SOINS ET CONSOLATIONS DONNÉS AUX ESPAGNOLS
bons, qui estoient suflisans, joints à la chaloupe espagnole, pour apporter les cent quarante hommes qui estoient avec le major, A midy, ils estoient hors de nostre veue, quand un gros orage, suivi d’un vent contraire, les surprit, qui les obligea à relascher pour une seconde fois. Pendant tout ce temps, nous plaignions les pauvres Espagnols, qui n’avoient ni de quoy se nourrir ni de quoy se mettre à l'abry, et nous faisions de nostre mieux pour consoler leur commandant,
que nous gardions à bord avec les deux officiers qui l’avoient suivy. Il estoit bien persuadé que nous n’espargnions rien | pour faire diligence, ce qui le rendoit tranquille.
Le 7° du mesme mois, à six heures du matin, les vents estant assez frais et favorables, je fis repartir nos quatre bastimens sous les ordres des mesmes officiers pour l’expédition à laquelle ils estoient destinés. Ils arrivèrent tous avant
midy au rendez-vous, ce qui mit une grande joye parmi tous | les affamés, qui furent bien contens, car on leur donna des vivres à discrétion, à quoy ils s'amusèrent le reste du jour, le
temps ne permettant pas de se mettre en route pour venir «
nous joindre. M. de Sauvolle arriva à bord après midy, dans tr
une felouque, pour venir consoler M. de Riola, son voisin, de la H | perte qu’il avoit faite et luy offrir ses services. Il luy fit pré- de 14 sent de très beau linge, d’un fusil et de plusieurs autres cc choses; ce commandant, dans son malheur, s’admiroit d’es- di
: tre tombé entre les mains de gens si pleins de cœur. to Le 8°, nostre armadille arriva à quatre heures après midi tr
avec tous les Espagnols, dont l'état-major vint au vaisseau, cc
et l'équipage fut à terre, à la tente qui luy estoit préparée, où le
il y avoit une chaudière bien pleine de bonnes choses pour le gt
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