‹ Découverte et évolution cartographique de Terre Neuve et des pays circonvoisins 1497-1501-1769;Chapitre 78 sur 258 · SECOND VOYAGE DF CARTIER · texte numérisé non relu

SECOND VOYAGE DF CARTIER

1 C. Roxo, dans Desliens, indique un emprunt

fait à une carte portugaise, mais il donne Bonneciste et non Bonavista. Alfonse inscrit Baye des hytes (pour buttes) ; Car pont , Cape de Bonne eeue et Rogneuse. L’Harleyenne porte : Blanc sablon ,

baye des cliastieulx et îles des Oiseaulx; Descelliers : Sainte-Catherine , Blanc sablon , Coullombier et les Granges.

2 Michelant et Ramée ; Relation originale , Paris, 1867. p. 20.

atterrir à son Havre du Saint-Esprit (Baie de la Poile ?). De ce point le navigateur malouin se rendit aux îles Saint-Pierre, puis au Cap Race et enfin au havre de Rongnose, d’où il revint à Saint-Malo.

Des renseignements supplémentaires concernant Terre-Neuve peuvent avoir été apportés par les deux navires que Cartier renvoya en France le 2 septembre 1 54 t , lors de son troisième voyage. Mais ceux-ci ne sauraient guère concerner que la partie du littoral qui s étend du havre de Carpont au

port Sainte-Croix. Quant à lui, il ne retourna pas à Saint-Malo avant l’été de i 542, et ce fut probablement par la même route.

DÉCOUVERTE DU DÉTROIT DE BELLE-1SLE i J 9

Il est impossible que les épures rapportées par Cartier eu 1 VI 4 et J.33G soient restées inconnues aux cartographes français. Malheureusement les œuvres dieppoises qui s’en inspirèrent, et que nous possédons encore, sont postérieures de cinq ans à ces deux expéditions. Le critique est néanmoins fondé à se demander si l’on ne saurait retrouver, sinon la trace des cartes' originales de Cartier pour cette première période, au moins une expression cartographique de l’effet produit sur les géographes par la nouvelle de sa découverte d’un passage entre Terre-Neuve et le continent. La mappemonde que Mercator dressa à Louvain en 1 538 offre des éléments de discussion à cet égard, puisque le détroit de Belle-Isle, à première vue, parait y être représenté ‘.

Trois années après, dans son globe2 de i-54i, Mercator reproduisit la même configuration, en y ajoutant une nomenclature empruntée évidemment aussi au modèle qui lui avait servi pour sa mappemonde de 1 538. On y reconnaît facilement l’idée qu’un cartographe de l’époque, travaillant sur une carte purement portugaise, devait se faire de la région en apprenant que Terre-Neuve était entièrement séparée du continent par un mince détroit.

* Une configuration identique se retrouve dans le globe Weishaupt : pièce détachée d’un système planétaire actionné par un mécanisme d’horlogerie et apparemment construit en France dans la seconde moitié du xvie siècle. L archipel imaginaire qui tient lieu de Terre-Neuve, est dénommé Corterealis et également parallèle à la Terra de Baccalearum regio. C’est, d’ailleurs, un globe verrazanien. Ci. le n° de novembre 1896 de la Rev ue de Gographic de Dkapeyro.n.

Enfin la même configuration terre-neuvienne

a été adoptée dans la carte d’Antonius Florianus d’Udinc, publiée à Rome par Lafkeui, en 1 566 ; mais au lieu de hisulæ Corterealis , que donne Mercator, on lit : lnsula Céorterensis.

- O11 connaît maintenant cinq exemplaires, tous montés, de ce globe : à I observatoire de Paris, à Weimar, à Crémone, à Saint-Nicolas (Wacs), à la Bibliolh. imp. de Vienne, et un en feuilles à la Bibliolh. royale de Bruxelles, lequel a été reproduit en fac-similé en 1871.

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