‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 77 sur 258 · DÉCOUVERTE DU DÉTROIT DE BELLE-ISLE · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DU DÉTROIT DE BELLE-ISLE

(Pointe Rieh?), au Cap Delatte ou Du Lait (South Head?) et au Cap Sairict- Jehan (C. Anguille).

Quant aux cartes dont le hardi marin s’est servi en i .534 et 1 53.5-36, elles ne paraissent pas avoir ressemblé à celles du temps et de la région aujourd’hui connues. Ainsi aucun des noms cités par Cartier de façon à laisser croire qu’ils existaient déjà à ces dates (car aux autres, il ajoute des phrases comme : « J’appelay cesteisle... Nous l’appellasmes le port de... », etc. !, ne se retrouve ailleurs. Sauf de rares exceptions, on ne voit même pas ces noms nouveaux dans les cartes dressées postérieurement aux premiers voyages de Cartier. Mais, ce qui est bien fait pour étonner, c'est la déclaration du navigateur malouin : « A ce que j'ay veu, qu’il luy aict au le un passaige entre la Terre Neuffue et la terre des Bretons » 2. Il ignorait donc, en 1 434 , l’existence de la grande entrée du golfe Saint-Laurent, laquelle sépare la côte méridionale terre-neuvienne de l’Ilc du Cap-Breton. Cette ignorance est d’autant plus surprenante que depuis dix ans au moins toutes les cartes espagnoles et portugaises marquaient ce passage très distinctement. Ou bien est-ce que traversant dans le golfe même, du Ca/> Sainct Jehan à la Rivière des Baroques (Richmond Bay?), c’est-à-dire à une trop grande distance dans l’intérieur du golfe pour apercevoir cette entrée, il ait cru que c’était une invention des cartographes ?

C’est lors de son exploration de la cote Sud et Sud-Ouest du Labrador, que Cartier eut l’occasion de voir de près cette partie du pays et ses habitants. La description qu’il en donne est à rapprocher de celle que fournirent les pilotes de Corte-Real, à leur retour en Portugal, de la cote orientale de Terre-Neuve en j 5oi. Les deux régions sont très rapprochées l’une de l’autre, mais il ne faut pas en tirer la conclusion que les Indiens appartenaient à la même race.

Le second voyage de Cartier, du 19 mai r 53 3 au 16 juillet 1 536, n’augmenta pas les données topographiques qu’on possédait sur cette ile.

Cartier ne lit donc que revisiter au Nord-Est le littoral suivi par lui en 1 534, jusqu’à la sortie par le détroit de Belle-Isle dans le golfe Saint-Laurent. Il aperçut de nouveau la côte terre-neuvienne seulement quand, passant du Cap-Breton par une entrée pour lui jusqu’ici douteuse ou inconnue, il vint

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