‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècleChapitre 7 sur 38 · LEIF LE FORTUNÉ · texte numérisé non relu

LEIF LE FORTUNÉ

Leif à la cour d'Olaf Tryggvason . — Il se fait baptiser et revient en Groenland avec un prêtre norvégien, — Il achète le navire de Bjarn. — Erik ne peut l'accompagner. Découverte du Helluland, du Markiand, du Vinland. — Leifsbudir. — Prise depossession. — Excursions. — Un allemand trouve duraisin. La nouvelle contrée est nommée Vinland. — Retour — Sauvetage de Thorer et de Gudrida. — Introduction du christianisme en Groenland.

RiK le Rouge avait eu deux fils de sa femme Thorhilda: Thorstein et Leif. Ils donnaient l'un et l'autre de grandes espérances.

Thorstein restait habituellement près de son père.

Leif était de haute taille, robuste, beau, prudent et modéré '. On peut ajouter qu'il aimait les longues courses en

' Snorre Sturlesons, Heimskringla, t. i, Saga af Olaji, cap. cvi. p, SoQ.

mer et rêvait la gloire qui s'attache au nom des découvreurs. Vers la fin du x^ siècle, il se trouvait à la cour de Norvège '. Olaf Tryggvason régnait alors. Chrétien depuis peu et plein de zèle, il s'efforçait, par des tournées apostoliques, de remplacer les autels d'Odin par des temples à sa divinité nouvelle. Malheureusement, comme cela s'est trop vu, il demandait à l'épée les conversions qu'il ne pouvait obtenir par la parole ^. Reconnaissant en Leif un homme instruit et résolu, il l'estima beaucoup, le traita très-gracieusement, et mit tant de persistance et d'onction à lui prêcher la « bonne nouvelle « que le jeune homme finit par se faire baptiser avec tout son équipage ?.

Au printemps de l'an looo, Olaf fit prêcher le christianisme en Islande par Gissur le Blanc et Hjalti Skeggeson. Déjà plusieurs missionnaires avaient parcouru cette île; mais moins prêtres que pirates, maniant mieux et plus volontiers l'épée que la parole, ils s'étaient fait chasser pour quelques meurtres. Olaf, furieux de leur insuccès, annonça qu'il mettrait i\ mort tous les Islandais en son pouvoir si l'île ne se convertissait pas à la voix des deux nouveaux apôtres.

' Particula de Eiriko Rii/o, pp. 20-25.

2 Le Bas, Histoire de Norvège^ collection de V Univers pittoresque^ p. 5i I.

5 Particula de Eiriko Rufo^ pp. i5, 16. — Historia Olavi Tryggvii filii, pars. post. cap. 221, p. 202. — Snorre Stur- LESONs, op. cit., cap. cm, p. 291. — Historia Thorfinni Karlsefnii., ap. Kakn, p. 117.

Ces moyens de persuasion, qui se reproduisent toujours et partout, brutalement ou hypocritement, selon les temps et les lieux, eurent ici peu d'effet. Mais Gissur et Hjalti, plus habiles que leurs prédécesseurs, conquirent pacifiquement l'Islande au christianisme.

Peu de temps après le départ des deux apôtres, Olaf chargea Leif d'une mission semblable pour le Groenland et le fit accompagner par un prêtre et quelques hommes sacri ordinis '.

Depuis le voyage de Bjarn, les Groenlandais se préoccupaient beaucoup des pays aperçus au sud-ouest. Leif entra dans leurs vues, acquit le vaisseau de Bjarn, enrôla trente-cinq hommes et pria son père de commander l'expédition «parce qu'on se fiait beaucoup à sa prudence et à sa fortune ». Erik prétendit que son grand âge ne lui permettait plus d'affronter les fatigues de la mer. Vaincu par les instances de son fils, il finit cependant par accepter.

