‹ Découverte de l'Albert N'YanzaChapitre 61 sur 73 · DESCENTE DU NIL BLANC · texte numérisé non relu

DESCENTE DU NIL BLANC

truire la traite; jusque-là point de commerce légitime, point de chance de succès pour Ténergie des missionnaires, et le pays reste hermétiquement fermé à toute amélioration.

Si les puissances européennes le voulaient bien, rien ne serait plus facile que la suppression de cet infâme trafic, L'Egypte favorise l'esclavage. Je n'ai jamais vu un seul employé du gouvernement qui ne le considérât comme une institution absolument nécessaire à TÉgypte. De cette façon toute démonstration ostensiblement faite par le gouvernement égyptien contre la traite des noirs n'est qu'une formalité accomplie pour tromper les puissances européennes. Quand on leur a fermé les yeux, et que la question est ajournée, le trafic de chair humaine recommence de plus belle. Il faudrait que les conclusions des rapports adressés par les consuls fussent appuyées par leurs gouvernements respectifs; chaque consul devrait être investi des pouvoirs nécessaires pour saisir les vaisseaux chargés d'esclaves, et mettre en liberté les troupeaux de nègres qu'il rencontre. Alors cet abominable trafic ne pourrait plus exister. Les consuls européens ont les mains liées, et les jalousies internationales qui compliquent la question d'Orient empêchent une action simultanée de la part des puissances. Aucun gouvernement ne veut être le premier à remuer cette eau bourbeuse. M. Natterer, le consul autrichien à Khartoum, m'avoua, en 1862, qu'il avait en vain décrit à plusieurs reprises, au cabinet de Vienne les atrocités de la traite : ses rapports restaient sans réponse. Toutes les puissances savent que le commerce des noirs se fait sur une grande échelle dans la haute Egypte, et que la mer Rouge est le grand emporium d'où ces malheureux sont transportés en Arabie et à Suez, mais en même temps la jalousie empêche les puissances d'agir. Si une d'entre elles prenait l'initiative, les autres interviendraient de suite pour empêcher qu'elle n'acquit trop de prépondérance en Egypte. C'est ainsi que les acteurs de cet affreux commerce jouissent d'une immunité complète. Qui peut poursuivre en justice un marchand d'esclaves du Nil Blanc? Où puiserait -on dans l'Afrique centrale une évidence légale capable de porter la conviction dans une cour de justice anglaise? M. Petterick, le consul anglais, fit arrêter un Maltais, neveu de Debono. L'accusation ne put être soutenue. Les consuls ont ainsi les

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mains liées, et leurs actes sont frappés de nullité par Timpossibilité où ils sont de se procurer des témoignages concluants; les faits sont de la dernière évidence , mais comment les prouver légalement ?

Arrêtez le commerce du Nil Blanc, empêchez le départ des navires de Khartoum pour le sud, et obligez le gouvernement égyptien à concéder le monopole commercial de cette région à une compagnie, moyennant certaines conditions et une surveillance particulière. Il y a déjà quatre steamers à Khartoum. Établissez un poste militaire de deux cents hommes à Gondokoro, un second dans le pays des SchillouCks, vers le 13* degré de latitude, et si vous faites croiser deux vapeurs sur le fleuve, pas un esclave ne pourra redescendre le Nil Blanc. Une fois la traite supprimée, i) y aura un excellent débouché pour le conunerce de Tivoire; les rivalités des caravanes étant anéanties, et les transactions entre les mains d'une seule compagnie, les nègres ne pourront plus troquer leur ivoire contre du bétail ; ils seront obligés de recevoir en échange d^autres denrées. Le lac Albert, nouvellement découvert, ouvre à la navigation le centre de l'Afrique. Les vapeurs remontent de Khartoum à Gondokoro (latit. 4^ 55'). A sept jours de marche de cette station, on atteint la partie navigable du Nil, d'où les vaisseaux peuvent remonter directement jusqu'au lac Albert; ainsi une énorme étendue de pays est accessible à la navigation, et on pourrait trouver là en échange d'ivoire un débouché pour les articles de Manchester et d'autres objets de commerce à un profit énorme, car dans ces pays nouvellement découverts, l'ivoire n'a qu'une valeur nominale. Je ne puis donner d'autres idées que celles que je viens d'émettre pour le début d'un commerce légitime ; car les produits du pays, excepté l'ivoire, ne payeraient pas les frais de transport en Europe. Si l'Afrique doit être civilisée, ce sera seulement par le conmierce. Une fois établi, il ouvrira la roule aux missionnaires ; mais jusqu'à ce que la traite des esclaves soit abolie ; il faut renoncer à toutes les théories d'amélioration et de progrès que la philanthropie peut former.

