Ruth, I
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impossible si je ne connaissais pas la langue arabe. J'étais absolument sous le pouvoir de mon drogman^ et je résolus de me rendre aussitôt que je le pourrais indépendant de tout interprète. Voici donc le plan que je formai en conséquence. Je consacrerais la première année de mon voyage à explorer les affluents du Nil depuis les montagnes d'Abyssinie ; je suivrais l'Atbara depuis sa jonction avec le Nil à vingt milles sud de Berber (lat. 17«37), et j'examinerais tous les tributaires du ileuve depuis le sud-est jusqu'au Nil Bleu, que j'espérais enfin redescendre jusqu'à Rhartoum. Douze mois me semblaient devoir ^suffire pour mener à bien cette expédition ; dans l'intervalle j'aurais appris assez d'arabe pour pouvoir m'éloigner de Kharloum, et commencer mon voyage d'exploration du Nil blanc. Je quittai donc Berber le 11 juin 1861, et le 13 j'arrivai au confluent de l'Atbara et du Nil.
Le Nil n'est nulle part d'un volume plus considérable. L'At- Dara a enriron 450 verges * de largeur moyenne, et pendant la saison des pluies il a de vingt-cinq à trente pieds de profondeur. Il amène avec lui toutes les eaux de l'Abyssinie Orientale, car il compte parmi ses affluents la grande rivière Taccazy (ouSettite) outre le Salaam et l'Angrab. Le point de confluence du Nil et de l'Atbara (lat. 17® 37' N.) est donc, en suivant la ligne droite, à environ 840 milles géographiques de latitude d'Alexandrie ; et si l'on comprend la courbure occidentale, le lit du fleuve s'étend sur une longueur d'environ 1100 milles, depuis son confluent avec l'Atbara jusqu'à son embouchure. Ainsi entre cet espace le Nil est soumis à l'évaporation et à l'absorption à travers les sables du désert et le delta, dans un parcours de 1100 milles ; il s'ensuit une immense perte d'eau, et par conséquent c'est immédiatement au-dessous du confluent de l'Atbara que le Nil doit avoir son plus grand volume.
Je n'ai pas l'intention aujourd'hui d'entrer dans les détails de mon voyage d'exploration sur la frontière d'Abyssinie, voyage qui occupa ma première année; cet épisode est en même temps si étendu, et si distinct de celui qui eut pour objet le Nil Blanc, que le mélange des deux récits entraînerait de la confusion. Je
) . La verge (yard; anglaise équivaut à peu près à un mètre. Strictement parlant 1 mètre = 1,093633 yard. (M.)
réserverai donc pour un second ouvrage mon excursion en Abyssinie, et je bornerai aujourd'hui ma description des cours d'çau de ce pays à un coup d'œil général sur TAtbara et le Nil Blanc, de manière à expliquer l'origine de leurs débordements, et le» efTets de ces inondations dans la basse Egypte.
Je suivis les bords de l'Atbara jusqu'à sa jonction avec le Settite ou Taccazy ; de là je remontai cette dernière grande rivière jusqu'aux montagnes d'Abyssînie dans le pays de Basé. Arrivé à ce point, je me dirigeai vers les rivières Salaam et Angrab au pied de la magnifique chaîne de montagnes d'où elles coulent immédiatement dans l'Atbara. Ayant exploré ces rivières, je traversai un pays étendu et d'une rare beauté formant une portion de l'Abyssinie sur le bord méridional du Salaam: puis retraversant TAtbara, j'arrivai à la ville frontière de Gellabat que Bruce désigne par le nomde « Ras el-Feel. » En prenant alors une direction ouest je me trouvai sur les bords de la rivière Rahad (environ à 12® 30' de lat.); redescendant ce cours d'eau, j'atteignis le Dinder, et suivant ces rivières jusqu'à leur jonction avec le Nil, je côtoyai ce fleuve pour revenir jusqu'à Khartoum, exactement un an après mon départ de Berber.
