BaUarica pavoina. (—M
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sauvages, que les plumes d'oiseaux sont spécialement destinées à embellir la tête de l'homme.
11 est heureux que la nature ait abondamment pourvu le Latouka de gibier, car il est impossible [de s'y procurer d'autre nourriture. Non-seulement les canards et les oies étaient pour moi ce que furent les cailles pour les Israélites dans le désert, mais ces oiseaux me servirent à faire aux naturels des cadeaux qui les assuraient de nos bonnes intentions à leur égard.
Les Latoukas étaient, sans aucun doute, mieux disposés que les autres tribus par où j'avais passé; toutefois, ils n'étaient pas irréprochables, tant s'en faut. Ils ne croyaient jamais à la sincérité de ma bienveillance, mais ils attribuaient celle-ci à de la faiblesse. Une fois, un des chefs nommé Adda, vint me prier d'aller avec lui attaquer un village pour se procurer des molotes (houes de fer): « Venez avec moi, dit-il; amenez vos hommes et vos fusils; nous attaquerons un village près d'ici, et nous prendrons leurs molotes et leurs bestiaux. Vous garderez les bestiaux ; moi, je garderai les molotes. » Je lui demandai si ce village était un pays ennemi. « Oh I non ! répondit-il, c'est tout près d'ici ; mais les habitants sont un peu rebelles; ça leur fera du bien d'en tuer quelques-uns, et de prendre leurs molotes. Si vous avez peur, n'importe, je dirai aux Turcs de m'aider. » Ainsi, on taxait mon refus de faiblesse , et il était difûcile de prouver qu'il était fondé sur un sentiment de justice. Adda me proposait froidement de piller un de ses propres villages, dont les opinions étaient trop libérales. Rien n'est plus décourageant que de se voir ainsi méconnu , et le sens moral des sauvages est si perverti, que je n'ai jamais pu leur faire comprendre l'existence d'un bon principe. La puissance est la seule idée qu'ils connaissent : la force qui peut se procurer tout, la violence qui triomphe de la faiblesse. J'ai souvent écrit de dégoût, mes réflexions du moment dans mon journal, et j'en extrais un passage comme spécimen :
< 10 avril 1863, Latouka. Je voudrais que les négrophiles de l'Angleterre pussent voir comme moi le cœur de l'Afrique ; leurs sympathies disparaîtraient. La nature humaine, vue dans son état primitif chez les sauvages de ce continent, ne s'élève pas audessus du niveau de la brute, et ne peut se comparer avec la noblesse du chien. Ces nègres ne savent pasqueee c'est que la
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reconnaissance, la pitié, Tamour, le dévouement; ils n'ont aucune idée de devoir ou de religion; l'avarice, l'ingratitude, l'égoïsme et la cruauté sont leurs qualités distinctives. Us sont tous voleurs, paresseux, envieux, et prêts à piller leurs voisins plus faibles qu'eux, ou à les réduire en esclavage. »
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