Je ne saurais ici déterminer l'étendue du champ que la suppression de la traite laisserait libre ; l'avenir dépendrait du bon gouvernement d'une région maintenant abandonnée à l'anarchie et à la confusion.

L'ethnologie de l'Afrique centrale est tout à fait hors de ma portée. Non-seulement les nègres ne peuvent pas écrire, mais ils n'ont aucune tradition; leurs pensées sont entièrement absorbées par leurs besoins animaux de chaque jour ; ils n'ont aucun lien avec le passé ; pour eux l'histoire n'existe pas Ceci est fort regrettable, car le type de plusieurs de leurs tribus a quelque chose de distinctif, tant dans les traits que dans le langage. Le Dinka, le Bari, le Latouka, le Chopi et rOunyoro ou Kitwara, sont autant d'idiomes différents à Test du Nil, dans un pays qui s'étend au nord sur douze degrés à partir de l'équateur. Les Makkarikas ont aussi un dialecte à eux, et on me dit dans le pays de Kamrasi que les Malleggas, à l'ouest du lac Albert, parlent une langue différente de celle du Kitwara; cette langue peut être la même que celle des Makkaritkas, mais je ne saurais l'affirmer, n'ayant pu les comparer. Si on regarde comme un fait acquis l'existence de cinq langues ou dialectes, depuis le 12' parallèle jusqu'à 1 équateur, on peut conclure, par voie d'analogie, que l'Afrique centrale est partagée en un grand nombre de pays et de tribus qui diffèrent par l'idiome et Taspect physique, et dont l'histoire est enveloppée d'obscurité. Impossible de déterminer si l'homme, dans i:e pays, est préadamite ; mais on pourrait le croire. L'origine historique de l'homme ou d'Adam commence avec une connaissance de Dieu. A travers toute rhistoire du monde depuisia création. Dieu forme le fonds de toutes les croyances, soit que l'homme l'adore comme un esprit tout-puissant, soit qu'il se le représente comme une idole. Dès les temps historiques les plus anciens, l'homme n'a cessé de reconnaître sa propre infériorité ; il faut nécessairement qu'il adore soit le vrai Dieu, soit une idole, soit enfin un objet quelconque existant dans le ciel ou sur la terre. Le monde, suivant le sens que nous assignons à ce mot, a toujours été soumis à une sorte d'instinct religieux. Séparées de la société, perdues dans le mystérieux lointain qui voilait l'origine du Nil égyptien, existaient des races d'hommes inconnues qui n'avaient jamais compté en histoire, races que nous venons d'amener à la lumière, dont l'humanité ignorait l'existence, et qui paraissent à présent devant nous comme les ossements fossiles d'animaux anté-diluviens. Ces races doivent-elles être considérées comme les vestiges d'une création préadamite ?

