‹ Décor du métalChapitre 27 sur 61 · LE CUIVRK ET LE BRONZE EN ITALIE · texte numérisé non relu

LE CUIVRK ET LE BRONZE EN ITALIE

décoraiil les lombes, les châsses ou les couverlures d'évangéliaires.

Laigle de sainl Jean n'est pas moins leinarquable pour le caractère du dessin que le bœuf de saint Luc, le lion de sainl Marc ou Fange de saint Matthieu.

Fif;-. (ii. — Le Colleoni à \'cnise par Veruccliio.

L'artiste, vivant au milieu des oeuvres de la statuaire grecque ou romaine, s'en inspirait lorsqu'il composait pour une fonte à cire perdue une élégante figure, telle que son David (Musée national de Florence).

Son œuvre capitale, le (jattamelata de Padoue, fait assez connaître les ressources de la fonte à cire perdue (fig. 63 1. Gattamelata (Érasme de Xarni i avait commandé, de 1438 à 1441. les armées de Venise. La statue a été érigée par Donatello en 1443.

C'est vraiment une admirable époque que celle qui réunissait

LE CUIVRE ET LE BRONZE

en Italie des maîtres tels que Ghiberti, Donatello et ^ eiocchio. Sansovino, l'auteur de la porte de la sacristie de Saint-Marc, à ^'enise, appartient à la génération suivante. Cette porte, exécutée en l.'iol), semble trop directement inspirée de la seconde

Fiiï. 05. — Les reines du lonibeaii de Maxi

porte du Baptistère pour la distribution des niches dans le cadre et des bustes saillants.

A Venise, Toeuvre capitale exécutée en bronze est la statue équestre de Bartolomeo CoUeoni, par ^'erocchio. B. Colleoni, général de la Bépublique, était mort en 1475. La statue aurait été fondue en 1495 i tiu'. (Vii. Le condottiere est au sommet

LE CUIVRE ET LE BRONZE EN ITALIE

<riin haut piédestal, sur une petite place, en avant de léglise San-Giovanni e Paolo. La statue, qui est la meilleure partie du groupe, et le cheval auraient été coulés isolément. On attribue la foule du bronze à Leopardo. l'auteur du piédestal. A une t^^poque où le sentiment artistique était très développé, on comprenait la nécessité de donner comme support au cheval un |)ié-

Fin.

Porte en bronze de la Luirnetta

■deslal élancé, saccordant avec la forme du groupe équestre et iélevant assez haut pour en développer la silhouette.

C'est aussi à Leopardo qu'on attribue les piédestaux de bronze exécutés en 1505 et qui portaient les étendards des royaumes de Chypre, de Candie et de Morée ; la forme est celle d'une colonne balustre caractérisant les premiers essais de renaissance de l'art antique dans le nord de l'Italie. Ainsi était •composé le beau candélabre de bronze attribué à Riccio et que conserve l'église Saint-Antoine, à Padoue.

Le travail du cuivre repoussé n'avait pas été abandonné dans l'Italie septentrionale pour l'orfèvrerie religieuse: mais le déve-

90 LE CUIVHi: KT LF. HHONZK

loppeinenl de la slaluaire avait contribué à de tels progrès de la fonte à cire perdue que, même pour des ouvrages de décoration tlorale, le bronze fondu était préféré au cuivre martelé.

C est ainsi qu'à Florence, dans Tancienne sacristie, A eioccliio avait traité à l'antique le sarcopbage de bronze, couronné de cornes d'abondance et d'acanthes, où furent inhumés le père de Laurent le Magnifique, Pierre de Médicis, et son oncle Jean. Le tombeau de Maximilien, à Innsbriick. avec sa garde d'honneur des rois et reines, ancêtres de la maison d'Autriche, est un exemple caractéristique de l'emploi du bronze dans une composition très développée mais un peu décousue tig. ()0).

Les qualités de souplesse de Lart italien se retrouvent dans la charmante grille du xviii' siècle qui, sur la l^iazzetta de Venise^ forme la clôture de la logoetta de Sansovino tiu'. (iOi.

Lu résumé le travail de la fonte du bronze eut son apogée au XV'' siècle en Italie, comme le travail du cuivre martelé avait eu sa plus belle période en France au xni' siècle. Les deux procédés ont été poussés dans les deux pavs à la perfection. Lorsqu'à la fin du xvi'^ siècle l'art français suit pour un temps la tradition italienne, ce sont les procédés de la fonte qui sont préférés en France, comme ils l'avaient été en Italie un siècle plus tôt.

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