‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 28 sur 258 · DÉCOUVERTE DU CONTINENT PAR JEAN CABOT · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DU CONTINENT PAR JEAN CABOT

solument rien de valeur à ses yeux. Des pays fertiles, de beaux fleuves, des ports sûrs, ne pouvaient en aucune façon le satisfaire, car nul alors ne songeait à planter des colonies dans ce pays. L'aventureux navigateur dut être promptement découragé. Cela se voit, du reste, par son retour après trois ou quatre mois d’absence, bien que l’expédition eût été munie de vivres pour une année1. Le silence absolu des dépêches envoyées d’Angleterre en Espagne et en Italie, celui des historiens et des cartographes, sont aussi des signes non équivoques. Ajoutons le fait que Cabot 11’est plus mentionné dans les comptes de Henry VII comme ayant reçu une nouvelle récompense, et que les lettres patentes octroyées pour un nouveau voyage de découvertes le furent à d’autres que lui ou que ses fils, et même en excluant toute la famille d’une façon quasi formelle 2.

Cabot n’ayant trouvé rien de plus que ce qu’il avait découvert dans sa première expédition, car les côtes des Etats-Unis ne diffèrent guère en été de celles de Terre-Neuve ou de la Nouvelle-Ecosse, Ayala et Puebla n’avaient aucun intérêt à se procurer les épures rapportées du second voyage. On est donc fondé à croire qu'ils n’envoyèrent pas en Espagne de carte postéiieure à celle que Jean Cabot leur avait remise en 1 4f)7 • H s’ensuit que le planisphère de La Cosa expose seulement les résultats géographiques de la première expédition des Anglais au nouveau monde.

1 On comptait cependant sur son retour en septembre 1498, probablement sur l’avis de Cabot qu’en quinze jours au plus il était possible d’aller des côtes d’Irlande aux pays récemment découverts : « non e navigatione de più che xv giorni ». Lettre de Soncino. Jean et Séb. Cabot, doc. X, p. 325.

2 Ces nouvelles lettres patentes, en date du 19 mars i5oi, furent accordées à Wakde, Asheiiurst et Thomas, de Bristol, associés avec des Azoréens. On y lit : « Et quod nullus ex subditis

nostris eos eorum aliquem de et super possessione et titulo suis de et in dictis terris lirmis, insulis et provinciis se aliqualiter contra volunlatem suam expellat quovis modo seu aliquis extraneus aut aliqui extranei virtute a ut colore alicujus concessionis nostræ sibi Magno Sigillo Nostro per antea factse... » Biddle, p. 3i2, et John Cabot the Discoverer , p. 1 4 5 . Or, avant cette date, les seules lettres patentes concédées pour des voyages transatlantiques sont celles qu’HENKY VII accorda aux Cabot.

PLANISPHÈRE DE LA COSA

Décrivons maintenant les contours géographiques qui, dans la carte de Juan de La Cosa, se rapportent aux découvertes accomplies par Jean Cabot, et où l’on doit chercher la première délinéation de Terre-Neuve, si tant est qu elle s’y trouve *.

La Cosa trace à l'Ouest des Antilles le littoral d’un continent, lequel présente d’abord un golfe largement ouvert, commençant à une pointe située à peu près par la latitude septentrionale de Cuba et se terminant au Nord par un promontoire, à proximité de deux îles, dont une très grande. A partir de ce promontoire, la côte se dirige à nouveau vers le Nord en formant un autre golfe, beaucoup plus petit que le premier, pour continuer droit à l’Est, jusqu’à un cap, où elle tourne encore une fois, brusquement dans la direction du Nord. Par une nouvelle inflexion la côte se prolonge franchement vers l’Est sur une vaste étendue. Enfin elle tourne, plus brusquement encore, vers le Septentrion en formant un grand coude. C’est entre le dernier cap précité et ce coude que Juan de La Cosa place les découvertes des Anglais, c’est-à-dire celles de Jean Cabot, bornées dans la carte du pilote basque par un pavillon d’Angleterre à chacune de ces deux extrémités.

A l’Ouest se trouve la légende : Mar descubierta por I/tglese (« mer découverte par les Anglais »). Viennent ensuite trois autres pavillons anglais et une nomenclature de dix-huit noms, dont le premier, en émergeant de ladite mer, à l'Est, est Cauo descubierto (« le cap qu’on a découvert ») et le dernier dans cette direction, Cauo de Inglaterra (« cap d’Angleterre »). Tout près de l’extrémité orientale on lit : C. fastanastvc.

Fastauastre 2 n’a aucun sens dans n’importe quelle langue. C’est évidem-

1 Voir le fac-similé I ci-joint.

2 Dans le fac-similé de Rembiélinski (i8j4)> cc

mot commence par une lettre qui paraît être au premier abord une s longue, ne différant de Vf

Planche 11,

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