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La formation géologique de l'Afrique centrale est primitive, accusant une hauteur moyenne de près de quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer. Cette portion élevée du globe, composée en grande partie de roches granitiques et de grès, n'a jamais été submergée, et ne parait avoir subi aucune altération, soit par l'action volcanique, soit par celle de Teau. Le temps, à travers des siècles sans nombre, travaillant au moyen lent mais sûr de l'influence atmosphérique, a arrondi la surface des rochers granitiques, et les a brisés en morceaux» leur laissant une base sablonneuse de fragments décomposés, tandis qu'en d'autres endroits la montagne offre une surface aussi dure et aussi solide que si elle sortait de l'atelier de la nature. L'Afrique centrale n'ayant jamais été submergée, les races d'hommes et d'animaux qui la peuplent doivent être aussi anciennes et même plus anciennes qu'aucune de celles qui se trouvent sur la face du globe. En 1852, lorsque l'Afrique centrale était tout à fait inconnue, sir R. S. Murchison* prouva à priori qu'aucun changement géologique n'a pu y avoir lieu pendant des siècles antérieurs de longtemps à la création de l'homme ; il est donc naturel de supposer que les races d'êtres vivants existant sur cette terre primitive n'ont point changé depuis leur origine. Cette origine peut dater d'une époque assez ancienne pour avoir précédé la création d'Adam. L'homme historique croit en Dieu ; les tribus de l'Afrique centrale n'y croient pas. Appartiennent-elles à notre race Adamite? La partie équatoriale de l'Afrique aux sources du Nil a une hauteur moyenne de quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer; ce plateau élevé forme la base d'une chaîne de montagnes s'étendant, je l'imagine, de l'est à l'ouest comme les vertèbres d'un animal, et donnant l'écoulement aux eaux vers le nord et le midi. Si ma supposition est exacte, l'écoulement sud alimenterait le lacTanganika ; tandis que plus à l'ouest, un autre lac alimenté de même , serait la source du fleuve Congo. Au nord un système analogue peut se déverser dans le Niger et le lac Tchad ; ainsi les lacs Victoria et Albert, ces deux grands réservoirs ou sources du Nil, font peut-être partie d*un système de lacs alimentés par les

1. Sir Rodrick Impey Murchison, célèbre géologue anglais, né en 1792. Voyex. sur lui le Dictionnaire des Contemporains, de M. Vapercau. (—M.)

versants nord et sud de la chaîne de montagnes de l'Afrique équatoriale, et distribuant aux principaux fleuves de ce continent le tribut des pluies qui tombent dans les régions situées sous réquateur. Comme le centre de l'Afrique vers les sources du Nil a une élévation de quatre mille pieds au-dessus du niveau de la mer, indépendamment des hautes montagnes qui couronnent ce plateau, on est en droit de conclure que la région équatoriale de l'Afrique est comme un large cône dont toutcis les pentes rayonnent vers la mer. Partout où il y a de hautes chaînes de montagnes, il doit y avoir aussi des parties déprimées ; ces parties, lorsqu'elles sont situées dans la région des pluies équatoriales, reçoivent l'écoulement des eaux qui viennent des hautes terres, et se transforment en lacs ; le trop plein de ces lacs forme à son tour des rivières ; tel est précisément le cas du Nil sortant des lacs Victoria et Albert.

Sir Roderick S. Murchison a donc, comme géologue, développé la théorie de l'existence d'une série de lacs sur un plateau élevé de l'Afrique centrale ; et cette théorie est maintenant à peu près confirmée par les découvertes actuelles. Je crois donc à propos de transcrire ici un fragment du discours prononcé par ce savant à la séance anniversaire de la Société royale de géographie, le 23 mai 1864, et dans lequel il émit sur la configuration géologique de l'Afrique centrale, et sur les races qui l'habitent, des opinions antérieures à celles que je formai moi-même, lorsque je visitai le lac Albert. C'est avec le plus vif intérêt que j'ai lu ce fragment depuis mon retour en Angleterre :

« .... Dans des discours précédents, j'ai émis l'opinion que les parties centrales de l'Afrique forment un grand plateau occupé par des lacs et des marais d'où les eaux s'échappent par des fissures ou des dépressions dans les rocs plus anciens qui se trouvent au-dessous , et que cet état de choses subsistait depuis une période de temps extrêmement considérable. Grâce à la découverte opportune du docteur Kirk, le compagnon de Livingstone, j'ai pu non-seulement fortifier ma conjecture de 1852, mais étendre beaucoup les idées que je me formais de la longue période de temps pendant laquelle les parties centrales de l'Afrique sont restées dans leur présente condition , sauf les dégradations produites par les influences atmosphériques ordi-

