‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 141 sur 504 · FÉVRIER 1699. BAIE DE LA MOBILE · texte numérisé non relu

FÉVRIER 1699. BAIE DE LA MOBILE

des nuages qui s'élevoient au sud, qui nous présageoient du mauvais temps.

Le lundy 2°, les vents furent toujours à l’est et à l’est-sudest avec de la pluye continuelle au soir aux sud-est-sud et sud-ouest. Il a commencé à venter depuis minuit; à l’ouest, gros vent; nous filasmes un câble et demy.

Le mardy 3°, les vents continuèrent à l’ouest. Mauvais temps, la mer fort grande avec du froid sur le midy; ils sont venus à l’ouest, quart du nord-ouest, qui se sont un peu moderés sur le soir au nord-ouest, où ils ont resté toute la nuit.

Le mercredy 4°, les vents ont esté nord et nord-ouest petits vents. À onze heures, M. d Iberville est arrivé à son bord, dont il estoit party dès le dimanche, que le mauvais temps avoit empesché de venir, qui a rapporté n’avoir trouvé que deux pieds d’eau dans le plus profond de la passe qui est fort serpentante; en dedans cinq brasses, un grand lac et une rivière qui se descharge dedans, qui a flux et reflux, dont les marées sont nord-ouest et sud-est. Cette rivière a une si grande rapidité que son eau en est toute bourbeuse, entraisnant des pins, les plus propres pour faire des masts d'une hauteur et grosseur prodigieuses. Nos gens tuèrent plusieurs outardes et ont trouvé plusieurs cabanes de Sauvages; sur un de ces islets, une grande pirogue eschouée, plusieurs pots de terre. Ils trouvèrent aussy plus de soixante testes dans le sable et plusieurs ossemens, apparemment qu'ils s’estoient battus. Ces Sauvages, qui sont au long de la coste, sont vagabonds; quand ils sont saouls de viande, ils viennent à la mer pour manger du poisson, où il esten abondance. Nos gens en prirent quelques-uns, qui pesoient au moins vingt livres.

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