G HABERT ET COOK
Les cartes de Terre-Neuve continuent à se multiplier, mais sans présenter de progrès sensibles. On voit apparaître de nouveaux noms. Les progrès néanmoins ne se modifient guère, alors même que ces désignations nouvelles indiquent des atterrages, ou des établissements de dates récentes.
Le fait est que de véritables explorations scientifiques, reliant les résultats partiels en un travail d’ensemble, seules pouvaient établir l’hydrographie de Terre-Neuve sur une base positive. Malheureusement , de telles entreprises ne sauraient émaner que des gouvernements. Or, à l’égard de la France, le traité d’Utrecht (1713), qui ne lui laissait plus que l’usage restreint d’une partie des côtes, pour ses pêcheries , ne pouvait l’engager dans cette voie. L’Angleterre, au contraire, avec cet esprit pratique qui l’a toujours distinguée, ne tarda pas à faire explorer le littoral de son nouveau domaine. Nous regrettons de n’avoir pu trouver de renseignements qu’au sujet des travaux hydrographiques exécutés par le capitaine Henry Southwood, à bord du Swcin , en 1718, pour lever le plan des côtes et des îles du cap Race à la baie de Bonavista, et ceux de John Gandy dans la même année pour la partie située entre le cap Race et le cap Sainte-Marie. Des gouverneurs choisis parmi d’habiles marins , comme lord George Graham et John Byng (1740-1741) durent encourager ce genre d’explorations. Cependant on nous mande de Terre-Neuve que les archives de l’île ne renferment aucun document du siècle dernier sur ce sujet.
Quant à la France, aussitôt le traité d’Aix-la-Chapelle signé (1748), elle s’efforça de reconstituer sa marine, presque entièrement détruite pendant la guerre de la Succession d’Autriche. Elle voulait reprendre Terre-Neuve et
même chasser les Anglais de l’Amérique septentrionale. Sur ces entrefaites,