C. bertâ
Costa dobrada 14 .
R. de plata 24.
R. primeiro 4.
R. da volta IS.
Arecifes 23.
R. segumdo s.
Môtanhas grandes Ifi.
Los medanos 26.
R. de rrad° 6.
Malha 17.
Anorobegua 27 .
B. dos bertôes.
Alalhadm’s (?).
R. fremoso 7 .
Costa dercita 18.
Un fait à noter, c’est que cette nomenclature ne cessa pas de s’enrichir de noms portugais ; car la carte de Bartolomeu Yelho (i5Gi) en inscrit plusieurs jusqu'alors inconnus.
On ne sait ni par qui, ni quand, ni à quelle occasion la plupart des noms
1 La rivière des esturgeons.
2 Rio clos fundos — la rivière profonde, ou bien Rio dos fumas — la rivière des vapeurs. Thomas Pichon dans ses remarquables Lettres et Mémoires pour servir à l'histoire naturelle, civile et politique du Cap Breton (La Haye et Londres, 1760, in-12, p. 6) décrivant cette région dit : « la grande humidité du terrain s’élève presque continuellement en vapeurs ». On lit aussi dans l’ouvrage du D1 S. E. Dawson, Canada and Newfoundland , London, 1897, p. 170 : « Cape Enfumé, Smoke cape or Bain des fumos, dérivés ils naine from a very curious appearance of smoke ascending from the shore up the face of lhe cliff which led lhe old mariners sailing past to suppose the place was inhabitée! ». A ce propos, voir, supra, p. 121, l’opinion de Santa Cruz.
3 Cap de Breton. Mercalor.
4 La première rivière.
" La seconde rivière.
0 Nous croyons qu'il faut lire ici : Rio de inadeira, r= la rivière du bois de charpente. Alors que 1 hydrographie espagnole ( Mantoue ) inscrit : de huena madré — de la bonne mère, Vallard donne : de bu en a inadeira ~ du bon bois de charpente.
‘ La Belle Rivière.
s Mercator dont cette partie de sa carte de i56g, procède d’une carte analogue à celle de la Riecardiana, donne « S. Michel, p° de la terra ».
9 Anses nombreuses.
10 Rivière de la Baie.
11 Petite baie.
12 Perigo. Mercator — Péril.
,:i R. de la pelcya. Mercator — la rivière du Combat.
14 Rivière qui décrit une courbe ou qui fait un coude ?
13 Rivière du Retour ou du Détour.
16 Hautes montagnes. L’hydrographie espagnole donne ici mon fanas verde — montagnes vertes.
J7 Le Maillet ?
15 Costc droite. Desliens.
19 Rio fondo. Cabot =: Rivière profonde.
20 Coste longue. Desceliers.
21 Costa desierta. Cabot.
22 Nous croyons qu’il faut lire, non la rivière des chiens, ni, comme Mercator : R. de perras = R. des chiennes, mais bien : de peras — des poires.
23 Cabot donne : Costa de don marti. Peut-être faut-il lire : « Costa de Diego Gomez ». Rappelons que « domiz » ressemble à domar — dompter, et que « capreir...s » rappelle 1 idée de bouquin ou de chèvres. L’ Harleyenne donne ici : Coste basse de Dieu ; Desceliers : « Coste de Dieu », suivi de « Gomiz corezizg » (?) voir infra, p. 222.
24 Rivière d’Argent. R. da pria. Mercat. — R. de la Plage.
25 Récifs ou brisants.
26 Les Dunes.
27 C’est la seule carte portugaise où nous ayons rencontré le nom A' Anorohegua ou son équivalent. Voir supra, p. 129.
lusitaniens qu’on relève à l’entrée méridionale du golfe Saint-Laurent et le long de la côte de la Nouvelle-Ecosse sur les cartes portugaises et dieppoises du xvie siècle, furent donnés. Les seuls dont il soit possible de déterminer l’origine se trouvent mentionnés dans les lettres patentes ( Caria de Dociçao ) octroyées par Emmanuel le Fortuné à Joâo Alvarez Fagundes, gentilhomme portugais, le i3 mars laai. On lit dans ce document que le roi ayant promis à Fagundes, par cédule antérieure, la seigneurie des îles et terres qu’il découvrirait, cette condition se trouvant réalisée, S. M. lui octroyait :
La terre dite ferme, à partir de la ligne de démarcation qui sépare les possessions de la couronne de Castille, du côté du Sud, jusqu’à la terre découverte par les Corte-Real; en plus, la baie d’Auguoda fde baignade], sur la côte Nord-Est et Sud-Est, les îles auxquelles Fagundes a donné son propre nom : a que elle pos nome ffagumdas, c’est-à-dire : Sam Ioam , Sam Pedro , Santa Ana et Santo Antonio ; l’archipel de Sam Panteliom avec l ile de Pitiguoem , et les îles des Onze Mille Vierges et l’ile de Santa Cruz, qui est tout près du banc, et une autre île qui s’appelle Santa Ana , aperçue mais non encore revendiquée 1 .
Si ce lexte renferme seulement trois ou quatre noms qu’on retrouve dans les cartes dont nous nous occupons, au moins contient-il des renseignements de nature à expliquer le rôle des Portugais dans l’exploration de la Nouvelle-Ecosse à l’époque des découvertes.
