‹ Découverte d'un cimetière mérovingien A la Chapelle-Saint ÉloiChapitre 22 sur 24 · US · texte numérisé non relu

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que ce fragment appartenait à l’une des colonnes du temple de Diane à Evreux. Lors de la transformation de ce temple en église, une main romaine, devenue chrétienne, grava sur cette colonne trois monagrammes de la sainte Vierge, en plaçant sous le premier la tête du démon, sous le second la main de Dieu, et sous le troisième probablement encore le démon, figuré par un serpent. Peu de temps après la mort de samt:Taurin, l’eglise qu’il avait consacrée fut détruite, avec le reste de la ville, par des pirates francs ou saxons: ses débris furent jetés dans les murailles de la ville lorsqu'on les rebâtit à la fin du me siècle , et c’est là qu'on a trouvé le fragment de colonne qui nous occupe.

Pour arriver à ce résultat, l’imagination de M. Lenormant fait subir aux faits les plus curieuses transformations. Ainsi, cette tête hébétée, munie de deux oreilles monumentales, et peu apte assurément à figurer l’ange déchu, est brisée à la hauteur de la bouche ; elle est de plus tellèment chauve, qu’on n’y aperçoit pas la trace du plus petit Chéveu. Néanmoins, M. Lénormant lui voit de la barbe, avec des chévèux horripilés, et la rapproche ainsi de l’Ethiopien de la légende prolixam barbam habens. Les monogrammes sont réproduits tres-inexactement , comme le lecteur peut en juger en comparant le dessin de M. Lenormant à celui que nous publions; la main qui se montre si clairement dans le dessin du savant académicien n’est pas visible sûr loriginal. Enfin, ce fragment de colonne n’a pas été trouvé à Evreux, dans la maison de M. Delhomme et sur l’alignement des anciens murs de cette ville, comme

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