IX
Hauteur, 0m,22. — Largeur, 0,18.
Celte aulre tuile à rebords offrait l’épitaphe en latin et en franc salique d’un personnage appelé Sigefried. « Sigefridus in [pace], Sikofrid t...). On l’employa de nouveau, probablement au vu: siècle, en traçant par dessus, dans l’autre sens etau moyen des lettres beaucoup plus grandes, le nom de Festus. Cette circonstance suffirait pour déterminer l’âge de nos textes runiques, à défaut même de toute indication chronologique. J'ai signalé (fievue numismatique, 1853, p. 306)
VF latine du nom de Sigefridus comme propre au siècle de Clovis.
XIN PP 1 +:
C'est ici sans contredit la plus importante de nos inscriptions runiques : aussi l’ai-je reproduite de plus grande dimension que les autres. Elle est tracée sur une tuile à rebords dans le sens de la largeur. La surface de cette tuile était déjà inégale, quand on en a fait usage, et c’est ce qui fait l’incertitude de quelques caractères. L’s que je vois à la fin de la première ligne ne se trouve pas sur la copie de M. Le Blant. Ce paléographe exercé reconnaît clairement les deux points disjonctifs à la fin de la seconde ligne, tandis que, pour nous, il n’est pas impossible qu’une septième lettre telle qu’un ou ait figuré à cette place. Du reste, le monument est complet, et c’est le seul qui nous soit parvenu dans un aussi bel état de conservation. En voici la transcription en lettres latines.
Inkomr ; sn : Hakn]s ?| in : frid{ou?] konounk : Khloudoouik : konsoul :
Ce que j'ai proposé de traduire :
Ingomer, fils de Hagen, en paix
[étant] roi, Clovis
consul.
On remarque que, dans le nom d’/ngomer, comme dans celui de Hermann sur la pierre de la cuve baptismale et sur la tuile (n° VID), comme dans celui de Chrotechild (n° XIT), la voyelle e doit être suppléée par la prononciation : c’est ce qui m'avait porté à croire que le second mot de notre inscription (n° X), devait se lire sen. Mais l'observation que j'ai faite sur la suppression de l’e n’a certainement rien d’absolu, et si la forme sen est impossible, comme les germanistes sont disposés à le croire, je ne vois pas ce qui empêcherait d’admettre que d’autres voyelles ayent été supprimées dans l'écriture runique, Ce système graphique, dont je regarde l’origine comme phénicienne, semble avoir en partie retenu, de celui qui lui avait servi de type, l'usage de ne pas exprimer les voyelles; et cette habitude orientale doit avoir conservé un certain empire , quoique le génie des langues germaniques assigne aux voyelles, notamment aux voyelles fortes, une importance beaucoup plus grande qu’elles n'en possèdent, dans les idiomes sémitiques,
MS KV:
e cr eg es Y den versa D 4 — & Z
D no PA ENS < = > \ NS / œ.
Hauteur 0*,12.— Largeur, 0®,09.
Je joins à la précédente inscription ce fragment d'une autre tuile, à cause de la précieuse indication chronologique qu’il fournit. On y lit : . .. onounk Khil. . .», et c’est positivement le reste d’une date du règne de Childebert I*. Nous trouvons de même parmi nos in-
scriptions latines : Regnante Childeberto, regnante Chlotario. Voyez d'ailleurs ce que j'ai dit de ce fragment, ci-dessus, p. 18.
Hauteur 0m,24, — Largeur, Om,29.
Je termine le choix de nos textes runiques par l’épitaphe d'une femme qui portait le même nom que la sainte reine, épouse de Clovis I". On lit clairement sur la tuile dans le sens de la largeur : Æroutkhild : in : d... Grégoire de Tours écrit ce nom Chrotechildis. La formule #n pace, traduite exactement par in Fridou, sans l’article, dans l’épitaphe d'/ngomer (n° X), paraît ici accompagnée de l’article (en théotisque : tn thero fridou, dans la paix), ce qui est moins conforme au sens évangélique de l’expression. Jusqu'ici, dans les diverses écritures runiques, on n'avait rencontré qu'à la fin des mots le caractère nommé yr, et qui représente une flèche posée sur l'arc. Peutêtre l'emploi qu’on en trouve ici au commencement du nom de Chrotechild exprime-t-il une r grassayée, qui aura dégénéré facilement en /, ainsi que le prouve la forme encore assez ancienne CLo-
tildis.