Les rites odiniques donnaient à croire qu'on jouissait

' Historia Olavi Trj'ggvii Jîlii, pars, post., cap. 228, pp. 2 17 et seq. — Snorre Sturlesons^ op. cit., cap. cm, p. 3o3, cap. civ, p- 3o3. — Historia Thorfinni Karlsefnii.^ pp. 117, 118. — Christni Saga, citée par Ampère, Littérature et Voyages, pp. 41 1-415. Th.Torf.eus, Gro/a?Jcfza arîfz^t/a, cap. vu, pp. 127-129. — D'après la Saga de Thorfinn, un accident de mer aurait porté Leif de Norvège en Amérique. Rafn, avec raison, ce semble, préfère à cette version celle des Particules de Grœnlaniis. (V. Antiquitates Americanœ, p. 118, notea).

dans le Valhalla des richesses mises en terre. Erik, ne comptant plus sur de longs jours, eut soin de cacher de l'or et de l'argent, puis se rendit à cheval au lieu d'embarquement. Sa monture s'étant abattue, il se fit, en tombant, une grave blessure. « La Fortune, y> dit-il alors, « ne me permet point « de nouvelles découvertes; nous ne ferons pas plus long- « temps route ensemble «. Il reprit le chemin de sa demeure et dit à Thorhilda « de déterrer ses richesses, parce « qu'il avait perdu sa peine à les cacher ' ».

Leif, avec ses trente-cinq hommes, sans autre moyen de direction que les étoiles et les souvenirs de Bjarn, qui l'accompagnait, confia sa fortune aux caprices de l'Océan.

Il se dirigea sur la dernière terre vue par son compagnon, la retrouva, jeta l'ancre et débarqua. Ainsi que l'observe Kohi, il ne s'agissait plus du voyage d'un fils à la recherche de son père, mais d'un véritable voyage de découverte.

Leif vit une contrée unie, pierreuse, désolée, fermée à l'horizon par des montagnes de glace, et lui donna le nom de Helliiland (Terre Pierreuse). Dans cette plaine, dit M. d'Avezac, « l'érudition moderne a cru reconnaître Terre- Neuve ^ ».

' Particula de Grœnlandis^ pp. 27, 28. — Snorre SturlebONS, op. cit., cap. cvi, p. 3oG. — Hisîoria Thorfinni Karlsefnii; p. 121. — Th. Torf^us, Historia Vinlandia.' atitiqua^, p. 4.

2 M. d'Avezac, Brève et succincte introduction historique au Bref récit et succincte narration de la navigation faite en f^Dxxxv et MDxxxvi par le capitaine Jacques Cartier, etc. Paris,

Quelques jours après, le fils d'Erik mit le cap au sudouest, sur la seconde terre que Bjarn avait signalée. La côte en est basse et forme des monticules de sable très-blancs, derrière lesquels d'immenses forêts étalent des dômes de verdure remplis de chants d'oiseaux. Il l'appela Markland (Terre Boisée). C'est notre Acadie, devenue la Nouvelle- Ecosse des Anglo-Saxons ' .

Il reprit la mer et atteignit, en deux jours, par un bon vent de nord-est, une île u près de laquelle une péninsule « s'avançait à l'est et au nord, comme on voit aujourd'hui

Tross, i863, f. ùj. — Th. Torf^us, Historia Vinlandicv antiquœ, p. 5.

« Divers faits donnent à penser que ce pays était l'île de Terre-Neuve, qui est à 120 myriamètres du Groenland. Or, on peut évaluera 22 myriamètres la distance que parcouraient en un jour les anciens navigateurs Scandinaves. Biarne, qui avait été pousse par un fort vent, avait bien pu faire en quatre jours la traversée de Terre-Neuve à Heriulfsnes (aujourd'hui Ikigeit). Cette île est encore couverte de bancs de roches où les arbres et le gazon ne peuvent croître». (M. E. Beauvois, op cit., p. 14 note i).

