‹ Découverte de l'Amérique par les Normands au Xe siècle [microforme]Chapitre 12 sur 78 · TT ET PU · texte numérisé non relu

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Ce fait est confirmé par Dicuil, écrivain du commencement du 1x° siècle. Après avoir fait la description de Thile, qu'il confond avec l'Islande, « deux clercs, » dit-il, « m'ont « raconté, il y a trente ans, qu'ils avaient séjourné dans « cette île des Kalendes de février au Kalendes d'août ! ».

Humboldt pense que les Papæ des Sagas sont les crerici de Dicuil 2.

Deux ans après le voyage de Naddod, le suédois Gardar, fils de Svafar, se rendait aux Hébrides. Dans le golfe de Petland il fut pris par les vents et porté sur les côtes d'islande. Il fit le tour de cette île, v remarqua de grandes forêts 3 entre les montagnes et la mer, construisit des baraques et passa l'hiver dans la baie d’Husavika (baie des maisons). Il repartit au printemps pour la Suède, laissant dans l’île, par suite d’un accident de mer, Hattfar, un esclave et une serve. Il remplaça le nom de Snœæland par celui de Gardarsholm (ile de Gardar) 4.

Floki-Rafna, pirate célèbre, qui croyait descendre de Goa, sœur de Nor, le fondateur mystique du royaume de

! Dicuiz, op. cit., p. 29.

2 HuMmBOLDT, op. cit.,t. 11, p. 91.

3 De grandes forêts en occupaient jadis les vallées méridionales. Elles furent malheureusement dévastées. On n'y trouve maintenant que quelques bois de bouleau et beaucoup de broussailles (MALTE-BRUN, op. cit., liv. our, t. v, p. 50. — Horke- BROWS, Op. Cit., t. 1, PP. 115-121).

4 Islands Landnamabok, pars 1, cap. 1, pp. 6, 7. — Historia Olavi Try ggvii filit, pars prior, cap. 114, pp. 261, 262.

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Norvége !, partit des Feroë dans l'intention de retrouver Gardarsholm et d'y fonder une colonie. Il avait pour compagnons Herjolf, Thorolf et un suédois du nom de Faxi. Dans le golfe de Smiorsund, il célébra un grand sacrifice et consacra trois corbeaux, comme les marins du Nord le faisaient habituellement quandleur intention était de naviguer au hasard de la vague et des vents.

Il se rendit aux Shetland, de là aux Feroëet prit enfin la pleine mer. Quand il se crut dans le voisinage de Gardarsholm, illâcha les oiseaux. Le premier s’éleva, chercha un instant sa route et partit dans la direction des Feroë. Le second vola quelque temps et revint au navire. Le troisième se dirigea au nord-ouest. Floki le suivit, découvrit la terre, en parcourut longtemps les côtes et débarqua dans le golfe de Vatnsfjord, qu'il trouva très-poissonneux. Son équipage y vécut dans l’abondance, mais il négligea d'approvisionner de l'herbe, et l'hiver, qui fut très-rigoureux, emporta tout son bétail.

Il avait profité des loisirs de l’hiver pour gravir une montagne et se faire une idée de la topographie du pays. La mer lui parut couverte de glaces flottantes, la terre bouleversée par les feux intérieurs, percée de fontaines d’eau bouillante, couverte en partie de neiges éternelles, agitée sans cesse de convulsions terribles: il jugea que les dieux euxmêmes la condamnaient à une stérilité perpétuelle. I] lui donna le nom d’/celand (Terre de Glace), dont nous avons fait improprement /slande.

! VVHEATON, Op. cit, Ch. 11, pp. 23, 24.

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