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LE CUIVHK ET LE BRONZE EN ÔHIINT

Il semble (jue loiis les procédés de décoration du cuivre aieul élé mis en œuvre par Tauleur du célèbre ciboire limousin, Alpais (Musée du Louvre). Le style du ciboire ifig. oi lui assigne comme date la lin du xu" ou le commencemenl du XIII'" siècle. Sur la cuve et le couvercle, les têtes seules sont en repoussé, les draperies, les ailes des anges sont gravées et les fonds remplis d'émail. A la jonction des cadres rectilignes qui divisent les panneaux ornés sont des pieires fines serties dans

Kig. iO. — CollVet du xiv- siècle décoré d'cciissons de France et tl'Anglett Émaux cliamplevé? ;Musée du Louvre).

des chatons. Le pied, en forme de coupe renversée est en deux épaisseurs, de telle sorte qu'il a été possible d'ajourer et de modeler la feuille extérieure en lui donnant comme fond la feuille intérieure. Le même procédé de décor est appliqué au sommet du couvercle. Ce ciboire est certainement Tune des pièces qui rend le mieux compte des différences qui existaient du xii*^ ou xn'" siècle entre les méthodes de décoration du cuivre en Orient et en Occident.

Une application intéressante du bronze au Moyen Age est celle qui a été faite aux cloches des églises. Les fondeurs ont à se préoccuper, aussi bien dans le choix des alliages que dans la dimension des cloches, des accords harmoniques à établir entre

LE CUIVHK ET LE lîHONZE

plusieurs cloches et de la qualité du son propre à chacune d'elles. Il semble qu'aujourd'hui encore la solution de ces questions délicates soit subordonnée à des formules empiriques. La cloche amincie sur le bord inférieur s'épaissit à l'endroit

jt). — Colïrets de cuivre éinaillé, de titnail liiiKui^i Surfaces décorées déiiiaux cliani|)levrs (Musée de CUiny .

OÙ frappe le battant ; à partir du bourrelet, son épaisseur est à peu près constante jusqu'au couronnement en calotte ou >. cerveau », qui porte à Tiidérieur l'anneau de suspension du battant en fer forgé et que surmontent les anses en forme de crt)ix qui servent à suspendre la cloche au " mouton ». Pour éviter de modifier le son, les ornements des cloches sont peu saillants. (]e

LE CUIVRE ET LE BRONZE EN ORIENT

gonl généralement des inscriptions qui semblent avoir été faites à la cire sur le modèle avant le moulage et qui mentionnent Tannée de la fonte, le nom des donateurs, du fondeur et aussi le nom de la cloche.

\'iollet-le-Duc cite, comme l'une des plus anciennes, une

Fig. 51. — Ciboire limousin en cuivre doré. Œuvre de rortevrc Al pais (Musée du Louvre .

cloche qui exista jusqu'en 1845 dans le beffroi de l'église abbatiale de Moissac. Elle datait de 1273 et avait 1 m. 46 de diamètre. Avant le xiii'^ siècle, si l'on en juge par les dimensions des ouvertures circulaires ménagées dans la voûte des clochers, les cloches devaient être de petite dimension. Des cloches du xiv*^ siècle existent encore dans la tour dite du Oros Horloge, à Rouen. Dès le xv'^ siècle, on donnait aux cloches des

LE CLIVHE ET LE BRONZE

calhédrales de^^ dimensions considérables. L'ancien bourdon de Notre-Dame, fondu en 1400, jDesail, dit-on, 15,000 livres. La cloche de ilonen, donnée par le cardinal d'Amboise en loOl, en pesait 36.364. Un des plus anciens bourdons conservés était celui de la cathédrale de lieims. fondu en ITwO. el qui pcsail 23.1100 livres.

Deux sounctU's de broii/.c

cle Collection P. (îiinii

\'iollct-le-Duc cite d'autres cloches intéressantes des xv'" et xvi*' siècles, conservées dans les cathédrales d'Amiens, de Beauvais. de Sens, de Chartres, dans les beffrois de A'alenciennes. de Béthune, de Gompiègne, etc.

A partir du xvf siècle, on décorait les cloches de fleurs de lys, d'armoiries, de petits bas-reliefs, représentant le plus souvent la Crucifixion. Les inscriptions semblent, à partir du \\' siècle, avoir été faites en caractères de plomb ou de ])ois servant à ()])teiiir en cire une em])reinte sons forme de plaquette qu'on appli- (piail sur le modèle. Les lettres sont inscrites en effet dans une j)ht(juelfe venue de fonle.

LE CUIVRE ET LE BRONZE EN ORIENT

Si les cloches sont géiiéralemenl sobres d'ornements en relief, il n'en est pas de même pour les clochettes (fitj^. 52 j dont le décor est d'une grande fantaisie (clochettes du xvi^ siècle, collection P. Garnier). De nos jours, l'emploi des cloches et clochettes en général, dans les édifices religieux, dans les monuments civils et même sur les navires où la cloche sert d'avertisseur,

Fig-. 53. — M.orlici- ilo Imoiizc du xv siècle (Collée

étant fixée sur le pont à l'avant du navire, se prête encore, pour les attaches et les supports, à la décoration du métal.

Aux époques anciennes, où rien n'était négligé, on traitait en ouvrages artistiques les mortiers de bronze servant au broyage de certains aliments ou de remèdes : ces mortiers étaient décorés extérieurement darcatures, d'emblèmes, d'inscriptions i mortier de 1160 (fio-. 53), de la collection P. (iarnien : l'alliage est généralement dur et comparal)le à celui du métal des cloches.

Ainsi l'art s'appliquait jadis à toutes choses : il dépend de nous qu'il en soit de même aujourd'hui.

APPLICATIONS DU CUIVRE ET DU BRONZE A LA STATUAIRE EN ITALIE DU XV AU XVI SIECLE

La fonte à cire perdue.

Pendanl la période du Moyen Age, le cuivre avait été employé de préférence au bronze, et les applications du métal, soit à Torfèvrerie religieuse, soit au revêtement des portes, soit au décor des tombes, avaient développé merveilleusement les procédés de travail.

C'est surtout dans Tari français que les œuvres du Moyen Age se distinguent à la fois par la logique de la composition, par l'appropriation des formes à la destination et par la perfection du métier. La nature bien observée est d'ailleurs l'inspiratrice des formes.

Ces qualités de bon sens et de goût se retrouvent de siècle en siècle dans les œuvres françaises ; mais elles sont moins apparentes aux époques où notre art subit l'influence des arts étrangers. C'est ce qui advint à la fin du xv" siècle, lorsque le retour aux formes antiques détermina en Italie une évolution dont lart français reçut le contre-coup.

Les applications du cuivre et du bronze se modifièrent alors: on délaissa un peu le travail au repoussé du métal pour lui préférer la fonte de ses alliages, et on abandonna en même temps les procédés d'émaillage qui s'accordaient avec le décor par gra-

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