Toutes les eaux de l'Abyssinie arrivent par les rivières que je viens de nommer : l'Atbara, le Settite, le Salaam, l'Angrab, le Rahad, leCinder et le Nil Bleu ; leur direction uniforme est du sud-est au nord-ouest, et elles atteignent le Nil sur deux points, par le Nil Bleu à Khartoum (15* 30') el parJAtbara (1 7* 37'). Pendant la saison sèche, le Nil Bleu est si bas qu'il n'y a pas même assez d'eau pour les petits bâtiments qui transportent les marchandises deSennaar à Khartoum; l'eau est alors d'une transparence admirable, et réfléchissant comme elle le fait un ciel sans nuage, elle a obtenu le surnom de Bahrel-Azrak, ou Nil Bleu. Cette eau, de plus, est excellente au goût, formant un contraste frappant avec celle du Nil Blanc qui n'est jamais limpide, et qui aune saveur désagréable provenant de matières végétales. Cette différence dans la qualité des eaux constitue le caractère distinctif des deux rivières; le Nil Bleu est un torrent rapide sortant des montagnes, et tombant avec une immense vitesse; le Nil Blanc, au contraire, sort d'un lac, et coule à travers de vastes marécages. Le cours du Nil Bleu s'étend sur un terrain fertile ; il est donc sujet à une légère absorption qui lui fait perdre de
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son volome; pendant la saison des pluies il entraîne avec lui une grande quantité de matière terreuse d'une couleur rouge, qui contribue au grand dépôt fertilisateur du Nil dans la basse Egypte.
Quoique l'Atbara, pendant la saison pluvieuse de l'AbyssiDie, soit une rivière d'une telle importance, il est parfaitement à sec durant plusieurs mois de l'année ; et lorsque je le vis pour la première fois, le 13 juin 1861 , c'était une nappe de sable éblouissant, formant, pour ainsi dire, partie du désert qu'il traversait. Sur une étendue de plus de cent cinquante milles, à partir de sa jonction avec le Nil, depuis le commencement de mars jusques en juin, l'Atbara est complètement à sec. A des intervalles de quelques milles, on voit des flaques d'eau dans les profondes cavités qui sont au-dessous du niveau moyen de la rivière. Quelques-uns de ces lacs ont environ un mille de longueur, et servent de refuge aux animaux qui, à mesure que la rivière tarit, cherchent dans ces étroits domiciles un abri où ils ne sont pas fort à leur aise. Crocodiles, hippopotames, poissons et tortues d*une grande espèce, s'y trouvent entassés en quantités prodigieuses, jusqu'à ce que le commencement des pluies en Abyssinie leur rende la liberté, en alimentant de nouveau la rivière. La saison pluvieuse s'ouvre en Abyssinie au milieu de mai ; cependant, comme les longues chaleurs de Tété ont desséché le sol, les premières pluies sont immédiatement absorbées, et ce n'est que vers la mi-juin que les torrents commencent à se remplir. Depuis cette date, jusqu'au milieu de septembre, les orages sont terribles; chaque ravin est transformé en un torrent impétueux, les arbres sont déracinés par les cours d*eau débordés, et l'Aibara devient un vaste fleuve, amenant, dans un courant irrésistible, les eaux des quatre grandes rivières : le Settite, le Royan, le Salaam et i'Angrab, sans compter les siennes propres. Son courant est épaissi par les alluvions qu*y déposent les terres les plus fertiles loin de son confluent avec le Nil ; les eaux boueuses apportent avec elles en une confusion étrange des masses de bambous et de bois, des troncs d'arbres et souvent des cadavres d'éléphants et de buffles ; riche moisson pour les Arabes riverains, qui sont toujours aux aguets afin d'arracher au courant le bois qui doit servir à leur chauffage et à leurs constructions.
