‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 166 sur 504 · MARS 1000. ACCUEIL FAIT AUX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

MARS 1000. ACCUEIL FAIT AUX FRANÇAIS

le millet, d'autre cuit avec la graisse d'ours, et d’autre en sagamité avec des fèves molles parmi, et d’autres en farine cuite. Nous en mangeasmes un peu de chaque sorte, et donnasmes Île reste aux équipages, qu'ils portèrent aux chaloupes. M. d'Iberville leur donna de l’eau-de-vie, parmi laquelle il avoit meslé de l'eau, dont chacnin but un coup fort petit, la trouvant trop forte, n'ayant jamais bu de cette sorte de liqueur. Ensuite il leur donna de la rassade, des aiguilles, des miroirs, des couteaux et autres bagatelles, qu'ils portèrent tous un

peu à chacun. Toutes ces cérémonies, aussy bien que le repas

magnifique, durèrent jusqu’à six heures du soir, que le cheffit chanter toute la jeunesse, tenant chacun une gourde à la main avec de petites graines dedans, qu'ils accordoient fort bien à leur voix en les maniant. A la fin de leurs chansons, qui ne sont pas fort longues, et répétant presque les mesmes mots, quoyqu'ils les mettent sur differents airs, ils font des hurlements affreux, qui retentissent plus d’une lieue dans les bois. Cette douce harmonie ayant duré plus de deux heures, le chef s’en estoit allé pendant cet intervalle ; il nous dit adieu à sa manière. Nous luy fismes entendre que nous irions le lendemain à leur village; ils allumèrent des flambeaux, qui sont des fagots de cannes sèches auxquels ils mettent le feu, ct puis ils les plantent debout dans le milieu de la place, ce qui esclaire fort bien. Puis ils se levèrent quatre debout, qui dansèrent en chantant et en hurlant de tems en tems, estendant leurs bras et frappant des pieds à tout moment de toutes leurs forces, ce qui dura plus d’une heure.

Ils s'en allèrent presque tous, peu de temps après, à l’exception de quatre ou cinq qui restèrent avec nous. M. d’Iber-

ville leur demanda si la fourche estoit encore beaucoup esloi- IV. 17

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