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APPLICATIONS DU CL IVRE MARTELÉ A LA STATUAIRE

repoussé, c'est la souplesse du modelé. On peut s'en assurer sur une pièce remarquable que possède le musée Sainl-Jean d'Angers, un busle de femme du xiv'' siècle (fig. 81) provenant évidemment dune statue tombale. On peut encore admirer la maîlrise de la construction d'une figure sur le buste reliquaire de Saiiit-Ferréol.

Un autre reliquaire, celui du voile de sainte Aldegonde.

Fig-. 80. — Tombe en cuivre repoussé d'un évéque. dans le chœur de la cathédrale de Bur^os (Espagne .

n'est pas moins remarquable pour la composition que pour Texécution des deux anges qui forment les supports. Il y a dans la facture des draperies comme dans celle des figures quel<jue chose de vivant provenant de l'émotion que l'artiste a ressentie et qu'il a communiquée à son œuvre.

Lorsqu'au xvr siècle l'art français subit l'influence de l'art italien, les statuaires préférèrent la fonte du bronze au martelage du cuivre, plus brutal peut-être, mais plus ferme, plus imprévu et plus vivant.

L'Art itppliqué aux Métiers. — Y. S

LE CUIVRi: ET LE BRONZE

A Versailles, pour réaliser dans un temps très court un ensemble décoratif d'une extraordinaire ampleur, on fondait tout en cuivre ou en plomb, statues, bassins, lampadaires, iippliques, serrures, etc.

Cependant la tecbnique du martelage était jalousement conservée par nos artistes, ainsi qu'en témoigne l'admirable lutrin

exécuté par Leclère. Parisien, en 1783 (fig. 82), dans le chœur de l'église d'Evron (Mayenne). Pour le caractère décoratif, pour l'interprétation de la nature, c'est une œuvre comparable aux plus l)elles a'uvres italiennes, et, pour la maîtrise de la ciselure au repoussé, elle suit les meilleures traditions de l'orfèvrerie du Moyen Age.

Ainsi se maintenaient à la lin du wuf siècle les (pudités de composition et d'exécution qui font défaut aux ouvrages similaires du siècle suivant dont il subsistera bien peu de chose. N'est-ce pas la condamnalion d'un enseignement artistique abstrait, qui n'a su faire ni au goût résultant d'une culture générale, ni aux connaissances techniques la part indispensable ?

C'est de nos jours que le travail de martelage a été repris pour la statuaire. Pour les figures ou ornements en ronde bosse de grande dimension, le cuivre est recoquillé sur un modèle en fonte donnant la première forme, modèle coulé sur le modèle

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Fijj;-. 81. — Buste de lemine en cuivre repoussé, provenant dune statue tombale Musée Saint-.Tean d'Anf;ers .

APPLICATIONS DU CUIVRE MARTELIi A LA STATUAIRE

en plâtre du sculpleur. Le reirait de cette fonte donne plus que l'épaisseur de la feuille de métal et en battant le cuivre sur la fonte on retrouve la dimension du modèle primitif, grâce au jeu

Lutrin en cuivre repoussé. CEuvre de l'orfèvre parisien Leclère 1783) Eglise d'Evron Mayenne.

nécessaire qui subsiste entre les deux métaux. Comme dans les ouvrages en plomb repoussé, il faut soutenir le cuivre par une armature intérieure en fer.

Les outils servant au planage sont des maillets, des battes ou battoirs. Quand la forme est approchée, les outils de bois

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