LE DIX-HUITIEME SIECLE
mêmes de la dernière édition du New/'oundland and Labrador Pilot , publiée sous le contrôle de l’Amirauté anglaise, les instructions nautiques concernant ces régions sont encore prises des levés de Cook et de Lane.
C’est le plus grand hommage qu’on puisse rendre à un travail hydrographique. Toutefois, il ne s’agit ici que des cartes particulières. Quant à celle de l’ensemble de l’île de Terre-Neuve, le mérite, ne peut en être que relatif.
Les temps sont bien changés où Cook et ses successeurs se servaient presque uniquement de la route estimée du navire et des relèvements de la boussole pour retracer les contours des terres. L’hydrographie, dès le dernier quart du xvme siècle, a fait des progrès considérables. Les méthodes, les formules et les opérations trigonométriques de Cassini de Thury, les travaux de Borda, de Fleurieu, de Dalrymple, de Beautemps-Beaupré ; la perfection introduite dans la construction des instruments à réflexion, ont presque renouvelé cette belle science. Aussi les cartes générales, prenant pour base une triangulation précise, comme celles dressées de nos jours, témoignent d’un progrès des plus étendus et incontesté. Décrire ces laborieux relèvements dans leur coordination et leur ensemble (si tant est qu’on en ait fait pour l’île entière), les comparer surtout à la carte totale de Terre-Neuve que Cook dressa en 1769, serait un travail aussi utile qu’intéressant, mais minutieux et technique, dépassant d’ailleurs le cadre que nous nous sommes tracés.
C’est donc l’œuvre cartographique du grand navigateur anglais que nous prendrons pour terme de la présente étude et de nos recherches.