Ciomme le Nil Bleu et TAtbara reçoivent toutes les eaux de TAbyssinle, ainsi à leur tour ils payent leur tribut au Nil proprement dit vers le milieu de juin. Le Nil Blanc a atteint alors un niveau considérable, mais non pas le plus élevé possible ; et les inondations annuelles de la basse Egypte résultent de ce que les eaux qui descendent de TAbyssinie se précipitent avec une impétuosité soudaine dans le lit principal du fleuve que le Nil Blanc a déjà élevé à un certain niveau.
Pendant l'année que je passai au nord de l'Abyssinie et sur les frontières de ce pays, les pluies continuèrent avec beaucoup de violence l'espace de trois mois; la dernière averse tomba le 16 septembre, et de ce jour au mois de mai suivant, il n'y eut ni pluie ni rosée. Les grandes rivières et les torrents des montagnes se desséchèrent ; TAtbara disparut et redevint une nappe de sable éblouissant. Quoique fort diminués de violence, le Settite, le Salaam etTAngrab ne sont cependant jamais absolument réduits à néant, car ils coulent des montagnes d'Âbyssinie dans TAtbara; mais le lit sablonneux et desséché de cette dernière rivière absorbe tout ce que les torrents nommés ci-dessus lui apportent, et ne fournit pas une seule goutte d'eau au Nil pendant la saison sèche. L'absorption remarquable qui distingue le sable de l'Atbara, prouve^d'une manière frappante combien le Nil bleu seul serait incapable de résister au désert de Nubie . Sans le volume d'eau constant fourni par le Nil Blanc, ce désert absorberait jusqu'à la dernière goutte d'eau avant que la rivière put dépasser le vingt-cinquième degré de latitude.
Les affluents principaux du Nil Bleu sont le Rahad et le Dinder; leur source est en Abyssinie comme celle de toutes les autres rivières que je viens de nommer. Le Rahad est entièrement à sec pendant l'été, et le Dinder est réduit à une série de flaques d'eau très- profondes, séparées par des bancs de sable, le lit de la rivière étant tout à fait à découvert. Ces flaques d'eau servent de retraite aux hippopotames et aux autres habitants naturels du fleuve.
Ayant ainsi terminé mon exploration des divers ailfluents abyssiniens du Nil, en traversant le pays de Basé et la partie de l'Abyssinie occupée par le MekNimmur, j'arrivai, le 11 juin 1862, i Rhartoum, capitale des provinces du Soudan. Rhartoum est situé (iat. lô^ 29'} sur une pointe de terre formant Tangle de
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jonction du Nil bleu et du Nil blanc. On ne saurait se figurer un endroit plus* misérable, plus sale, plus malsain. Un désert sablonneux s'étend à perte de vue. La ville, bâtie en grande partie de briques qui n'ont pas été soumises à l'action du feu, s'élève sur un sol plat qui est à peine au-dessus du niveau de la rivière lors des crues, et qui est quelquefois complètement inondé. Malgré une population d'environ trente mille âmes, accumulée sur un petit espace, il n'y a ni égouts, ni autre moyen de salubrité. Les rues sont pleines d'immondices de toute nature ; les cadavres d'animaux abandonnés forment partout des foyers de peste et de corruption. On voit cependant à Khartoum quelques maisons d'une apparence assez convenable, habitées par les marchands du pays : Italiens, Français, Allemands; trente individus environ représentent le chiffre de la population européenne. Les Grecs, les Syriens, les Coptes, les Arméniens, les Turcs, les Arabes et les Égyptiens forment la masse des ha bitants. La France, l'Autriche et l'Amérique s^nt représentées par des consuls, et je saisis avec plaisir l'occasion de reconattre ici les services et les secours que j'ai reçus de M. Thibaut et de Berr Hansall, agents des deux premières puissances.
