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« Quand l'ennemi viendra, on fera marcher le taureau en « avant ! ».
Les Skrellingsarrivent en poussant le cri de guerre; Karlsefn fait arborer le bouclier rouge. Ils lancent une pluie de flèches et se servent de frondes. Au moyen d’une espèce de baliste, ils projettent au loin avec bruit une énorme pierre bleue que le chroniqueur compare, pour la forme, à la poitrine d’un mouton. Par suite d’un effet de mirage, les Normands crurent voir derrière eux une troupe ennemie aussi nombreuse que celle qu’ils combattaient 2. Tout en se dé-
‘ Historia Thorfinni Karlsefnii, pp. 148-151, 179-182. — Particula de Grænlandis, pp. 59-63 — SNORRE STURLESONS, op. cit., cap cx, pp. 319-321.
2 Une illusion du même genre a été observée par un savant moderne dans la contrée que l’on suppose avoir été le théâtre de ces événements. « En traversant les déserts du cap Cod (Kialarnes et Furdustrandir des Scandinaves), » dit Hitcheock, dans î Report onthe geology of Massachusetts, « j'ai remarqué un : singulier effet de mirage. A Orléans, par exemple, il me semblait que nous montions un angle de trois ou quatre degrés, et je ne fus convaincu de mon erreur que lorsqu’en me retournant je remarquai qu'une pareille inclinaison avait lieu sur la route que nous venions de parcourir. Je n’essaierai pas d'expliquer cette illusion d'cptique: j'observerai seulement que c'est un phénomène du même genre que celui qui a frappé M. de Humboidt dans les pampas de Venezuela, Autour de nous, ditil,
toutes les plaines semblaient monter vers le ciel. » C’est peutêtre à cause de cette circonstance que les Scandinaves avaient donné au cap Cod le nom de Furdustrandir (rivages merveil-
leux). (M. E. Beauvois, op. cit., p.43, note 1). |
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