LE CUIVRE ET LE HRONZE EN ITALIE
viire du cuivre eL avec la conservation des champs cloisonnant les émaux. Sans doute l'émaillage sur cuivre fui encore pratiqué, mais en peignant sur le métal, à Taide de couleurs vitrifiables, des sujets analogues à ceux qui entraient dans la composition d'un tableau. C'était la conséquence de la subordination momentanée de Fart français à Tart italien dans lequel la construction n'a qu'un rôle secondaire, où le décor est un placage destiné à charmer les yeux et ayant pour principal moyen d'expression la peinture.
La fonte et la ciselure du bronze se prêtaient parfaitement à cette orientation du goût vers une décoration de revêtement. Les bas-reliefs italiens étaient au xv*" siècle composés comme des tableaux, mais les (cuvres de la statuaire italienne sont si remarquables durant cette période qu'il est aisé d'expliquer la faveur dont elles jouirent en France dès le début de la l\enaissance.
Le procédé d'exécution est celui dit à cire perdue, qui semble avoir été connu dès l'antiquité et qui permettait au sculpteur d'obtenir toutes les délicatesses de forme et de modelé données à son modèle en évitant les retouches. Si l'on songe aux ouvrages considérables fondus à cire perdue, par exemple aux statues équestres de Gattamelata par Donatello, ou de CoUeoiii par Verocchio. on peut croire que le procédé n'avait cessé d être pratiqué, dans l'empire grec comme en Italie, pendant tout le Moyen Age. De nos jours encore, la fonte à cire perdue est d'un usage constant dans l'art italien : les procédés, qui sont peut-être ceux qu'on employait au xv*^ siècle, diffèrent sensiblement de ceux usités en France.
La fonte à cire perdue ifig. 54 i comporte des opérations multiples. Lorsque le sculpteur livre au fondeur son modèle achevé, moulé en plâtre, celui-ci établit directement sur le modèle un moule en plâtre dit à <( bon creux », dont les pièces multiples doivent toutes pouvoir se démonter et se remonter, c'est-à-dire
i\ LE CLIVRE ET LE BKONZE
èlre de « dépouille », A cet etîet, le fondeiir prépare dabord une portée en plâtre sur laquelle il appuie le modèle préalablement savonné, et il établit autour du modèle une première « tournée » de pièces en gàchani le plâtre et en le taillant en épaisseur de telle sorte que toutes les pièces puissent sortir les unes après les autres, certaines parties ne pouvant sortir qu'en (( contre-dépouille ». Lorsqu'on a couvert ainsi par plusieurs « lournées » de pièces le modèle, ces pièces ayant été ajustées
Fig. 51. — lype d'une fonte à cire perdue Musée di Conservatoire des Arts et Métiers .
el repérées, le moule est retourné pour taire la contre-partie, et l'assemblage des deux parties est étudié de telle sorte qu'on puisse introduire le noyau dans le moule.
Des (( fausses pièces », ou « clefs », servent à garnir les évidements nécessaires pour la dépouille de quelques pièces qui sortiraient trop difficilement. Le moule à bon creux terminé, on le démonte pièce â pièce pour sortir le modèle en plâtre, et on établit alors le « noyau ». C'est une épreuve faite en sable (sable de Fontenay-aux-Roses qu'on emploie partout) et qui est consolidée â l'aide d'armatures de métal. Le moule étant ouvert en deux parties, ou commence par garnir eu sable les fonds, c'est-à-dire les parois du moule, et on place les principales traverses de fer ou de cuivre qu'on lie ensemble. On