Les provinces du Soudan obéissent aux ordres d'un gouverneur général, dont l'autorité est despotique, et qui réside à Khartoum. En 1861, la garnison s'élevait à dix mille hommes environ et se composait d'Égyptiens, de nègres venus de Kordofan, du Nil bleu et du Nil blanc; il y avait aussi un régiment d* Amantes et une batterie d'artillerie. Ces troupes sopt le fléau du pays; car la plupart des employés, Turcs et Égyptiens, ne reçoivent leur paye que fort irrégulièrement, et, en conséquence, la discipline est presque nulle. Le soldat égyptien ne vit que par la maraude, et les malheureux habitants du pays sont obligés de se soumettre aux insultes et aux mauvais traitements de ces brutes qui les pillent ad libitum.
En 1862, Mousa Pacha était le gouverneur général du Soudan. Cet homme pouvait passer comme représentant, d'une manière outrée, les qualités qui distinguent les autoriti^s turques. Il réunissait à la brutalité d'un animal féroce les vices les plus grossiers des Orientaux.
Sous son administration, le Soudan fut complètement ruiné. Grâce à un régime militaire, les dépenses excédaient le revenu^
et de nouveaux impôts prélevés sur les habitants paralysaient les ressources du pays entier. Jamais le Turc ne s'améliore. Le proverbe arabe dit que t l'herbe ne pousse jamais sous les pas des Turcs, » simple adage qui rend avec la plus grande exactitude le caractère de la nation. Le régime turc a pour accompagnement obligé la mauvaise administration^ le monopole, le pillage et l'oppression. Situé loin de tout foyer civilisateur, séparé de la basse Egypte par les déserts de la Nubie, Khartoum offre un champ vaste et fertile pour le développement du caractère administratif des Égyptiens. Point d'employé qui ne vole ; quant au gouverneur général, il prend à pleines mains ; les obstacles qu'il oppose au progrès servent à remplir ses poches, et il entrave le commerce de mille façons, afin d'obtenir des primes de côté et d'autre. Suivant la règle générale qu'ont observée tous ses prédécesseurs, un nouveau gouverneur fait preuve, lorsqu'il entre en fonctions, d'une sorte d'activité spasmodique. Accompagné de cavass et de soldats, il parcourt à cheval toutes les rues de Khartoum, grondant ses subordonnés pour leur négligence, donnant des ordres pour que la voie publique soit balayée, et la ville complètement assainie. Le voici dans le marché, examinant la qualité du pain , s'arrétant devant l'étal du boucher pour inspecter la viande. Il s'assure de l'exactitude des poids et des mesures, condamne à Tamende et à la prison les marchands convaincus de fraude, organise une réforme absolue, et termine ses dispositions sanitaires et philanthropiques par l'imposition de quelques taxes locales.
Bientôt la ville est relativement purifiée, le pain est d'un bon poids et d'une bonne qualité; le gouverneur, comme un balai neuf, a fait disparaître les abus. Quelques semaines sont à peine écoulées, que le règne des ordures recommence de plus belle, et la puanteur croissante témoigne que le bon vieux temps est revenu : — le temps où les rues n'étaient jamais balayées. La ville reprend ses anciennes habitudes, les faux poids usurpent encore une fois la place des mesures légales, et le seul signe permanent et visible de la nouvelle administration est la taxe locale.
Depuis le premier employé jusqu'au dernier, Timprobité et la fraude sont la règle générale ; chacun vole en raison directe de son grade, et les habitants sont les seuls à souffrir du fardeau
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de tout ce pillage. Ainsi l'agriculteur est soumis à des droits énormeSy et l'industrie est découragée par la tyrannie. Les soldats^ chargés de la perception des impôts, ont naturellement recours à la violence pour extorquer à leur profit quelque chose en surplus des contributions fixées; par conséquent les Arabes ne cultivent que ce qui peut suffire strictement à leurs besoins, dans la crainte que les propriétés dé bon rapport ne leur attirent, de la part du gouvernement, des charges plus onéreuses. La taxe la plus lourde et la plus injuste est celle qui afiecte le < sageer > ou roue à eau au moyen de laquelle le fermier arrose le sol, qui, autrement serait stérile.
