À EN
Ce fragment d'inscription métrique est tracé sur une tuile épaisse de
D'UN CIMETIÈRE MÉROVINGIEN. 8h
0®, 19 de hauteur sur 0m, 45 de large. Elle n'offre pas de re bords, et paraît avoir été disposée dans la fabrique même pour recevoir une inscription. On remarque au sommet du côté gauche une entaille régulière qui devait se répéter de l’autre côté, Indépendamment des deux morceaux qui manquent à droite et par en bas, la surface de cette tuile est fortement corrodée en quelques endroits ; c’est pourquoi l'on a peine à distinguer la fin des lignes 3-6. Dans le premier moment, j'ai hésité sur le imot qui termine la troisième ligne ; mais, après un examen répété, j'y distingue suffisamment les lettres vicv. L’r qui termine la quatrième ligne est certain ; mais Ja lettre qui précède est très-douteuse, et peut être tout aussi bien un 4 qu'un 1. On reconnait, à la cinquième ligne, les linéaments du mot Liant, bien qu’en cet endroit la surface de la tuile soit très-détériorée.
L'inscription se composait d’au moins quatre vers hexamètres et ne parait pas en avoir compté davantage. Les vers sont donnés en deux lignes chacun et coupés à la césure, à l'exception du troisième. C’était probablement une épitaphe écrite, indépendamment du titulus, en l'honneur d’un saint personnage qui avait vécu auprès du |
Japtistère de Gisacus. Comme, de ce
s solitaires, le seul que nous connaissions est saint Suron, nous supposons, uniquement pour rendre la resti: tution plus facile, que la pièce avait été composée pour rappeler la mémoire de ce personnage. Voici cette restitution qui semble certaine pour le premier vers, et perd de sa probabilité à mesure que l'on
avance :
BIC VBI TAVR[INVS] VIRGARVM VE[RBERE CAES VS] EST GISACI ViGV[S] CAMPOS QV[a] R[IVVS OBERRAT] HIC VBI LICINI [SGEÏLERATA [EFFERBVIT 1RA] [MVIRERE [PERFVNOTVS SACRO SvRO AETHERA LIQVIT|
c'est-à-dire : « En ce lieu où TFaurinus a été frappé de verges, est » le bourg de Gisacus, à l'endroit où un ruisseau serpente dans les champs ; ici même où éclata la coupable cofère de Licinius, Suron, » après avoir rempli le’ ministère sacré, termina ses jours. » Il faut remarquer que l'aspect des lieux est parfaitement d'accord avec la restitution dont les restes de l’inscription m'ont fourni les éléments. La source qui prend naissance sous la chapelle de Saint-Eloi, produit un ruisseau très-pur qui arrose le côté de la vallée, fort large. en cet endroit, où s'élevait le baptistère de saint Taurin. Le bourg de Gisacus était situé'vers l'est sur l’autre rive de la Risle. Dans une île de
cette rivière on a trouvé, il y a quelques années, des débris considérables d'habitations romaines. — Les deux premières syllabes du nom de Licimius étaient brèves, comme le prouve ce vers d’Horace (Carm. 11, 10).
Rectius vives, Licini, neque alium..…….
et l’auteur de notre inscription en a fait deux longues; (ce serait un trochée, dans le cas où il aurait écrit rienu). Mais cette faute n'a rien d’extraordinaire pour l’époque à laquelle appartient notre monument.
RE > Hauteur, 0m,12. — Largeur, 0®,12.
(C'Evy eipñv[n] Edruyto]. £'utychiæ (repose) en paix. »
C’est ici le fac simile de l'épitaphe que nous croyons pouvoir attribuer à la mère de saint Taurin. Il n'y mangne que deux lettres à l'extrémité de chaque ligne. L'absence de V'H, qui terminait la première, prouve que la seconde devait finir par un A. On ne peut donc hésiter à rejeter l'opinion de ceux qui verraient dans le second mot l’impératif sûruyet, sois heureux. Je n'ai pas besoin de faire remarquer le double sotacisme du premier mot (iotvn au lieu de sioñvn). Les incorrections de ce genre n'étonneraient pas dans une inscription de la Grèce, tracée à la fin du mme siècle; à plus forte raison, doit-on les trouver naturelles sur un monument exécuté vers la même époque dans le fond de la Gaule. — Je fais remarquer, une fois pour toutes, que nos inscriptions sur tuiles étant la plupart écrites dans une direction horizontale à partir du côté le plus épais, ont généralement souffert du côté le plus mince où elles n'étaient pas protégées
par le rebord, et que par conséquent c’est presque toujours la fin des lignes qui nous manque. Aussi la perte des désinences rend-elle
souvent les noms d’hommes difficiles à distinguer des noms de femmes.
AS
Hauteur, 0m,11. — Largeur, Om,22.
QSur|o], famu[lus] Deli]. Suron, serviteur de Dieu. »
C'est le fifulus présumé de saint Suron. (V. plus haut, pp. 18 et 32). H est tracé sur une tuile de pavement sans rebord. Le caractère en est beau et peut convenir à la fin du v° siècle. En toute hypothèse, saint
Suron n’a pas dû vivre à une époque éloignée de l'établissement des Francs dans la Gaule.
SYRVS à EXVICO Gite
AVLERc),