Un premier point à décider c’est où se trouvait exactement la partie continentale attribuée à Fagundes. La première carte qui l’expose est celle de Lazaro Luiz, dressée à Lisbonne en i5G3\ Sur la partie correspondante à la Nouvelle-Ecosse, et, selon l’échelle de ce cartographe, entre /|6° et 54° lat. Nord, on lit : La terra Doo laurador que descobrio Joaom Aliterez. Les noms qui s’y trouvent inscrits sont les suivants :
G. bretaom. Amgraas. Costa de loeste.
Estrecho de Isla. 11° comprido.
Au large est une île dénommée Y* alu are z. Si la carte de Luiz n’est que de 1 5G3, l’ île d Alvarez figure dans des œuvres bien plus anciennes, telles que Freducci, Kunstmann n° IV et Miller n° I, sous le vocable de Ilia (et ) lias) de Johâ esteues , tandis que Vaz Dourado la nomme explicitement : Fagunda. Ajoutons qu’il n’existe en réalité aucune île dans cette position, et
1 E. A. de Bettencourt. Descobrimentos , guer- - Atlas. Acad. roy. des Sciences de Lisbonne.
ras e conquistas dos Portugueses em terras de L’Amérique septentrionale a été reproduite par
Ultramar nos seculos XV e XVI. Lisboa (.s. a. sed M. df. Bettencourt, op. cil. ; l’Amérique du Sud
1 88 1 ) , i u-40, 1. I, p. i3'2-i35. par M. le baron de Rio Branco, op. cit., pi. 16.
LA NOUVELLE-ÉCOSSE
qu’on ne peut la confondre avec lile de Sable, puisque Luiz et Dourado marquent en même temps et plus rapprochée du continent, une île, anonyme dans Luiz, mais nommée par Dourado et nombre de cartographes antérieurs, Sablom. Nous ne voyons dans ces tracés qu’une interprétation graphique, plus ou moins arbitraire, de la croyance répandue au Portugal (et peut-être ailleurs) sur le résultat des entreprises transatlantiques de Joâo Alvarez Fagundes.
Les Espagnols cependant tout en inscrivant sur leurs cartes (Weimar, Ribeiro, etc.) 1 Y' de Juan esteuez ne semblent pas avoir connu l’explorateur portugais. Ainsi le célèbre cosmographe Santa Cruz dans son Islario , dit seulement : « Por cinquenta léguas esta une ysla llamada Joan esterez la quai se disse assi por un piloto que la descubrio assi llamado veniendo a pescar : = A cinquante lieues il y a une île appelée Joan Estevez , ainsi nommée d’après un pilote de ce nom qui la découvrit en allant à la pêche1. » Quoi qu’il en soit, la découverte de cette région, — et c’est le plus imporrant, — était attribuée, au moins par les Français, dès la première moitié du xvie siècle, aux Portugais. Témoin ces vers de Jehan Mallart :
On sait que Fagundes établit sur cette côte îles pêcheries de morue et
Comme isle cl l’aict de la terre aux bretons Passe cest isle iey que dessus marque Tourne la coste au oest et est suesl Jusques à la riuière Nouemberque Tout de nouueau descouverte et celle est Assize par trente 2 degrez et disent Aucuns pillotz qui toutefoys mesdisent Que icy ou trouue ung assez bon passage Car nul lien a encore trouué lusaige
Le long de la coste ainsy comme Ion marque Jusques a la riuiere Novemberque Laquelle lut descouverte nagueres Les portugais avec plusieurs carrières Et despaignols :i
1 Ms. de la Bibliothèque de Besançon , excardinal de Granvelle, f° 57, verso.
le Ms. de la Cosmographie d Alfonse (prototype de Mallart et des Voyages aventureux) porte : « La dicte rivière est par quarante et deux degrez
2 « Passé l'Islc de Saint-Jehan tourne la coste à 1 Oest et Oest Sud-Ouest, iusques a la riuiere de Noremberguc nouvellement découverte qui est à trente degrez. » Les Voyages aventureux du capitaine lan Alfonce, Poitiers, 1 55c ). Mais
:J Premier livre de la description de tous les portz de mer de I univers Ms. Bibliot. nat., franc. i58'a et i3 3yi, et Jean et Séb. Cabot, pp. 222-229.
tenta même de la coloniser J. Jusqu’à plus ample informé nous devons voir dans ce fait le point de départ de la nomenclature portugaise qu’on relève sur la côte orientale de la Nouvelle-Ecosse dans les anciennes cartes portugaises et dieppoises aujourd’hui connues.
Le fac-similé de la mappemonde dieppoise de i5/[6, dite de Desceliers, exécuté par Rembiélinski et inséré dans les Monument s de Jomard, avait fait connaître pour ce littoral une nomenclature nouvelle. La découverte du premier Desliens, qui est la plus ancienne carte connue de cette catégorie, montre qu’en France on possédait au moins dès t5/|I une connaissance plus étendue de la région Sud de Terre-Neuve. Mais ce qui ne laissa pas d’étonner fut d’y voir tant de noms nouveaux, la plupart traduits du portugais ou inscrits dans cette langue même, mais dont rien ne portait à soupçonner l’existence d’après les documents ou les cartes lusitaniennes décrites. En effet, on relève dans ce Desliens, sur la côte de la Nouvelle-Ecosse, à partir de la pointe terminale de l’Ile du Cap-Breton, les désignations suivantes :
IL ceco 1 2.
Montaitnies.
Palmar.
S. clenis.
R. de lundo
Praia.
R. S. mich(el).
Conte darea 6 7.
Picalles 11 .
Baye de peros 3 * *.
Coste droicte (/us).
Castannal 1J.
R. de yella (yllasi.
R. de peros '.
Ansse.
Coste diegontiz s.
R. de montaignes.