‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 171 sur 504 · LAC PAR LEQUEL ON SE REND A LA MER · texte numérisé non relu

LAC PAR LEQUEL ON SE REND A LA MER

Le village est composé de deux nations, qui sont les Mougoulachas ct les Bayogoulas, qui ont la mesme langue et ont deux chefs, dont celuy des Mougoulachas paroist le premier. Ils ne sont esloignés de la rivière que d’un quart de lieue. Sur le soir, nous fismes une grande croix, sur laquelle on mit les armes de France.

Le lundy 16°, entre cinq et six heures, nous plantasmes nostre croix. Tous les Sauvages du village avec Ie chef vinrent nous voir embarquer, et huit d’entre eux s’embarquèrent dans un de leurs canots, et le chef des Bayogoulas, avec M. d'Iberville, pour nous conduire au village des Ommas. La rivière serpente beaucoup et a un grand courant, qui augmente lorsque le vent va comme elle. Ayant parti à neuf heures, nous fismes dans nostre journée cinq lieues sur les cinq heures et demie. Nous cabanasmes près d'un lieu audessus d’un bras, qu’ils disoient à leur village estre la fourche,

qui n’est autre chose qu'un lac, par lequel ils se rendent à

quatre et cinq lieues de nos vaisseaux, faisant plusieurs por-

tages de leurs petits canots. Nous dismes au chef des Sauvages, avant de partir de leur village, que deux de nos hommes estoient escartés dans le bois, estant allés à la chasse. Nous leur fismes entendre de leur donner de quoy vivre, et que nous leur rendrions en passant, ce qu’ils conceurent fort bien.

Le mardy 17°, sur les sept heures du matin, nous embarquasmes; la rivière serpente par le mesme détour que le jour précédent, mais son courant n'est pas si rapide. A trois lieu de nostre couchée, nous laissasmes les deux canots d'escorce ct celuy des Sauvages avec du monde pour la chasse, parce

que nous n'avions qu'un peu de viande, que nous réservi

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