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naires. Ma théorie, présentée à cette Société en 1852, reposait principalement sur les étranges et admirables recherches géologiques faites par M. Bain, dans la colonie du cap de Bonne- Espérance. Je disais que pendant la période secondaire ou mesozoïque des géologues, Tintérieur nord de cette contrée avait été occupé par des lacs et des marécages d une vaste étendue, ainsi que le prouve le reptile fossile découvert par Bain et auquel Owen* a donné le nom de Dicynodpn; j'ajoutais que l'Afrique centrale était restée aujourd'hui ce qu'elle était depuis un temps, dont la durée ne peut se calculer. Les ' voyages successifs accomplis dans l'intérieur par Livingstone, Tbornton et Kirk, Burton et Speke, et enfin par Speke et Grant m'ont confirmé dans ma croyance, que l'Afrique méridionale n'a subi aucune des grandes dépressions sous-marines qui ont si considérablement affecté l'Europe, l'Asie et l'Amérique pendant les périodes secondaires, tertiaires et quasi-modernes.

c La découverte du docteur Kirk a confirmé ma pensée. Sur les bords d'un affluent du Zambèse, ce voyageur a ramassé plusieurs ossements, amenés là selon toute probabilité par les eaux de régions reculées du continent; ces restes sont tellement fossilisés qu'ils offrent toutes les apparences d'antiquité qui caractérisent les produits de la période tertiaire, ou même d'une époque antérieure. Ce sont des portions de la colonne vertébrale et du sacrum d'un buffle, qu'on ne pourrait distinguer du buffle ordinaire du Gap ; puis des fragments de crocodile et de tortue deau , tous deux absolument pareils aux espèces qui existent actuellement. Le docteur Kirk a trouvé de plus un grand nombre dos d'antilope et d'autres animaux qui, quoiqu'à l'état fossile, appartiennent, m'assure-t-il, aux espèces qui habitent l'Afrique méridionale aujourd'hui.

c D'un autre côté aucun de nos explorateurs, y compris M. Bain qui a fait preuve de tant d'intelligence comme géologue, n'a trouvé dans l'intérieur du pays des pierres calcaires contenant des débris fossiles d'animaux marins ; une telle découverte aurait prouvé que le sud de l'Afrique comme d'autres pays a été déprimé sous les eaux de l'Océan, puis soulevé de nouveau. Au

1. Richard Owen, né en 1800; célèbre naturaliste, le Cuvier de FAngletem. Voyez le dictionnaire de M. Vapereau. (— M.)

contraire, en sus des vieux granits et d'autres roches ignées, tous les explorateurs ne trouvent que d'innombrables ondula* tions de grès, de schiste et de quartz, ou bien de ces dépôts de tuf et de substances ferrugineuses qui se présentent naturellement dans les pays longtemps occupés par des lacs et des djungles, et qu'auraient séparés les uns des autres des collines sablonneuses. En fait de roches calcaires on ne voit guère que des tufs formés par les alluvions d'eau douce. Il est vrai qu'il existe des formations marines de l'époque tertiaire sur la côte, autour de la colonie du Cap, près de l'embouchure du Zambèse, vis-à-vis de Mozambique, et encore sur les côtes de Mombas visà-vis de Zanzibar; il est vrai que ces formations constituent des falaises peu élevées, suivies de roches d'origine ignée. Mais lorsqu'il pénètre dans l'intérieur le voyageur perd de vue toutes ces formations ; et à mesure qu'il s'avance au cœur du pays il traverse une vaste région qui selon toute apparence a été toujours dans des conditions terrestres et lacustres. De fait, si l'on juge d*après les données déjà recueillies, l'intérieur de l'Afrique méridionale e^t resté dans ces conditions depuis une date aussi reculée que l'époqpie des roches secondaires. Cependant, quoiqu'aucun de nos compatriotes n'ait trouvé des traces de vieux dépôts maritimes, le capitaine Speke a rapporté d'une des chaînes de montagnes qui s'étendent entre la côte et le lac Victoria N'yanza une coquille fossile qui quoique de dimensions plus grandes que VAchatina perdix que l'on trouve maintenant au sud de l'Afrique, est de la même famille. De plus, si Bain a trouvé des plantes fossiles dans les couches reptilifères qui sont au nord du cap de Bonne-Espérance ; si LivingstoDe et Thornton ont découvert dans le grès du charbon et des plantes fossiles pareilles à celles des dépôts carbonifères de l'Europe et de TAmérique, ces débris mesozoïques et palœozoïques sont tous terrestres, et ne se trouvent pas unis à des produits calcaires maritimes résultant de ces oscillations du sol qui sont si communes dans d'autres pays.

