FÉVRIER 1609. APPAREILLAGE
À une heure après midy, la Badine a arboré un pavillon ostendois pour nous faire appareiller. Nous levasmes nostre ancre touée, qui estoit au sud-est, que nous avions portée, de peur d'embarrasser notre grande ancre. Entre deux et trois heures, nous estions sous voiles d’un petit vent de nord, temps fort serein. Nous fismes l’ouest et l’ouest quart de sudouest, Sur les quatre heures, les vents sont venus à l’ouestouest-sud-ouest, Nous portasmes au plus près. Quelque tems après, ils sont venus au nord : au soleil couchant, nous observasmes la variation, qui estoit d’un degré. Sur les six heures, nous mouillasmes par les quatorze brasses, fond de sable vaseux. Sur les trois heures après midy, on prit hauteur à l’estoile polaire, qui estoit l'heure qu'elle passoit à son méridien au-dessus du pôle. Nous estions pour lors près de trois lieues au sud du bout de l'ouest de la baye de la Mobile. Toute la nuit, les vents ont battu au nord; petits vents, tems serein ct froid. La baye de la Mobile, ainsi nommée par les Espagnols, est, selon les observations que nous en avons faites, par la latitude de 30 degrez et la longitude de 28 deorez 26 minutes,
Le jeudi, 5°, nous appareillasmes d’un petit vent de nord; nous fismes l’ouest et l’ouest quart de sud-ouest, et à midy on prit hauteur 20 degrez 5o minutes. Sur les trois heures, les vents sont venus tout d’un coup à l’ouest-sud-ouest. Nous courusmes bande du nord-ouest. Sur les cinq heures du soir, le François a mis à l’autre hord pour courir au large, se trouvant trop proche de la terre. Au soleil couchant, on monta en haut, on vit depuis les islets de la baye de la Mobile jusqu'à une isle, dont le bout paroist comme un Cap tout plat, qui est esloigné environ une lieue de la grande