‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 138 sur 504 · JANV. 1699. SANTA MARIA DE GALVEZ DE PENSACOLA · texte numérisé non relu

JANV. 1699. SANTA MARIA DE GALVEZ DE PENSACOLA

Toute la nuit les vents ont battu à l’est, beau temps avec de la brume fort espaisse,

Le mercredy 27°, M. de Lesquelet, lieutenant de la Badine, alla reconnoistre les deux frégates, qui estoient espagnoles, l'une de dix-huit et l’autre de vingt canons, qui estoient là depuis quatre mois pour establir une colonie. Le commandant le receut très bien. Il leur dit que le Roy avoit oùy dire que cinq à six cents Canadiens estoient descendus pour s'emparer des mines; que nous estions venus pour les arrester, que nous avions pris ces deux traversiers qui cestoient fourbans, et qu'ayant appris d'eux qu’il y en avoit un autre de cinquante à soixante pièces, le François, qui estoit à Saint- Domingue, s'estoit joint à nous, qu’il demandoit pour faire de l'eau et du bois, qu’il estoit expedient pour cela que nous entrassions. Le commandant dit qu'il avoit ordre de ne laisser entrer personne, néantmoins il permit d'entrer à M. de Lesquelet, et le major avec sa chaloupe revint. En desbordant, on tira trois coups de canon pour le salut. Ils ont un fort de pieux, et ils sont environ trois cents hommes, deux Augustins et deux Recollectz. M. de Lesquelet et le major espa-

gnol arrivèrent sur les deux heures après midy au Æ‘rançois,

avec quelques présens pour M. le marquis de Chasteaumorant, qui leur envoya quelques dames jeannes de vin. Le major s'en retourna; en desbordant, on tira sept coups de canon pour le salut.

Le mercredy 28°, les canots de nos trois navires sont allez sonder l'entrée de la rivière nommée par les Espagnols Santa-Maria de Galves de Pensacola. Ils ont trouvé un très beau port, le moins d'eau estant de vingt pieds, par le rapport de MM. Surgères et d’Iberville, qui y furent eux-mesmes.

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