‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 189 sur 504 · AVRIL 1699. CONSTRUCTION D'UN FORT · texte numérisé non relu

AVRIL 1699. CONSTRUCTION D'UN FORT

Le samedy 4°, les vents continuèrent au nord, beau frais, qui empescha nos deux biscayennes de partir et les deux traversiers pour cette rivière, qui est dix lieues à l'est de nous, n'ayant rien trouvé de l’autre costé.

Le dimanche 5°, sur les sept heures du matin, M. d'Iberville, de Surgères et autresofficiers majors, partirent dans deux petites felouques et quarante hommes de chaque vaisseau, tant soldats que charpentiers et matelots avec plusieurs haches et autres ferremens, pour couper des arbres dans la

rivière que M. de Villautrey avait dite.

Le lundy 6°, MM. de Lesquelet, lieutenant de la Badine, Bienville, garde marine, revinrent et rapportèrent qu’on n'y

pouvoit pas faire d’habitation, à cause qu’il n'y avoit pas d'eau sur la terre pour entrer les chaloupes, ce qui désola M. d'Iberville et ces Messieurs.

Le mardy 17°, MM. d’Iberville et Surgères, visitant pour trouver un endroit, trouvèrent une petite élevation, qui paroissoit fort commode. [ls sondèrent la baye pour y entrer; ils y trouvèrent sept à huit pieds d’eau, ce qui les fit résoudre à y faire entrer les traversiers pour y faire un fort, ne trouvant pas d'endroit plus commode, et ne pouvant en chercher à cause des vivres, dont plusieurs s’estoient trouvés gastés.

Le mercredy 8°, on commença à abattre pour construire le fort; tous nos gens travaillèrent si vigoureusement qu'à la fin du mois le fort fut achevé. Les chaloupes transportoient pendant ce tems les poudres, les canons, les balles, les vaches, cochons, taureaux, moutons, poules d’Inde, etc., en sorte que les vaisseaux leur laissèrent tout ce qu'ils peurent, ne se réservant que le nécessaire pour retourner. Les officiers cs-

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AVRIL 1009. DANGER D'UNE CHALOUPE 285 , toient tous les jours à tout; dans les chaloupes, il y avoit de tousjours un officier major.

à Le dimanche 12°, jour des Rameaux, le Père Anastase partit avec M. de Beauharnois, enseigne, à quatre heures du PA matin, pour aller dire la messe aux gens qui travailloient; | mais le vent devint si grand qu’ils furent obligés de relascher. | ; Sur les onze heures, le vent s’estant molli, il partit avec la | “ chaloupe. Sur les deux heures après midy, M. de Surgères . revint avec sa felouque. | Le jeudy 16°, jour du Jeudi-Saint, le Père Anastase, après | avoir dit la messe, partit avec M. de Beauharnois pour faire - faire les Pasques à ceux qui travailloient au fort. La cha- | “à loupe estoit chargée de canons et de balles, nous ne fusmes | de pas à une lieue de nos vaisseaux que le vent s’éleva bien fort; ensuite la pluye vint avec tant d’abondance, qu'il falloit deux hommes pour jeter l’eau. Il ne s’en falloit pas deux doigts ii que la chaloupe n’emplist. Nous aurions souhaité estre aux er: vaisseaux; nous continuasmes cependant nostre route, en Fu sorte que nous arrivasmes sur les deux heures au fort. La (le E pluye continua le vendredv 17° jusqu’au samedy 18° à midy, ëts comme si on l’avoit jetée par seaux du ciel, de sorte que la rés baye, qui a huit lieues de large, devint douce pendant huit | jours de tems, ce qui paroist presque incroyable et est cepenle dant très vrai. | fin Le jour de Pasques 19°, le Père Anastase confessa ceux | he qui se présentoient, ensuite dit la messe, et l’après midy les | cs, vespres et le sermon.

Été Le lundy 20°, sur les onze heures du matin, le Père Anad stase, après avoir achevé de confesser, partit avec M. de Les-

quelet pour les vaisseaux pour faire faire les Pasques à ceux qui

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