MARS 1699. ROUTES DIFFÉRENTES POUR LE RETOUR
avoient tué traversant la rivière. Il plut presque toute la journée, ce qui fut cause que le canot des Sauvages Bayogoulas qui venoient avec nous s’arresta sur les deux heures après midy, et un de nos canots d’escorce douze lieues plus bas, au portage que nous avions fait, où ils trouvèrent quantité de crocodiles, et le feu que nous avions fait en passant n'estoit pas encore esteint.
Le mardy 24°, sur les six heures du matin, nous nous embarquasmes. Après quatre lieues de chemin, nous trouvasmes le canot des Sauvages, qui s’estoit arresté le jour précédent à cause de la pluye, et nostre canot d’escorce un peu plus loin, qui avoient tous deux passé par le portage et avoient par conséquent beaucoup abrégé leur chemin. Sur les trois heures du soir, nous trouvasmes une petite rivière qui est comme un lac, n'ayant aucun cours, que les Sauvages nous montrèrent et nous dirent que c’estoit le bras d’eau par où ils avoient descendu à la mer vis-à-vis de nos vaisseaux, mais quil leur avoit fallu faire plusieurs portages; nous mismes pied à terre à son emboucheure. M. d'Iberville s’enfonça un peu dedans pour voir s’il y avoit lieu d’y pouvoir passer nos chaloupes; mais la voyant beaucoup embarrassée par les arbres morts qui avoient tombé dedans, il résolut de nous envoyer par où nous estions venus, et luy prit le party de se rendre à la mer par le canal avec nos deux canots d’escorce. Il prit un Sauvage avec luy et ordonna de donner des présents au chef des Bayogoulas. Il porta avec luy des présens pour donner aux Ananis et aux Mouloubis qui sont dans cette rivière,
afin de faire alliance avec tout le monde. Ce petit canal et
son emboucheure est-sud-est et ouest-nord-ouest est à quatre heures au-dessus du village des Mougoulachas; la pointe de
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