‹ Découverte de l'Albert N'YanzaChapitre 8 sur 73 · Le substantif quinial vient du mot arabe. (^M · texte numérisé non relu

Le substantif quinial vient du mot arabe. (^M

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quantité au Caire; bref, ils sont dispersés à travers toute la paitie de l'Orient qui se livre au commerce des nègres, le Nil Blanc étant le grand entrepôt de ce trafic.

Notre aimable négociant revient ensuite à Khartoum; il donne à son créancier assez d'ivoire pour liquider son emprunt de mille livres sterling, et, devenu ainsi capitaliste à son tour, il conunence des affaires d'une manière indépendante.

Tel était le commerce du Nil Blanc lorsque je me préparai à partir de Khartoum pour découvrir les sources du fleuve. Excepté quelques Européens, tout le monde dans cette ville était en faveur de la traite des nègres, et regardait d'un œil de jalousie les étrangers qui s'aventuraient dans les limites de leur terre sainte ; — terre consacrée à l'esclavage, à toutes les abominations, à tous les crimes que l'homme peut commettre.

Les employés seuls prétendaient s'opposer à Te^clavage; cependantiln'y avait pas de maison à Khartoum qui ne fût pleine de malheureux captifs, et les officiers égyptiens avaient l'habitude de recevoir une portion de leur paye en esclaves, précisément d'après le système suivi sur les bords du Nil Blanc par les négociants et leurs subordonnés. Les autorités égyptiennes regardaient l'exploration du Nil Blanc par un voyageur européen comme une violation de leur territoire à esclaves, fondée sur l'espionnage, et ils m'opposèrent toutes sortes d'obstacles.

Prévoyantde grandes difficultés j'avais obtenu avant de quitter rÉgypte, un firman du vice-roi Saïd-Pacha, à la requête de sir R. Colquhoun, agent de Sa Majesté Britannique ; mais Mousa Pacha, gouverneur général du Soudan, ne voulut tenir aucun compte de ce document. Sous le misérable prétexte que ce firman s'appliquait à la juridiction du pacha et au Nil, tandis que le Nil Blanc n'était véritablement pas connu comme étant le Nil, mais seulement la Rivière Blanche, Mousa me refusait des embarcations et des secours de toute nature.

Pour organiser une entreprise qui avait jusqu'ici résisté aux efforts du monde entier, il me fallait choisir soigneusement mes aides, et j'envisageais avec désespoir la perspective qui s'ouvrait devant moi. Les seuls individus que je pusse me procurer étaient ces misérables bandits de Khartoum, habitués par le commerce du Nil Blanc au meurtre, au pillage, et excités, non par l'esprit d'aventures, mais par le désir du butin ; me metti e

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en route avec de tels compagnons semblait un acte de folie. Il y avait une difficulté encore plus grande en ce qui concerne le Nil Blanc. Depuis nombre d'années la traite abominable des esclaves et les horreurs qui en résultent avaient dépeuplé, comme la peste, les districts habités paries nègres; les diverses tribus étaient à un tel degré d'exaspération, qu'après avoir autrefois été favorablement disposées pour les étrangers, elles regardaient tout nouveau venu en ennemi.. L'exploration des sources du Nil devenait ainsi une marche à travers un pays hostile, etne pouvait se réaliser qu'au moyen d'une forte escorte d'hommes bien armés. Pour les commerçants la difficulté n'était pas grande, car ils prenaient l'initiative des hostilités, et avaient établi des camps conmie points d'appui ; mais la seule alternative qui s'offrait au simple voyageur était de marcher en avant, sans pouvoir laisser un jalon protecteur derrière lui. Si les autorités ne venaient pas à mon secours en m'accordant des hommes habitués à la discipline, j'avais peu d'espérance de succès; j'écrivis donc au consul anglais à Alexandrie, le priant de demander pour moi quelques soldats et quelques bateaux afin de m'aider dans une entreprise de cette nature. Après plusieurs mois d'une attente nécessitée par Téloignement de Khartoum, je reçus enfin une lettre d Ismaël-Pacha (le vice-roi actuel) qui gouvernait en l'absence de Saïd-Pacha. — 11 répondait à ma demande par un refus.

Il n'y a rien, je l'avoue, qui me plaise autant qu'un obstacle véritable. J'avais remarqué tout d'abord que les autorités égyptiennes n'aimaient pas à encourager les tentatives des Anglais pour explorer les districts à esclaves; en effet, le grand jour projeté sur ces régions ne peut que nuire au commerce, et amener aA'ec les gouvernements européens des communications par suite desquelles le trafic des esclaves doit disparaître à la longue. Il était donc pour moi de la dernière évidence que tout serait essayé pour arrêter le départ de mon expédition. Cette opposition ajoutait du piquant à mon projet, et je résolus que rien ne m'empêcherait d'y donner exécution. Je me mis donc énergiquement à l'ouvrage. J'avais pris la précaution de me munir d'un bon sur la trésorerie à Khartoum pour tous les fonds qui me seraient nécessaires, et comme l'argent comptant produit des miracles dans ce pays de crédit et de délais, en

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quelques semaines j'étais prêt à partir. Je frétai trois bâtiments, savoir, deux grands noggors ou bateaux à voiles, et une de ces barques pontées avec de confortables cabines, connues de tous les touristes qui fréquentent le Nil sous Je nom de Dahabié.

Les préparatifs d'un tel voyage ne sont pas une bagatelle. Il me fallait une escorte de quarante-cinq hommes armés et quarante matelots, ce qui, en ajoutant les domestiques, etc., faisait monter la troupe à quatre-vingt-seize individus. De Kliartoumà Gondokoro où le Nil cesse d'être navigable, la distance, me disait-on, était de quarante à cinquante jours; mais des provisions pour quatre mois m'étaient nécessaires , car après nous avoir débarqués, mes compagnons et moi, les bateliers devaient retourner à Khartoum avec les navires. Espérant rencontrer l'expédition de Speke et de Grant, je chargeai une quantité supplémentaire de blé, faisant un total de cent urdeps (un peu plus de 400 boisseaux). J'avais disposé les bateaux de manière à pouvoir embarquer vingt et un ânes, quatre chameaux et quatre chevaux; de la sorte j'espérais pouvoir me passer de porteurs, les moyens de transport formant la grande difficulté. Selles, bâts, tout fut confectionné sous ma surveillance personnelle ; pas la moindre bagatelle ne fut négligée dans les arrangements nécessaires au succès.

Dans tous les détails je fus très -redevable à l'énergie d'an charpentier allemand, Johann Schmidt, brave garçon que j'avais engagé à m'accompagner comme homme de confiance. Je l'avais autrefois rencontré à la chasse sur les bords du Settite dans le pays de Basé ; il achetait aux Arabes des animaux vivants pour le propriétaire d'une ménagerie en Europe; c'était un fin chasseur, homme énergique et courageux ; parfaitement sobre et honnête. Hélas I « l'esprit est prompt, mais la chair est faible'; > une toux violente, sa maigreur, sa respiration difficile me faisaient soupçonner une maladie des poumons. Il dépérissait à vue d'œil, et j'essayais de le déterminer à ne pas s'avanturer dans un voyage tel que celui que je ma disposais à faire. Rien ne pouvait le convaincre que sa vie était en danger; le climat de Khartoum, se figurait-il, était plus malsain que celui du Nil Blanc, et le voyage rétablirait sa santé. Plein de bons senti-

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