Cucumis Colocynthit. (—M
Hier nous avons jeté Taocre en un lieu sec couvert de mimosas à écorce rouge ; le sol est très-plat, et près du bord la ri\ière I>aigne les racines des arbres , car dans cette saison les eaux sont fort élevées, sans inondation pourtant. Il n*y avait pas de marque d'eau sur la tige des arbres; je suis donc presque certain que pendant la saison pluvieuse l'élévation du niveau est trèspeu de chose, puisque Teau s'étend sur une très-grande surface ; la rivière n'ayant pas de bords proprement dits. Le pays entier n'est qu'un immense marais au milieu duquel coule un fleuve.
Il y a un au, j'étais sur le Settite qui» à cette époque, est pres- {u'à sec, ainsi quel'Atbara et le Nil Bleu. Au contraire, le Nil Blanc et le Sobat, quoique n'ayant pas atteint leur plus grand degré d'élévation, sont cependant pleins jusqu'aux bords, tandis que les rivières d'Abyssiuie commencent à s'assécher; ce qui prouve que le Nil Blanc et le Sobat ont leur origine bien loin dans le sud, au sein de montagnes sujettes à des pluies périodiques comprenant une plus grande partie de l'année que la saison pluvieuse dans TAbyssinie et dans le pays des Gallas.
On ne peut s'étonner que les anciens aient abandonné l'exploration du Nil, au point même où commencent les sinuosités sans nombre du fleuve et les marécages ; la rivière ressemble ' ici à un écheveau de fil embrouillé. Sa direction est Sud 20* Ouest Le vent violent du nord qui nous a amenés de Khartoum, est devenu depuis longtemps un simple souffle. A cette latitude 11 n'arrive jamais régulièrement du nord. Il commence entre huit et neuf heures du matin, et tom be vers le coucher du soleil; de la sorte, le voyage à travers ces marais aflreux et ces sinuosités interminables est singulièrement ennuyeux et triste. Ce soir nous remarquons un grand nombre d'hippopotames qui saluent les bateaux d'un ronflement prolongé dont le bruit ébranle la petite escadre.
9 janvier. — Deux naturels occupés à la pèche s'enfuient à l'approche de nos bateaux, laissant leur canot derrière eux. Mes hommes voulaient se l'approprier, ce que naturellement je ne puis permettre. Ce canot est tout simplement un palmier creusé. Il s'y trouvait un harpon à crochet, très-bien travaillé. Depuis le Bahr-el-Gazal, les deux bords de la rivière appartiennent à la tribu des Nouers. Direction Sud-est, vent très-léger, s'muosités perpétuelles et halage continu. Environ une. demi-