' M. d'Avezac, op. cit., f. il). — Rafn, Mémoire sur la découverte de r Amérique au 10^ siècle, p. 16. — Kohl, op. cit., p. 64. — « C'est la Nouvelle-Ecosse qui est en effet au sud-ouest du Helluland, à trois jours de navigation (67 myriamètr;.s),qui est généralement basse et plate sur la côte, bordée de sable blanc et boisée à l'intérieur ». (M. E. Beauvois, op. cit., p. 14. note 2).

« le cap Cod dépasser au nord-est l'île Nantucket ' «.Il s'engage dans le détroit, peu large, qui sépare la terre ferme des îles Nantucket et Martha's Vineyard. Les deux rives en sont basses et couvertes de grandes pierres plates ^.

Il entre dans la baie de Rhode-Island, longe l'île du même nom, et, sans attendre la haute mer, remonte Pocasset- River, qui sort du Mount-Haup Bay.

Aussitôt débarqué, il prend possession du sol avec les cérémonies ordinaires aux Scandinaves. Tandis que plusieurs de ses compagnons allument un grand feu dont les rayons indiquent les limites de son nouveau domaine, d'autres partent, hache en main, et marquent leur passage par des signes sur les arbres et les rochers. Il construit ensuite de vastes bâtiments en planches qu'il appelle de son nom Leifsbiidir ou maison de Leif ?.

Dans le fleuve et le lac il trouve en abondance de trés-

1 M. d'Avezac, op. cit.., f. lij. — Nantucket ou bien Martha's Vîneyard, situées au sud du cap Kialarnes (aujourd'hui cap Cod) et à 3o myriamètres au sud-ouest de la Nouvelle- Ecosse. On y trouve du miclat ». (M. E. Beauvois, op. cit., p. 14, note 3).

2 Lettre de M. Fugl., du 20 janvier 1S40, citée par M. Mostig dans les Mémoires de la Société royale des Antiquaires du Aord., 1840-1843, p. 8.

3 Th. ToRFyEUS, Historia Vinlandiœ antiqua^ pp. S-j. — Particula de Grœnlandis, pp. 3i, 32. — M. d'Avezac, op. cit., f. iij. — KoLH, op., cit., p. G5. — Gefi-rov, f Islande avant le Christianisme, p. 16, cité par M. Galîarel.

beaux saumons. Le climat est si doux qu'on laisse en liberté tout le bétail. La gelée se fait à peine sentir et le gazon ne perd presque pas de sa fraîcheur en hiver '.

Ses constructions terminées, il en fait explorer les environs. Chaque jour il met en campagne la moitié de ses hommes en leur recommandant de ne point se séparer et de revenir coucher au cantonnement.

Un soir, l'un des explorateurs ne revint pas. C'était un allemand, du nomdeTyrker, ancien serviteur d'Erik, «avec qui Leif, petit enfant, avait souvent joué ».Leif, trés-affligé, réprimanda sévèrement ses compagnons et se mit en route avec douze hommes, à la recherche du vieil allemand. Il le trouva dans les environs du cantonnement ^. « Pourquoi, « mon nourricier, « lui dit-i'v« viens-tu si tard ? Pourquoi « as-tu quitté tes compagnons? » Tyrker répondit en alle-

' << Au rapport des topographes modernes, le même pays jouit d'une température si douce que la végétation souffre rarement de la sécheresse. On l'appelle le Paradis de l'Amérique, parce qu'il est autant favorisé pour la situation que pour le sol et le climat ». (M. E. Beauvois, op. cit., p. i5, note 2.)

