‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 12 sur 258 · L’HYDROGRAPHIE F R ANC O- AM E RICA IN E · texte numérisé non relu

L’HYDROGRAPHIE F R ANC O- AM E RICA IN E

est de môme des ingénieurs géographes et de marine, Sainte-Colombe à La Rochelle. De Combes à Dunkerque, le célèbre La Fabvolière, à Rochefort, etc.

A l’exception de Jean-Baptiste Franquelin et de Joliet, dont la chaire était à Québec et qui pour cette cause semblent avoir limité leur programme à l’hydrographie de la Nouvelle-France et de la région adjacente, c’est en dehors de l’enseignement officiel qu'il faut chercher, parmi les cartographes français, des tracés de Terre-Neuve.

Mais où et comnfentles cartographes sédentaires, et c’étaient de beaucoup le plus grand nombre, se procuraient-ils les éléments de leurs travaux ? Cette question est encore plus difficile à résoudre que les autres. On possède fort peu de renseignements et, pour l’ensemble, l’historien en est réduit à des hypothèses.

On a cru qu’à l’instar de l’Espagne où les navigateurs au retour d’expéditions lointaines remettaient à la Casa de Contratacion les cartes ou les épures qu’ils en rapportaient, les pilotes français étaient tenus de déposer aux greffes des amirautés les documents cartographiques recueillis dans leurs voyages. Là, les hydrographes auraient puisé les renseignements nécessaires.

Cette disposition ne s’appliquait qu’au journal du bord. Pas plus dans l’enquête au sujet du voyage de Gonneville au Brésil (i5o3), souvent citée, que dans l’ordonnance de 1G81, il n’est question de cartes marines ou autres. Les compagnons du navigateur honfleurais se plaignirent bien du « piratement des journaux, chartes, papiers, différents pourtraicts et plans » ; mais nous ne les voyons s’excuser auprès des autorités maritimes que de ne « pouvoir bailler aucuns de leurs journaux pour avuoir esté perdus ». Le P. Fournier, se plaignant (1641) que ces dépôts fussent tombés en désuétude ne parle aussi que du « papier journal », et l’ordonnance de Colbert vise seulement « les journaux de navigation déposés au greffe de l’Amirauté, lesquels seront examinés avec soin par les professeurs d’hydrographie et corrigés , en présence des pilotes, qui auront erré dans leur route 1 ». Nous devons dire néanmoins que cette pensée du célèbre ministre remonte à dix ans en arrière et que, dès lors, il mentionnait les cartes pour la navigation. Fine lettre de lui adressée à Colbert du Terron, intendant de la marine, le 18 août 1670, renferme les instructions suivantes : « 11 faut prendre garde de tirer de toutes nos navigations et des journaux qui sont tenus, des connaissances exactes et

par M. de Beaurepaike, p. 199, 206. Jean Caudron dressa des caries puisque son frère, l’abbé Caudrox « hérita de ses cartes et de ses planches gravées ».

1 Pardessus, Collection des lois maritimes; t. IV, p. 335, art. V.

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