C. de Tronot — C. Tiennot
Baya de S. loresme — Baye de S. laurens.
/sleos — Isleaux.
Jaqui — (Hable de) Jacques (Cartier).
Rio de S. Quenain = Rivière de Saguenay.
T® de ar binas = Ysle des couldrcs1 .
Ilia de conej . — Ysle des lièvres i.
ferrones — forillon s.
Riofaues = Rivière de fouez (de Foix).
El Este écho = Le destroyt (Saint-Pierre ) .
Estadas = Stadacone.
Tuttonaer = Tutonaguy.
1 Bibliothèque nation, de Paris ; sect. de géographie.
2 John Cabot , thc Discovercr of North America and Sébastian bis son; pp. 436-37; Discovery, p. 640.
3 En espagnol, de avelanas . Peut-être est-ce
une mauvaise lecture de « Yc de orleans ».
‘ Eu espagnol, dans le sens de lapins, conejos. Ou bien est-ce une mauvaise lecture de « A'0 de couldrcs ».
0 Du mot portugais dans les vieilles cartes : Foration ou farilhom , banc de sable.
Enfin, la légende : pora guinopde pasar , c’est-à-dire : « par arjui no p ue de pasar : par ici on ne peut passer » : ce qui sc rapporte aux difficultés que Cartier dit avoir éprouvées lorsque le 28 (et non le 18) septembre i535, ne pouvant sortir du lac que nous appelons Saint-Pierre, il laissa son galion en arrière et remonta avec ses barques jusqu’à Iïoclielaga1 *.
On n’a pas encore rencontré de carte plus ancienne que le planisphère de Cabot où ce lac se trouve nommé. Nous y lisons Laaga de golesme , simple traduction de lac dAngouléme, comme l’appellent toutes les cartes françaises qui désignent cette localité, ainsi nommée en l’honneur de François d’Angoulème, c’est-à-dire François 1er. Le Cabot ajoute même « golosme », là où l’Harleyenne et le Desceliers de 1 540 inscrivent Les ys daiigoulesme : désignations des îlots qui obstruent l'extrémité occidentale du lac Saint-Pierre. Cette légende et ces noms dénotent à priori l’existence d’une carte dieppoise plus rapprochée des épures de Cartier (pie les cartes dont Desceliers s'est servi. Il est donc loisible de tenir compte d'autres noms incrits sur la carte de Cabot, tels que laaga cloma \ ysleos pinto et d’autres dont nous ne saisissons pas davantage la signification.
Mais à côté de ces noms nouveaux, on a lieu de s’étonner d'omissions aussi importantes que Isle de Bacchus ou d'Orléans , de Ochclay , de Hochelaga et de Isle de V Assomption. Quant aux interpolations faites par Sébastien Cabot, dans un but de vantardise et qui ont si longtemps dérouté les historiens, il est inutile ici de les rappeler3.
Nous avons maintenant à décrire certaines cartes un peu moins anciennes mais entièrement dieppoises. Malgré des dates différentes, les configurations canadiennes ne sont pas plus récentes les unes que les autres. Sous une forme légèrement dissemblable, elles reproduisent le fleuve Saint-Laurent dans son ensemble tel qu’on le comprit après le troisième voyage de Jacques Cartier, vers l’automne de t 5 4 3 .
Voici quel est le tracé de cette rivière dans les cartes dieppoises dressées de 1.543 à i55o, à partir de l ile d’Orléans ou du lac d’Angoulême (Saint- Pierre) : ce qui suffit pour notre démonstration :
Du premier coup d’œil, on voit (pie cette partie du fleuve Saint-Laurent dans l’Ilarleyenne et dans les cartes signées par Desceliers provient du même
1 Brief récit, lus aa-.3a.
- Peul-èlre doit-on lire Agonionda, vocable indigène du Canada, lequel, selon Caiitiek (Brief
récit , 1" 27, verso), désignait une Iribu de gens mauvais et guerriers venus du Saguenay.
;; ■lulin Cabot, tlic Discovcrer of Norlh America and Sébastian, lus son, London, B. F. Slevens, 1896, in-8°, cl Berne de Géographie , de Dhapeyhon, n,JS de novembre 1894 à mars 1895 incl.