2 M. E. Beauvois observe très-judicieusement que l'auteur de la Saga d'Erik crut orner son récit en l'amplifiant de détails maladroitement choisis. « Il a voulu peindre, dit-il, quelques effets de l'ivresse, ignorant que le jus de la vigne ne devient capiteux que par suite de la fermentation. Son erreur en ce point est d'autant plus excusable qu'il n'avait apparemment jamais bu de vin ni goûté de raisin ». (M. E. Beauvois, op. cit. p. 109, note I.)

mand. Les Scandinaves m le comprenant point, il leur dit dans la langue du Nord: « Je ne suis pas allé bien loin; « je vous apporte cependant quelque chose de nouveau : j'ai « découvert des vignes chargées de raisin! « — « Dis-tu tt vrai, mon nourricier, « s'écrie Leif. — « Je suis sûr de « dire très-vrai, car, dans mon pays, il y a des vignes en « abondance ' «.

Il ne se trompait pas. La vigne croît spontanément dans le Rhode-Islandetdonne une grande quantité de gros raisin bleu, très-charnu, mais aigre ^. Leif fut si frappé de cette production et des circonstances romanesques qui en accompagnèrent la découverte, qu'il baptisa la contrée du nom de Vinland (Terre du Vin) .

Cette particularité aida beaucoup à faire connaître en Europe la découverte du Vinland. Dans le cours même du XI® siècle, Adam de Brème l'apprenait de Svein, fils d'Atride, roi de Danemark 3.

Dans les premiers jours de l'an i oo i , Leif chargea son navire de bois 4, de raisin, de peaux et se tint prêt à partir.

' Particiila de Grcenlandis^ p. 32-36. — Snorre SturlesoNS, 0/». ci7., cap. cvi, cvu, pp. 309, 3 lo. — Th. Torf.cus, Historia Vinlandiœ antiquœ^ pp. 7, 8.

2 On ne mange pas de ce raisin à son état naturel parce qu'il est peu délicat. L'espèce particulière au nord de l'Amérique lui est bien supérieure. (Mévioires de la Société royale des Antiqtiairei du Nord, 1840-1843, p. 8.)

5 Adam. Bremens., Historia ecclesiastica^ cap. 24G, p. i5i.

4 Ce bois était l'érable ou Masur. « Masur s. viasur-tre ve-

D'après les observations qu'il fit, le jour le plus court du Vinland commençait à sept heures et demie et finissait à quatre heures et demie, ce qui lui donnait une durée de neuf heures '. Cette observation s'accorde avec les données géographiques et les récits des chroniqueurs pourplacer Leifsbudir près de Providence, par 41" 24' 10" de latitude nord -.

Au printemps, quand les vents furent favorables, il reprit la mer.

En vue des montagnes du Groenland, il aperçut dans le lointain un roc ou un navire sur lequel on distinguait des hommes qui faisaient des signaux de détresse. Il s'en approcha et recueillit à son bord quinze norvégiens commandés par Thorer, premier mari de la fameuse Gudrida.

teres dixere aceris quandam speciem, sive betulx nodoscC, qucE magni apud eos pretii habebantur, canthares, poculis, cultrorum manubriis aliisque rébus fabricandisapta ». (Snorre Stur- LESONS, op. cit., cap. cvii, p. 3i I, note d).

Rafn pense que ce bois est le même que Vacer riibrum ou acer saccharininn, nommé par les Anglais Bird's eye (œil d'oiseau) ou ciirled maple (érable bouclé). L'intérieur, dit-il, en est marbré, ce qui le rend très-propre à la confection des meubles. Les anciens Scandinaves l'estimaient beaucoup. {Découverte de V Amérique au 10^ siècle., pp. 21, 22).

Harald Hardrade, roi de Norvège, oflFrit à Thorer Steig une petite jatte faite de ce bois et garnie d'anses et de bandes en argent doré. (Snorre Sturlesons, op. cit., cap. cxu, p. 325).

' Snorre Sturlesons, op. cit.^ cap. cvi, p. 809. — Particula de Grœnlandis., p. 02.

2 Rafn, Découverte de V Amérique au lO" siècle, pp. 23-26.

Ce sauvetage et la découverte de Vinland-la-Bonne lui valurent dans la suite le surnom de Fortuné. « Ainsi, » dit un ancien, « son voyage ne lui rapporta pas moins d'hon- « neur que de profit ' » .

