FÉVRIER 16099. SONDAGE DE LA BAIE
mismes aussitost en travers, croyant que c’estoit quelque haut-fond; nous envoyasmes sonder nostre chaloupe, qui trouva huit brasses, ensuite nous fismes servir; après que nous eusmes repassé le lit, nous mouillasmes par la mesme eau, bon fond. On détacha M. de Villautrey, avec un pilote, pour sonder la Mobile avec les deux traversiers. Sur les six heures du soir, le grand s'est eschoué, la marée l’ayant emmené sur un banc de sable. Il a tiré plusieurs coups de canon, dont nous ne vismes que le feu. Quelque temps après il s’en est osté. Toute la nuit, les vents ont battu au sud-est; deux heures avant le jour, ils sont venus au sud-sud-ouest avec de la pluye à verse. Nous ne pusmes tenir debout au vent, quoyqu'il ventast assez fort, par les grands courans, qui partoient au sud-est.
Le dimanche r° fevrier, sur les dix heures du matin, nostre felouque, estant revenue de la descouverte, nous a dit qu'il
n'y avoit pas d’eau, selon le rapport que leur en a fait M. de
Lesquelet. Luy, estant arrivé à son bord, dit qu'il y avoit cinq brasses d’eau, ce qui a esté cause que M. d’Iberville y alla luy-mesme avec M. de Sauvolle. Ces deux traversiers ont esté obligés de mouiller à cause des courans et des vents de sud-ouest, qui les portoient à terre. Nous appareillasmes avec nos huniers pour nous mettre au large, estant mouillés trop proche d'un rescif, qui va joindre la grande terre et brise presque partout, en dedans duquel il y a un petit islet tout noyé, qui gist est et ouest du cap, qui fait la baye de la Mobile et deux autres grands islets qui sont un peu plus enfoncés, esloignés de la grande terre plus de trois lieues. Dans les vingt-quatre heures, les vents ont esté variables avec beaucoup de pluye, ayant fait durant la nuit plusieurs esclairs et