‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 71 sur 258 · E’ILE SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

E’ILE SAINT-JEAN

raison d’être en ce lieu, une configuration imaginaire, comme la plupart de celles qui sont portées dans ces parages sur les anciens portulans.

Cette île ne tarde pas à disparaître entièrement. Ni Freducci, ni Kunstmann N“ IV, ni Miller N° I, bien qu’exposant une partie de la côte orientale de l’I le du Cap-Breton, ne l’inscrivent. Elle ne réapparaît qu’avec le Maggiolo de 1027, loin de la côte, mais avec son nom : Ilia de S. Joan. Ce n’est évidemment qu’un emprunt fait à quelque carte portugaise de la première manière. Toujours est-il que la stricte hydrographie sévillane, jusqu’à laseconde moitié du xvi° siècle, ignore absolument cette île Saint-Jean, quoique traçant le renflement côtier au Sud de Terre-Neuve, en le qualifiant même par deux fois de Tierra de los b reloues, ce qui dissipe toute équivoque.

On doit croire que les cartographes portugais recommencèrent d’assez bonne heure à exposer une île Saint-Jean, mais sous une forme, à une place et dans des dimensions très différentes de la Sam Johani de Reinel. Parmi les cartes aujourd’hui connues, la première qui la dessine est Viegas (i534), mais sans la baptiser. On ne saurait néanmoins douter que c’est bien l ile en question, puisqu’elle se retrouve exactement pareille à la même place dans l’atlas de la Riccardiana ; mais cette fois explicitement désignée sous le vocable de Sa/n Joham.

Pour nous, c’est un renseignement géographique obtenu de visa par quelque explorateur, même un simple pilote, breton ou portugais. Savoir si cette configuration fut nommée d'après le jour férié où le marin inconnu crut en avoir déterminé le caractère, ou bien si les cartographes marièrent, pour ainsi dire, File nouvellement découverte avec File Sam Joham de Pedro Reinel est un petit problème que nous' ne sommes pas en mesure de résoudre. Le seul fait certain, c’est que l’ile Saint-Jean de Viegas est bien celle que nous verrons dorénavant figurer dans les cartes portugaises et dans les œuvres de I hydrographie dieppoise du xvie siècle.

On a cru y reconnaître la grande Ile du Cap-Breton, en toute son étendue, depuis le détroit de Canso jusqu’au Cap-Nord et depuis l’océan Atlantique jusqu’à l’intérieur du golfe Saint-Laurent, c’est-à-dire (en y comprenant File Madame et les îlots adjacents) une surface de ïi 200 kilomètres carrés !

Il y avait beaucoup à dire pour et contre cette appréciation. La description précitée de Chavès, quelques détails empruntés à Santa Cruz, et le tout étudié avec la carte de Diego Gutierrez copiée en i55o assurément sur le Padron general même, permettent, croyons-nous, de serrer la question de plus près.

L’ile du Cap-Breton ne constitue pas, dans la réalité, comme on est porté à croire de prime abord, une masse compacte. Au contraire, ainsi que le montre

la carte 38 ci-jointe, un bras de mer ou fiord de 80 kilomètres de longueur , sur une largeur variable, traverse 1 île à peu près d outre en outre , du ]Noid-Est

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