FÉVRIER 1699. EXPLORATION, NOMBREUX ILETS
à la voile avec un canot d'escorce chacun à la remorque, d'un vent de sud-est assez fort, temps couvert, Nous fismes sudouest quart d'ouest pendant une horloge. Ensuite nous tinsmes au plus près, les vents se halant au sud-sud-est, et pour passer au large d’une isle qui est deux lieues à l’ouest de nostre isle où nous sommes mouillés. Au sud de cette isle nous trouvasmes un haut fond, où la mer rouloit beaucoup, Continuant nostre route au sud=oucst et au sud-ouest quart de sud, nous trouvasmes quatre petits islets, qui ne sont que des sables, fort près les uns des autres, qui s’estendoient au nord et au sud, où nous nous traisnasmes plus d’un quart de lieue, n’y ayant que deux pieds d’eau. La mer estoit fort belle, quoyqu'il ventast beaucoup, estant à l’abry des autres islets qui sont au large ; les vents sautèrent tout d’un coup au nord-est, Nous gouvernasmes au sud près d’un islet, nous donnasmes plusieurs acculées, n'y ayant que deux pieds et demy d’eau. Ayant fait depuis cet islet deux lieues au sud-est, nous descouvrismes un autre enfoncement, et la terre, qui couroit à l'est-sudest, qui est fermée par plusieurs islets que la mer couvre des mauvais temps. Ensuite nous fismes trois lieues, depuis le sud-ouest quart d'ouest jusqu'au sud-sud-ouest, pour nous parer de quantité d’islets que nous trouvions dans nostre route, Sur les cinq heures et demie, nous mismes à terre à la pointe d'une isle qui s’estend nord et sud, où nous cabanasmes sans trouver d'eau douce.
Le samedy 28°, sur les six heures du matin, nous nous
embarquasmes d'un temps de brume que l'on ne voyoit presque pas, qui se dissipa quelque temps après. Nous fismes plusieurs routes entre le sud et l’ouest pour nous parer d’une
quantité d’islets que nous trouvions, jusqu’à un enfoncement