La construction du sageer^ est le premier pas dans les procédés de culture. Sur les bords du fleuve s'étend un vaste terri-
tolre susceptible d'être défriché ; mais comme les pluies sont presque inconnues dans ce pays, il faut constamment avoir recours à des moyens d'irrigation artificiels. Aussitôt qu'un individu d'un caractère entréprenant a établi sa roue hydraulique, on le taxe ; mais ce n'est pas tout. Les percepteurs des contributions, soldats, comme je l'ai dit, s'acharnent sur lui et exigent la remise d'un droit additionnel en nature, beurre, blé, légumes, moutons, etc. L'infortuné propriétaire est ainsi presque ruiné, et son industrie est devenue pour lui une véritable malédiction. Tout autre gouvernement que celui de la Turquie et de l'Egypte offrirait une prime pour l'établissement d'une machine à irrigation qui, en stimulant la culture, multiplierait les produits ; mais chez les Turcs le pillage est la règle, et cette règle est la seule qui n'admette pas d'exception. Je n'ai jamais encore rencontré d'employé turc qui s'intéressât le moins du monde à des projets faits en vue d'améliorer la situation du pays, si l'adoption de ces projets ne lui semblait pas capable de lui apporter quelque profit particulier. De la sorte, dans une contrée où les ressources naturelles n^abondent pas, l'oppression vient de surcroît ruiner les habitants. A l'approche des percepteurs brutaux, les Arabes s'enfuient, emmenant leurs troupeaux dans les districts lointains, et abandonnant à la soldates- <iue toutes leurs récoltes. On ne se faitpas d'idée des soufirances de l'Egypte.
1. Sur le Sahakiehj ou macbine byaraulique, yoy. Dtscrvp, Ue VÉgypte,ti Univ. piUoresquêf Nubie, p. 53. (—M.)
L'aspect général du Soudan est celui de la misère. Rien qui puisse compenser, pour un Européen, le climat pestilentiel et les associations qu'un gouvernement détestable amène avec lui. Un étranger a peine à se figurer que l'administration égyptienne veuille conserver un pays dont l'occupation ne lui est d'aucun profit, puisque, malgré les impôts sans cesse croissants, les recettes sont fort au*dessous de la dépense. A une distance si grande de tout port de mer, et dans une contrée entourée de toutes parts d'immenses déserts, les moyens de transport sont si difficiles, que toutes les afiaires de commerce, sur une échelle un peu vaste, doivent être impossibles.
La gomme arabique est l'article lo plus précieux que l'on exporte du Soudan. Cette substance est produite par diverses espèces de mimosa % celle de première qualité venant du Kprdofan.
Le séné, les Cuirs et l'ivoire sont «également exportés. C'est à dos de chameau que toutes les marchaiidises se transportent, aucun autre animal ne pouvant traverser les déserts. Les cataractesduNil, entre Assouanet Khartoum, rendent la navigation à peu près impraticable; il faut avoir recours au chameau, et l'incertitude où se trouvent les marchands de se procurer ces animaux sans de grands délais constitue leur plus grand embarras. Le pays entier est soumis à des sécheresses qui produisent une désolation totale ; et comme le défaut de pâturages affame le bétail et les chameaux, dans de certaines saisons, le transport des produits du pays est impossible, et les entreprises commerciales touffrent d'une stagnation complète. Dans les conditions actuelles, le Soudan n'a donc aucune valeur, puisque ses ressources naturelles sont nulles, aussi bien que son importance politique ; il y a pourtant un motif pour lequel les Égyptiens s'y sont établis, et ce motif subsiste encore aujourd'hui : Le Soudan produit des esclaves.
Sans le commerce qui se fait sur le Nil Blanc, Khartoum cesserait presque d'exister ; et ce commerce résulte du meurtre et de la violence. Il n'y a pas besoin d'autre conmientaire pour décrire le caractère des habitants de Khartoum. Comme article d'exportation, la quantité d'ivoire qui redescend le Nil Blanc est une