'elle a été étudiée en vue d'égaliser les épaisseurs et de multiplier les ajourages tout en réservant les assemblages spéciaux de la pièce fondue avec l'appui de la clôture en brique qu'elle couronne et avec le vitrage qui la surmonte.
Pour le fer, le travail du métal, forgé, laminé, et ses moyens d'assemblage caractérisent, plus nettement encore, les formes de résistance.
Une ferme articulée de H5 mètres, telle que celle de la Galerie des machines, utilise, pour les ailes, un profil de section constante, mais de hauteur variable, cette variation correspondant à la répartition progressive des efforts sur l'arc uniformément chargé par le poids permanent des fers et de la couverture, et par les surcharges éventuelles résultant de la neige ou de la pression du vent.
Une telle forme est l'expression exacte de la résistance de la pièce et elle donnerait complète satisfaction au sentiment artistique si l'on avait pris soin d'étudier, en vue d'un décor de silhouette par ajourage, les croisillons qui relient les ailes de la ferme.
Ces croisillons en treillis ne produisent, dans l'espace, qu'une confusion de lignes qui ne permet pas de distinguer les pièces principales des pièces secondaires, tandis que l'étude des rem-
plissages aurait permis, sans alourdir la pièce, d'en rendre plus sensible la fonction et de satisfaire ainsi à la justesse d'expression qui est une obligation de la création artistique.
Ce n'est pas après coup qu'il convient de décorer une ossature métallique à l'aide de carton pâte; le décor ainsi conçu est absurde puisqu'il est en contradiction avec la destination de l'œuvre dont la beauté a pour caractère principal une expression parfaite d'équilibre résultant de la forme choisie et que le métal seul peut donner.
La décoration par ornemenls d'applique, étrangers aux formes de résistance, devrait donc être absolument écartée de la construction métallique. A l'appui de cette observation, je citerai une des constructions métalliques les plus intéressantes de ces dernières années, la tour Eiffel ou plutôt le soubassement de cette tour, la seule partie qui s'accorde avec le sentiment de Part.
Assurément, les pylônes inclinés portant la première plateforme fournissent une solution intéressante du problème d'équilibre, et cette plate-forme constituant un chaînage continu, complété par l'entretoisement des arcs, forme avec les pylônes une ossature assez résistante pour qu'il ait été vraiment bien inutile d'établir, après coup, des piédestaux factices qui, manifestement, s'écraseraient sous la charge s'ils étaient vraiment des supports.
Si l'on songe à la perfection de l'outillage moderne, permettant la réalisation d'œuvres gigantesques, telles que le pont du Forth, on ne comprend pas que l'art n'ait pas, depuis longtemps, cherché à tirer parti d'aussi merveilleuses ressources, alors que des occasions nombreuses s'offraient à l'artiste d'en faire l'application à des programmes modernes très étendus tels que ceux des palais d'Exposition, des gares, des galeries et cours couvertes pour le public, etc.
Un essai très modeste de décoration du fer par le fer avait
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été fait à l'Kxposilion de 1900, au pavillon de la (îrèce (fig. 36). Dans ce pavillon , c'est par ajourage des tôles de ren)j)Iissage qu'est constitué le décor des piles en forme de croix, soutenant des arcs de même composition, sur lesquels s'appuient, par l'inter-
médiaire d'une ceinture en fer, des Irompes métalliques : elles portent quatre des pans du tambour octogonal sur lesquels repose la coupole centrale.
Le décor des trompes est formé par découpage el reperçage des panneaii.v de lôle dont les ajours dessinent des brandies el
des fleurs de soleil. Une variété d'effet est obtenue dans les piles et les arcs, par le travail au repoussé des branches de laurier qui ornent rintrados des arcs et par Tajourage simple des ornements des faces latérales. Ce palais, qui était démontable, a été transporté en Grèce après l'Exposition et réédifié entre Athènes et Phalères.
Un autre essai de décoration du métal par le métal avait été fait, en 1900, au Grand Palais des Beaux-Arts, dont les fermes sont enrichies par découpage des tôles raidies par des cornières qui redessinent les formes (fîg. 37). C'est Textension d'un procédé déjà appliqué, en 1878, aux façades du marché de TAve Maria.
Dans le même palais, Tescalier monumental dû à Tarchitecte Louvet est un type remarquable de conslruction métallique (fig. 38). Le limon et les palières reposent sur des colonnes de porphyre, par l'intermédiaire de fûts métalliques, d'où partent, comme autant de brindilles nerveuses, des ornements en cornières cintrées, embrassant dans leurs griffes le chapiteau et le fût de la colonne, et s'amortissant sur les tôles du limon. On peut regretter qu'un ouvrage aussi étudié ne soit pas surmonté d'une rampe en fer. La fonte employée n'a pas la souplesse nécessaire pour s'harmoniser avec le décor de cornières cintrées dessinant des branches et s'agrafant sur le limon.
Dans les constructions aussi colossales que le hall du Grand Palais, il est indispensable de trouver des ornements à l'échelle humaine qui puissent servir, en quelque sorte, de repères et, à cet égard, le principe de l'ajourage des tôles redessiné par les cornières est excellent ; mais pour des vitrages d'aussi grande surface, le tracé continu donne un effet de lourdeur qu'on pourrait éviter en subdivisant la surface par des plans correspondant à la longueur de feuilles de verre et à l'écartement des pannes.
Si l'on réfléchit aux ressources de la construction métallique, on constate qu'elle peut fournir la solution de toute une série de problèmes actuels.