‹ Découverte de l'Albert N'YanzaChapitre 4 sur 73 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

devint le pays du monde le plus prospère et le plus civilisé. Xon-seulement elle devait son origine au fleuve qui la traverse, mais des inondations périodiques de ce fleuve dépendait Texislence des habitants. Tout ce qui se rapportait au Nil acquérait donc la plus grande importance dans l'esprit des Égyptiens, car le Nil était le dispensateur de leur nourriture.

Rien de plus naturel, par conséquent, que le désir souvent conçu par des hommes sérieux, de rechercher là source de ces eaux mystérieuses. Le Nil ne ressemble à aucun autre fleuve. Aux mois de juillet et d'août, lorsque les rivières d'Europe sous rinfluence des chaleurs de Tété sont au plus bas de leur étiage, le Nil déborde! Point de pluies en Egypte, pas même une goutte de rosée dans ces déserts arides que le fleuve magnifique parcourt sur une étendue de plus de 860 railles en latitude sans être alimenté par un seul tributaire. Malgré toutes les pertes que Tévaporation et l'absorption lui font éprouver, le Nil verse chaque année ses bénédictions sur l'Egypte; fleuve anomal, débordant pendant la saison la plus sèche de Tannée, ri sistant aux sables du désert; quelle était son origine cachée? Où fallait-il chercher ses sources?

Tel était, dès les âges les plus reculés, le grand problème de la géographie.

Au milieu de la civilisation avancée du dix-neuvième siècle, nous voyons à regret les Turcs posséder les p^us belles régions du globe, des pays tellement favorisés par leur climat et leur position géographique, que dans les temps anciens on s'en disputait la jouissance. Nous gémissons de ce que, sous le gouvernement des successeurs de Mahomet, ces contrées restent en dehors du progrès vers lequel gravitent des localités bien moins avantagées par la nature. Supposons un régime politique civilisé et chrétien, il n'est pas de pays plus riche, capable d'occuper une position plus importante dans la famille des nations que la Turquie d'Europe, l'Asie Mineure et l'Égjpte.

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De ces trois contrt^es, la dernière intéresse le plus les Anglais, parce que c'est la grande route des Indes. Et comme elle doit au Nil sa fertilité extraordinaire, j'espère avoir versé au trésor de la science ma quote-part individuelle, en découvrant les sources de ce fleuve magnifique. J'espère avoir aussi ouvert jusqu'au cœur même de rAfrique un chemin qui, dans l'avenir, pourra être celui de la civilisation, quoique à notre vue bornée il semble enveloppé d'obscurité.

J'offre au public le récit de beaucoup d'années de fatigues et de difficultés consacrées, non vainement je l'espère, à cette grande entreprise. Quelques personnes dépourvues d'ambition se diront peut-être que le résultat obtenu méritait à peine le sacrifice de la meilleure partie de ma vie dévouée à l'exil et à la souffrance. Je prie ces personnes de se rappeler que « nous sonunes placés dans ce bas monde pour un temps limité, afin de remplir, chacun selon les conditions et la portée de son intelligence, les devoirs au moyen desquels l'humanité poursuit sa marche de siècle en siècle*. »

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