‹ Découverte de l'Albert N'YanzaChapitre 13 sur 73 · Per calâtes, Cuv. et Valenc. (—M · texte numérisé non relu

Per calâtes, Cuv. et Valenc. (—M

34 L'ALBERT N'YANZA.

Blanc. Mon nègre RicharBy que j'avais nommé caporal, sera bientôt dégradé ; la boisson Ta abruti. Pendant son séjour à Khartoum il était ivre tous les jours, et maintenant qu'il n'a plus rien à boire, il est plongé dans une profonde mélancolie. Assis sur le bagage comme un corbeau malade, il pince de la guitare et fume du matin au soir, à moins qu'il ne soit endormi, — occupation qui lui prend la moitié de son teiùps. 11 soupire après les pots de merissa (bière) d'Egypte. Cet homme est un exemple du succès de Tœuvre des missions. Il fut élevé, dès sa jeunesse, à la mission autrichienne et donne une excellente idée des résultats ordinaires de ces entreprises charitables. Il m'a dit, il y a quelques jours, qu'il n'était plus chrétien.

Il y a ici deux variétés de convolvulus; j'ai remarqué aussi une espèce de gourde qui, lorsqu'elle est sèche et dépouillée de son écorce, oflre une sorte d'épongé végétale ^formée d'un tissu compacte de fibres très-fines, disposées en réseau ^ La graine est au centre de ces fibres. )jes rives sont toutes jaunes de fleurs de l'ambatch et d'un autre arbre qui ressemble au faux ébénier. Mes hommes sont tout à fait éj)uisés. Je leur sers une mesure de grog.

8 janvier. — La Disgracieuse n'est pas encore en vue. Nous passons la nuit à l'attendre. Elle parait à 8 heures du matin. Le lieis et plusieurs hommes de l'équipage reçoivent le fouet pour leur indolence. Les trois navires doublent un angle aigu formé par la rivière, et le vent étant favorable, nous sommes bientdt sous voile. Depuis le Bahr-el-Gazal jusqu'ici, ce qu'on peut nommer le lit du flenve ne dépasse 'pas cent vingt verges de largeur. Le courant est d'un mille et trois quarts par heure, et il entraîne avec lui une grande quantité de végétation flottante, (^omme il règne un fort courant tant au-dessus qu'au-dessous de la jonction du Uahr-el-Gazal, tandis que le lac au point de jonction est une eau stagnante, mes conjectures me semblent bien fondées : pendant cette saison , il n'arrive pas d'eau du l]ahr-el-Gazal au Nil, et le lac et les marais si vastes de ce district sont autant le résultat des eaux du Nil Blanc qui s'écoulent dans un bassin déprimé, que du Bahr-el-Gazal, dont les eaux sont absorbées par d'immenses marais.

Page 1