C'est toujours ainsi que les nègres se procurent du feu
172 L'ALBERT N'YANZA.
vais esprit ! Vous croyez qu'à la mort, l'esprit périt de même que le corps; que vous êtes absolument comme les autres animaux, et qu'il n'y a aucune distinction entre l'homme et la bête. Tous deux disparaissent, et la mort les anéantit également ? »
Commoro. « Sans doute. »
Moi. c Ne voyez-vous aucune différence entre les bonnes et les mauvaises actions? » ^
Commoro, « Si. Chez les hommes et chez les bêtes, il y a les bons et les mauvais. »
Moi. « Croyez- vous que les hommes bons ou mauvais ont le même sort? qu'ils meurent les uns et les autres, et que c'en est fait d'eux pour toujours? »
Commoro, « Oui; que peuvent-ils faire? Comment peuvent-ils
s'empêcher de mourir ? Nous mourons tous, bons et mauvais. »
Moi. < Les corps périssent, mais les esprits subsistent: les bons dans le bonheur, les mauvais dans la peine. Si vous ne croyez pas en la vie à venir, pourquoi un homme serait-il bon ? Pourquoi ne serait-il pas méchant, si sa méchanceté lui est une cause de prospérité? »
Commoro, « La plupart des hommes sont mauvais ; s'ils sont forts, ils pillent les faibles. Les bons sont tous faibles ; ils sont bons, parce qu'ils n'ont pas assez de force pour être méchants. >
Un peu de blé avait été tiré des sacs pour la nourriture des chevaux, et, comme il s'en trouvait quelques grains sur la terre, j'essayai de démontrer à Commoro la vie à vemr, au moyen de la sublime métaphore dont saint Paul fait usage*. Creusant avec le doigt un petit trou dans la terre, j'y déposai un grain. « Ceci, dis-je, c'est vous, lorsque vous mourrez. » Puis, recouvrant le grain d'un peu de terre. « Ce grain, continuai-je, périra; mais de lui sortira la plante qui produira sa forme première.
Commoro. — Très-bien. Je comprends cela. Mais ce grain que vous avez enfoui ne reparaît pas; il se pourrit comme l'homme, et meurt. Le fruit produit n'est pas le grain qui a été enseveli , c'est le résultat de ce grain. Il en est ainsi de Thomme. Je meurs, je tombe en corruption, et tout est fini ; mais mes enfants crois-