LE FEU DANS L ARCH1TE<:TLIIE MODERNE
Ce sonl d'abord les combles pour lesquels le fer a déllnilivement remplacé le bols, du moins dans l'établissement des fermes el des pannes. Pour des combles à grande porlée couvrant des serres (Muséum), des galeries de collection (Kcole des
Beaux-Arts), des halls d'établissements financier» (Crédit Lyonnais), des cours d'hôtels, des gares de chemin de fer (gare de Cologne), les éléments sont les mêmes que ceux eu usage dans la grande construction métallique : ce sont des poutres formées de tôles et cornières rivées, et, s'il est possible d'isoler des murs et planchers les supports de ces grandes toi-
lures on peut y appliquer le système d'articulation aussi utile pour la détermination des efforts que pour les mouvements à prévoir par suite des changements de température.
Après les combles, une des applications principales du fer est celle des planchers. Pour de grandes portées, les planchers en fer admettent les divisions de poutres, poutrelles et solives qui créent, dans la longueur d'une salle, de mur à mur ou de pile à pile, des supports auxiliaires donnant appui à des pièces secondaires en vue de l'utilisation la meilleure et la plus économique de la matière. (]'est un problème analogue à cehii des combles dont les fermes maîtresses sont assimilables aux poutres principales, les pannes aux poutres secondaires et les solives aux chevrons.
Depuis les progrès de l'affinage, l'acier doux, plus résistant que le fer, l'a remplacé presque partout. En raison de la largeur réduite des ailes des solives, le plancher en fer se prête à rétablissement d'un dallage en verre coulé facilitant l'éclairage des sous-sols. Ce système de plancher ajouré a été très usité, soil en France, soit en Allemagne, pour les gares à deux étages ou pour les salles de dépôt des grands établissements de crédit '^Société Française de Reports et Dépôts) (fig. 39). Les supports, dans ce cas, sont souvent composés de fers spéciaux, de tôles ou de cornières dont les saillies peuvent se réduire en montant avec les charges (Hall projeté pour la gare d'Orléans).
Les solives s'assemblent sur les poutres à l'aide de boulons traversant la solive avec les deux branches des équerres rivées sur la poutre. Pour en faciliter la pose, on rive souvent sur la poutre une cornière continue sur laquelle reposent les solives.
Le fer est aussi employé mantenant pour les escaliers, dont les limons en tôle sont raidis par des cornières soutenant des marches et contre-marches en tôle apparente ou simplement des semelles de marbre ou de bois.
Une autre application du fer est son emploi pour les poi-
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trails soutenant tout un mur de façade, entre piles espacées, afin de faciliter la grande ouverlure de boutiques et de ne pas gêner l'étalage des marchandises. Suivant l'épaisseur et la chaîne des murs, on a employé ou des poutres composées à large chapeau, ou des poutres tubulaires.
Dans la construction des combles mélalllques. le fer a fourni encore les caissons des chéneaux qu'il est nécessaire de rendre étanches par un garnissage en plomb à ressaut. On a parfois utilisé les colonnes creuses formant support pour l'écoulement des eaux pluviales ; ce parait être une pratique à abandonner à cause des risques que peut faire courir l'oxydation de la fonte à l'intérieur d'une colonne après un grand nombre d'années. '
On a construit aussi en
,(.,,, FiK- ae. — Granit escalier du hall vitré. A
pans de ter des taçadeS l'E\ position de ISOO. (Kiurc de larchilccle
dont la disposition ne
diffère pas sensiblement de celle des façades en pans de bois. Le seul inconvénient du fer est sa grande dilatation qui, dans un incendie, peut tendre à renverser brusquement les murs. Lors de l'incendie de l'Opéra-Gomique, toutes les parties métalliques ont été disloquées dans un délai extrêmement court, et les seules paities qui aient résilié au feu éLaienl les planchers en bois houi'dés du grand foyer.
En général, cet inconvénient n'est pas à craindre pour les grandes constructions métalliques qui, vu l'emploi très limité des matériaux combustibles, sont peu exposées au feu.
On voit que le fer peut fournir la solution d'un grand nombre de problèmes modernes. Dans la plupart des cas, cette solution est-elle compatible avec le sentiment artistique? Cela n'est pas douteux.
Prenant exemple d'une poutre droite uniformément chargée, j'ai expliqué que l'accumulation, au milieu de la pièce des plaques rapportées sur les ailes, pouvait donner satisfaction à la stabilité réelle sans satisfaire au sentiment de l'art, et je constatais en même temps que si la variation des efforts est rendue sensible dans la longueur de la pièce par un accroissement progressif de hauteur, la résistance devient apparente et que la forme artistique s'en déduit.
C'est d'ailleurs ce qu'on peut constater pour la pierre. Qu'il s'agisse du profil d'échiné du chapiteau du Parthénon ou d'un linteau d'une porte dont la hauteur augmente depuis la portée jusqu'au milieu du linteau, comme cela a lieu aux portes des églises de Notre-Dame-du-Port, à Clermont, ou de Conques, dans l'Aveyron, la solution artistique s'accorde toujours avec la solution scientifique.
Mais pour la réaliser, il ne faut pas, comme on est porté à le faire, distinguer dans une œuvre, deux parties, l'une de construction, l'autre de décoration et croire qu'on peut charger un ingénieur, étranger à l'art, de construire une ossature résistante, puis un architecte de décorer cette ossature à l'aide d'ornements rapportés.
La division, dans la conception et dans l'expression, est incompatible avec la création artistique, et l'ignorance générale peut seule expliquer une erreur qui n'a jamais été commise antérieurement.
N'est-il pas évident, surtout s'il s'agit de construction métal-