‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 54 sur 258 · MILLER N° I · texte numérisé non relu

MILLER N° I

C’est ce que dit le cartographe de Cantino, preuve qu’il s’agit bien du Groenland et non de ce que nous appelons le Labrador, malgré la grande différence qu’accuse cette configuration dans les deux cartes.

Sur la partie correspondante à Terre-Neuve et à la Nouvelle-Ecosse, se

trouve l’inscription suivante :

« Terrain istam Gaspar Corte Regalis portugalensis primo invenit et secum tulit homines silvestres et ursos albos in ea est maxia multitudo animalium et avium nec non et pescium qui anno sequenti naufragium perpessus nunquam redunt (sic) et iratri ejus Micaele anno sequenti contigit. »

« Cette terre fut d’abord découverte par Gaspar Corte-Real, Portugais. R en ramena des hommes sauvages et des ours blancs b On trouve beaucoup d’animaux, d’oiseaux et de poissons. L’année suivante, il y fit naufrage et ne revint pas. Son frère, Miguel, l’année d’après, eut le même sort. »

La troisième carte de cette catégorie est celle que nous avons nommée d’après Eugène Miller, son dernier possesseur2.

Dans cette carte, la configuration de Terre-Neuve relève du prototype ou d’un dérivé de Reinel, mais en accusant un progrès notable.

De profondes échancrures se remarquent à la hauteur de ce qui semble être White Ray, et au commencement de la péninsule (ici fragmentée) qui se termine par le Capo Raso. Toute cette partie est représentée sous forme d’amalgame de grandes îles superposées, et devient par ce fait le prototype de presque toute l’hydrographie dieppoise pour Terre-Neuve. La côte méridionale se prolonge à l’Ouest jusqu’à un grand golfe, comme dans Kunstmann N° IV, mais moins vague et se continuant plus loin dans la direction du Sud-Ouest.

Terre-Neuve est dénommée Terra Corte regalis. Dans la région y attenant au Sud-Ouest et qualifiée de Terra frigicla , se trouve la légende suivante :

« Ista regio a cosmimetris mundus nouus nuncupatur que in occidentali plaga sita est magna, cum Brasilie regione terraque de Corterreal, Norvegaque ectiam conterminabilis est. Auri at multi, aliarumque mercantiarum fertilis existit. »

1 Les glaces du courant polaire entraînent parfois des ours blancs qui descendent sur les plages du Labrador et de Terre-Neuve, au printemps ou au commencement de l’été, lors de la débâcle.

2 Mais comme nous devons à Miller deux cartes,

« Ce pays, appelé par les géographes Mundus novus et situé à l'Occident, est grand. Il est borné par le pays du Brésil, la terre de Corte-Real et aussi par la Norvège. Il est très fertile en or et en autres merceries. »

l'une et l’autre citées dans le présent travail, celle-ci est nommée Miller n° i. Ces deux belles cartes ont été acquises en 1897 par laBibliolhèque nationale et s’y conservent, dans la section de géographie. Elles provenaient du vicomte de Santarem, débiteur de Miller.

Planche Vil, NORD

/AMERIQUE DU NORD SELON MILLER I Vers 1520

( Bibliofhècpie Nationale de Paris, Géographie. /

TRACÉ DE LA COTE CONTINENTALE

Plus loin, encore à l’Occident, dans les parages des Carolines, on lit :

« Hanc regionem lustrantis quidam nuncupatus primus inuenit eamque a suo nomine ita denominauit hic. Siluestres homines eiusdem coloris sicut et nos sumus vetenim faunorum acsatyrorum more degentcs situs ipse l'ere omnis asper et montanus. Existit capreis, ceruis, darais et id genus animabilius, atque ursis etiam diversisque aliis feris maxime frequens üumina in sunt plura et magna. Que in mare labentur hostia navigantibus ad malum portuosa prebene (?) et ad penitiores partes intrandum commodantur (?) »

« Parcourant cette région, un certain quidam nommé [Corte-Real] la découvrit le premier et l’appela de son nom. Il y trouva des hommes sauvages de même

couleur que nous, vivant à la façon des anciens faunes et satyres. Quant au site, il est presque tout entier âpre et montagneux. Il y a là des chèvres, des cerfs, des daims et autres animaux de même genre.

On y rencontre de nombreux ours et diverses autres bêtes féroces. Il y a des fleuves nombreux et grands, offrant à leur embouchure aux navigateurs comme des anses fort commodes pour pénétrer plus avant dans l’intérieur du pays. »

La nomenclature dp additions suivantes :

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