LES CARTES E R A N C O - 1 T A L I Q U E S
La mappemonde construite par Hieronymo da Verrazano, frère du naviga- hier, verrazano teur, non datée, mais construite en 1029, dans quelque ville d’Italie, et qui se 1 >2<J
trouve à la Propagande.
La caractéristique des cartes verrazaniennes ne gît ni dans la configuration détroit imaginaire de la côte Nord-Est ni dans les contours de Terre-Neuve ; mais bien dans un littoral imaginaire à l'Ouest du continent. Nous devons néanmoins noter cette conception géographique, car c’est dans les globes et cartes verrazaniennes que l’Amérique du Nord se trouve, pour la première fois, nettement séparée de l’Asie, par un vaste océan, ainsi que des régions arctiques par un détroit imaginaire unissant l’Atlantique au Pacifique. Le type le plus ancien qui nous soit parvenu est la carte précitée de Vesconte de Maggiolo. La partie afférente à notre sujet est celle-ci :
?,5. — Détroit imaginaire, selon Maggiolo, 1527.
Vient ensuite le planisphère de Hieronymo da Verrazano (cf. 96).
Ces deux configurations procèdent évidemment d’un même prototype, lequel ne peut guère être autre que la carte dont Giovanni da Verrazano fit hommage à Henry VIII avant iSaG. En effet, il est difficile de ne pas reconnaître dans l'isthme au Nord-Est de la Floride, « la petite langue de terre ressemblant beaucoup à l’isthme de Darien » que Hakluyt avait remarquée en cet endroit de la côte dans la carte présentée par le navigateur florentin an roi d’Angleterre. La légende qu’on y lit : « Da questa mare orientale [l’océan
Atlantique] si vede il mare occidentale sono G miglia di terra infra l’uno a l'altro », donne à cette partie du littoral un caractère particulier, qu’il importait de citer à cette place. C’est aussi la raison qui nous porte à mentionner également certaines œuvres de cartographes et de sphérographes pour qui l’étroite langue de terre en ce lieu était de même un article de foi. Six portulans de Battista Agnese 1 exposent une route ponctuée qui, partant d un port de Normandie, Dieppe sans doute, traverse 1 Atlantique, atterrit a 1 endroit meme du petit isthme de Verrazano et de Maggiolo, passe à travers, franchit le Pacifique, va aboutir au Cathay, et porte la légende : el viazo de Francia , laquelle nous explique le but de cette configuration l.
1 erre-Ncuve dans Maggiolo et dans Verrazano provient du même modèle, malgié de légères modifications dues plutôt à un écart de pinceau ou à la négligence qu à des différences intentionnelles. Ainsi, Maggiolo ne prolonge pas, comme Verrazano, le Groenland à l’Ouest jusqu’au Nord de Terre-Neuve. Sur cette dernière carte, 1 entrée du golfe Saint-Laurent ressemble à un
1 Atlas de 1 536 (Dresde) : sans date. Bibl. nat. Paris, aussi h Vienne, Stockholm, à la Bodléienne
el dans la collection de M. le baron Edmond de Rothschild. Discovery, p. G29-630.
CJ VJ
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estuaire de fleuve, tandis que, dans l’autre, elle se termine en cul-de-sac :
Quant à la nomenclature, elle est plus riche pour Terre-Neuve dans Maggiolo (37 noms) que dans Verrazano (23 noms), mais dans l’un et l’autre, d’origine lusitanienne, comme on le verra par les deux listes qui suivent :
NOMENCLATURE DU MAGGIOLO
Sur le Groenland :
Lavoradore.