Erik ne croyait pas que son fils eût mérité le surnom de Fortuné, n Leif, disait-il, « a sauvé quelques naufragés « d'une mort certaine, mais U a transporté en Groenland un u méchant homme (le prêtre norvégien) ».

La Sagad'OlafTryggvason ajoute qu'ilcédacependantaux instances de Leif et reçut le baptême en même temps que toute la colonie -. L'auteur des Particula prétend à tort, ce semble, qu'Erik mourut avant l'introduction du christianisme en Groenland >.

D'après la Saga de Thorfinn, Leif présenta cette religion

I Particula de Grœnlandis, pp. 26-39. — Rafn, Antiquitates americanœ^ pp. 191, 192. — Snorre Sturlesons, op. cit., cap. cvu, pp. 3i I, 3i2. — Th. Torf.eus, Historia Vinlandice antiques, p. 9.

* (I Sed Eirikus, patcr cjus (Lcifi), constare dixit Lcivo rationem, qui naufrages quidcm servasset et a morte libcrasset, sed noxium hominem (sic presbyterum appellavit) sccum in Grœnlandiam deportasset; consilio tamen et hortatu Leivi Eiririkus omncsquc Grœlandicie incolae baptisati sunt ». {Historia Olavi Tryggvii filii., pars, post., cap. 23 1, pp. 229, 23o. — Cf. Rafn, Antiquitates americanœ., pp. 193, 194).

5 « Eo tempore (1004) Grccnlandis christiana crat facta, Eirikus tamcn Rufus antc introductam rcligioncm christianam mortuus est. » {Particula de Grxnlandis, p. 46).

sous le patronage d'Olaf Tryggvason, en exalta la gloire et les mérites, se tut sur les moyens employés pour assurer sa prépondérance en France, en Allemagne, en Scandinavie, partout où le pouvoir civildésira son triomphe. Erik résista. Sa raison le portait sans doute vers les croyances de son fils, mais l'habitude et le respect des ancêtres l'enchaînaient aux divinités que les Scandinaves avaient apportées du fond de l'Orient.

Thorhilda, sa femme, reçut, au contraire, la « Bonne Nouvelle » avec enthousiasme, construisit, dans le voisinage de sa demeure, une église qui prit son nom ' et refusa de partager la couche de son mari. Ce dernier excès de zèle se produisait fréquemment dans les premiers siècles du christianisme. Il réussissait quelquefois, mais souvent il rompait les liens de la famille. En le conseillant à Thorhilda on commit une grave imprudence. Les anciens Scandinaves ne professaient pas la monogamie. Erik avait épousé, en même temps, Thorhilda, fille de Jorund, et Thorbjarga Knarrarbringa, qui, dans la suite, épousa Thorbjorn Kœdalens 2. 11 pouvait expulser sa femme et les chrétiens. Heureusement il chancelait dans sa foi et la conduite audacieuse de Thorhilda détermina peut-être sa conversion ?.

' Cette église est peut-être celle dont Hayes vit les ruines, en 18G9, à Krakortok. {La Terre de désolation, ap., Le Tour du Monde, t. xxvi, liv. 652, p. 7).

2 Historia TJiorJinni Karlse/nii,pp. 89, 90.

3 Historia Thorjinni Karlsefnii, pp. 119, 120. — Th. Tor- FiEUS, Historia Vinlandiœ atitiquœ, pp. 3o-33. — Torfceus dit

Comme on le verra au chapitre suivant, la maison d'Erii^ fut chrétienne deux ans au plus après l'arrivée du prêtre norvégien.

ailleurs, Gronlandia antiqua^ p. 242, sous la date de Tan 1000 : « Gronlandia Leifo Eirici Rufi filio ad christianam fidem con- « versa est. >> Ce passage n'affirme pas la conversion d'Erik, mais il permet de croire qu'elle ne se fit pas attendre.

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