JEAN LIÉGOIS FRÈRE COADJUTEUR
trouve rien à souper que ce qu’on y apporte. Dieu donna un nouvel abrià ces nouveaux hôtes, ilneigea tant toute la nuit, qu’ils étaient couverts et ensevelis dans la neige de tous côtés. Ces travaux, qui paraïssent grands en France, passent ici pour légers ; en effet on les souffre sans peine. Le jour venu, la malade se confesse, on la lie sur une petite traîne, notre frère Liégeoïs et ce bon jeune sauvage la tirent et la poussent tant qu'ils peuvent ; mais comme le temps était fâcheux et qu’elle avait beaucoup enduré, elle mourut avant d'arriver à l'hôpital. Si ces actions touchent les sauvages, elles touchent aussi le Ciel, qui dat nivem sicut lanam, qui fait trouver un manteau de neige aussi chaud qu’un manteau de laine.”
Voilà où l’amour de son semblable poussait le Frère Jean Liégeois.
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Le Père François du Peron, apôtre des Hurons
Le Père François du Peron est considéré, à juste titre, comme l’apôtre des Hurons : car c’est surtout au milieu de cette tribu qu’il a exercé son ministère, pendant les vingt-sept années qu’il passa au Canada. Il était né à bte le 26 janvier 1610, ct était entré dans la Comprgnie de Jésus, À Dé, le 23 février 1627. Ait son noviciat, il fit trois ans de philosophie à Dôle et professa ensuite la troisitine au collège de cette ville, puis la quatrième et la troisième à Vesoul, et enfin la troisième à Lyon. Sa régence terminée, il étudia la théologie, deux ans, à Lyon, tout en exerçant les fonctions de surveillant au Pensionnat de la Trinité, et, sur sa demande, il partit, le 1er mai 1638, pour la mission du Canada. Peu de temps après son arrivée dans la colonie, il fut envoyé au pays des Iurons, à Ossossané, principale bourgade des Attignawantons, ou nation