• Il faut observer de plus que l'on ne remarque pas à la surface

du sol dans l'intérieur de ce vaste continent ces dépôts grossiers

et superficiels provenant de hautes chaînes de montagne d'où

sont descendus soit des glaciers, soit de formidables torrents.

Sous ce rapport le pays dont nous nous occupons est entière-

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ment diflerent des plaines de T Allemagne, de la Pologne et de la Russie septentrionale qui étaient le fond de la mer lorsque les champs de glace flottante se fondirent et laissèrent tomber les bloci de pierre qu'ils transportaient depuis la Scandinavie et la Laponie.

ff On peut donc dire qu'au point de vue de la persistance de ses anciennes conditions géologiques, l'intérieur du sud de l'Afrique offre un phénomène unique. Ce fait se trouve confirmé par l'absence, au sud de l'équateur, de ces roches volcaniques qui sont si souvent associées aux oscillations de la terre ferme.

<A l'exception des monts vraiment volcaniques de Camerones récemment décrits par Burton, sur la côte occidentale et un peu au nord de l'équateur, et qui s'avancent peut-être .au sud jusqu'au Gabon, on ne sait rien de la présence de foyers d'éruption analogues le long de la côte d'Afrique au sud de l'équateur^ Si les éléments pour la production de ces foyers eussent existé, la ligne de la côte est par son caractère précisément celle où nous nous attendrions à trouver des ouvertures volcaniques de ce genre, à en juger par l'analogie de toutes les régions à volcans où les éruptions habituelles ont lieu près de la mer ou de grandes masses d'eau à l'intérieur. L'absence donc, soit sur la côte, soit dans l'intérieur, de roches éruptives existant depuis Tépoque où l'accumulation de roches tertiaûres a commencé, s'accorde avec toutes les données physiques déjà réunies. Elles prouvent que, quoique le géologue ne trouve ici aucun de ces caractères de structure lithologique et de débris organiques singulièrement variés qui permettent de déterminer dans d'autres parties du globe les époques de la succession des différentes couches, l'intérieur de l'Afrique méridionale est un type remarquable d'un pays qui a conservé pendant un très-long espace de temps les conditions premières de sa formation, sans avoir éprouvé d'autres changements que ceux qui résultent des influences atmosphériques et météorologiques.

< Si donc des animaux des espèces inférieures et les plantes de ce vaste pays sont restés les mêmes pendant une période extrêmement longue, pouvons- nous conclure que la race d'hommes

1. Quoique le Kilimandjaro soit en grande partie un mont ignivome, un ?rai volcan, rien ne prouve qu'il ait été en activité pendant Tépoque historique.

qui s'y trouve est de la même antiquité ? S'il en était ainsi le nègre serait en droit de revendiquer une généalogie aussi ancienne que les familles caucasiques ou mongoles. Faute de faits décisifs à ce sujet, je ne veux pas m'abandonner à de vagues théories ; mais comme, parmi les spécimens fossiles que Livingstone etKirk ont rapportés se trouvent des fragments de poterie faits de main d'homme, il faut que nous attendions jusqu'à ce qu'un autre explorateur de l'Afrique méridionale prouve que ces débris de manufacture appartiennent à la même époque que les ossements fossiles. En d'autres termes, il nous manque encore pour l'Afrique les preuves que l'on croit avoir trouvées en Europe, de l'existence qui rattache l'une à l'autre la géologie et l'archéologie. Or si les travaux des hommes dataient de la même époque que les débris d'animaux fossiles que l'on rencontre dans l'Afrique méridionale, le géographe voyageur parfaitement convaincu de l'antiquité de la formation du sol, serait obligé d'admettre que quoique le nègre remonte par son origine à une époque aussi reculée, i] est resté fort stationnaire en fait de civilisation, comparé aux races caucasique, mongolique , aux Peaux-Rouges de l'Amérique, ou même aux peuplades de la Polynésie*. >

1. La preuve la plas remarquable de Tinfériorité du nègre comparé à rhabitant de l'Asie, c'est qae tandis que ce dernier a depuis des siècles apprivoisé Téléphant et Ta rendu fort utile à Tbomme , le nègre s'est contenté de le tuer pour en tirer de la nourriture ou de Tivoire.

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