‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 154 sur 504 · MARS 1699. LABYRINTHE D'ILETS. CONSTERNATION · texte numérisé non relu

MARS 1699. LABYRINTHE D'ILETS. CONSTERNATION

Le dimanche 1°’ jour de mars, le mauvais tems continua avec la pluye jusqu'à midy, que les vents sautèrent à l’ouestnord-ouest, tems sombre, petits vents sur le matin du mesme jour. M. d'Iberville fit couper la tige de petits arbrisseaux qui viennent sur ces isles, pour mettre dans les cabanes, y ayant plus d'un demy-pied d’eau dedans et mesme par dessus toute l’isle, en sorte que nous estions obligés de nous tenir debout le long du feu pendant la pluye. On creusa par toute l’isle pour trouver de l'eau, mais elle estoit tousjours saumastre. On y tua plusieurs chats sauvages; nous restasmes jusqu'au lundy dedans ce triste endroit.

Lundy, sur les six heures du matin, nous mismes à la voile d’un vent du nord assez fort. Nous fismes plusieurs routes, entre le sud-ouest et le sud-est, pour sortir d’un labyrinthe d'islets dont nous estions enveloppés. Après avoir doublé une pointe, où nous donnasmes une acculée, nous vismes la grande terre qui couroit au sud-sud-est, nous la rangeasmes tout le long; la mer estoit si grande que nous fusmes obligés de mettre nos faignes, qui estoit une toile goudronnée d'environ un pied de haut, au-dessus de nostre bord, que nous estions obligés de tenir pour empescher la mer de s’embarquer. Nous arrivasmes pendant un moment pour tenir la terre de plus près, et de crainte aussy de repasser la rivière. Nous vismes la terre, qui couroi. encore au sud-sud-est et au sud-est ; nous tinsmes les vents au plus près, avec les ris dans nostre grande voile, pour tascher de nous élever de la coste, les vents y battant tout à fait. Après avoir esté pendant deux heures au plus près à battre la mer, qui nous wrangeoit, et craignant que quelque coup de mer nous comblast, à cause d'un canot d’escorce que nous avions mis dedans, M. d’Iber-

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