‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 139 sur 504 · JANVIER. 1609. BAIE DE LA MOBILE · texte numérisé non relu

JANVIER. 1609. BAIE DE LA MOBILE

Sur le midy, une chaloupe des deux frégates, dans laquelle estoit le capitaine, est allée à bord du Françots, qui a apporté un ordre, par lequel il ne permettoit pas d'entrer. Nous avions desjà levé l’ancre, que nous laissasmes tomber aussitost. Ils dirent que nous n'avions qu’à mouiller devant, qu'ils nous apporteroient de l'eau et du bois; apparemment que leurs matelots apprirent au François que nous estions venus à la coste pour nous establir. Nos messieurs jugèrent à propos de passer outre. C’est asseurément un très beau port, aussy beau au moins que Brest, et que nous perdismes par nostre retardement. Il y a des masts pour en fournir toute la France. Sur les six heures du soir, nous mismes notre felouque à bord, en regrettant un si bel endroit.

Le jeudy 29°, calme tout plat avec de la brume continuelle, des vents variables, qui nous ont empesché d’appareiller.

Le vendredy 30°, sur les sept heures et demie, nous fismes voile d’un vent d’est-nord-est pour reconnoistre la baye de la Mobile. Nous n'approchasmes la terre que de trois lieues. Nous fismes le sud-ouest quart d'ouest et l’ouest-sud-ouest sur les quatre heures du soir, nous gouvernasmes au sudouest, n'ayant trouvé que cinq brasses d'eau. Le François, qui estoit en ce tems là au large de nous, nous dit qu'il n'avoit trouvé que cinq brasses. Il a tenu le vent pour courir au large. Quelque temps après, il se rallia à'nous; nous mouillasmes sur les six heures du soir par les neuf brasses, fond de sable fin.

Le samedy 31°, sur les sept heures du matin, nous fismes

porter à l’ouest, quart de nord-ouest à midy ; nous descouvrismes un lit de marée, qui sortoit de la baye de la Mobile. Nous

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