PRÉFACE
qu'imparfaitement connues. Je mettrai à la disposition de Tethnologue Texpérience que j'ai péniblement acquise, et il en sera éclairé ou troublé. Pendant tout ce voyage dans l'Afrique centrale, le géologue se trouvera au milieu des roches de l'époque primitive. En parcourant les hauts fourrés d'herbes et de lianes, Tamateur de zoologie rencontrera des échantillons qu'il est souvent difficile de se procurer. Je le renvoie, ainsi que le chasseur, au récit prochain démon voyage aux cours d'eau abyssins, tributaires du Nil; là aussi nous aurons à décrire bien des choses intéressantes. Quant au philanthrope, qu'ai-je à lui promettre afin de ledéttrminer à m'accompagner? Je lui montrerai le sauvage tel qu'il est, tel que je l'ai vu, tel que je l'ai apprécié, en toute impartialité. Je peindrai aussi, avec ses véritables jcouleurs, la traite des nègres, — celte abomination qui a été la lèpre de l'Afrique. Non-seulement les philanthropes, mais tous les êtres policés se réuniront, je l'espère, afin d'effacer une tache aussi scandaleuse, et d'ouvrir ainsi la voie jusqu'à présent fermée à la civilisation et aux travaux des colonies chrétiennes. Au missionnaire, — à cet exilé volontaire qui travaille trop souvent à défricher un champ stérile, je répéterai le conseil d'attendre. Pour lui, point d'espérance de succès jusqu'à rentière abolition de la traite.
Le voyage est long, le pays sauvage. Il n'y a aucune vieille légende qui puisse charmer le présent par le souvenir du passé. Brutal, dur et sans pitié, l'homme n'y a pas même cette foi en un Dieu, cet instinct sacré que la nature semble nous avoir enraciné dans le cœur. — Tel est le désert, perdu au milieu de l'Afrique centrale, où se trouvent les sources du Nil.