‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 191 sur 504 · MAI 1699. RENCONTRE DE VAISSEAUX ANGLOIS · texte numérisé non relu

MAI 1699. RENCONTRE DE VAISSEAUX ANGLOIS

françois. Leur amiral mit la flamme et vint sur nous. Estant proche, il nous demanda d'où nous venions ; nous lui respondismes de Saint-Domingue. Il nous demanda si le capitaine du Roy, quiavoit péri, estoit sur nostre vaisseau. Il alla ensuite à l’autre vaisseau. Il leur demanda d’où ils venoient, si nous estions ensemble. Ils luy respondirent qu'ils venoient de Mississipi, autrement Malbanchya. Voyant que nous respondions ainsi différemment, ils nous prirent pour des fourbans. Le soir s’approchant, il tira un coup de canon pour advertir les deux autres vaisseaux de se tenir auprès de luy et d’estre pendant la nuit sur leurs gardes.

Le samedy 23°, M. d'Iberville voulant s'approcher de luy, il fit signe qu'il tireroit du canon, s’ils’approchoit davantage. En effet les boutefeux estoient prests; ils auroient esté bien accommodés, s'ils avoient commencé. A la fin ils nous reconnurent et nous firent toutes sortes d’amitiés, s’offrant de nous rendre service en ce que nous aurions besoin. Depuis ce tems là nous les suivismes, ayant tousjours vent devant et estant obligés de virer de bord toutes les horloges.

Le lundy 25€, gros vent devant; nostre gouvernail cassa à midy. Aussitost nous abordasmes pavillon rouge; en moins d'une heure il fut raccommodé. L’amiral anglois envoya aussitost sa petite frégate pour nous demander ce que nous avions. IT nous fit offre de tout ce dont nous aurions besoin,

qu'il estoit prest à nous rendre service en tout. Nous luy

dismes que nostre gouvernail avoit cassé, mais qu'il estoit raccommodé, que nous le remerciions. Nous apprismes un peu après que M. d'Iberville avoit eu le mesme malheur. Nous n'en fusmes pas quittes pour cela. A cinq heures et demie du soir, comme nous allions souper, nous entendismes

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