‹ Découverte par mer des bouches du Mississippi [microforme]Chapitre 278 sur 504 · ILS PARTENT AVEC TROIS SEMAINES DE VIVRES · texte numérisé non relu

ILS PARTENT AVEC TROIS SEMAINES DE VIVRES

Le 9°, M. de Riola vouloit s’en aller À Pensacola avec tout son monde, de crainte de nous cstre trop longtemps à charge;

mais je luy fis entendre qu'il ne nous rendoit pas justice de croire qu’il nous incommodoit, qu'il falloit que son équipage se reposast au moins un jour, pour se remettre des fatigues qu'il avoit endurées pendant un assez long temps. Il ne fit plus de résistance et prit le parti de rester. À huit heures du soir, il arriva deux de ses chaloupes, qui estoient parties à la pointe du jour de Pensacola, dans une desquelles estoit l'officier que M. de Sauvolle avoit fait partir du fort de Biloxi pour donner des nouvelles du naufrage. Je m'informay aussitost de luy si les deux navires de guerre y estoient, comme on nous avoit dit; à quoy il me respondit qu'il n’y en avoit aucun, etqu'il n'y en avoit pas eu d'autre, de plus d’un an, que la petite frégate qui s'est perdue. Ainsi, Monseigneur, ce que j'ay eu l'honneur de vous marquer par M. de Surgères, au sujet de ces vaisseaux, s’est trouvé entièrement faux.

Le rot du mesme mois, les Espagnols partirent tous fort contens, estant séparés en cinq chaloupes, dont il y en avoit trois à eux et deux des nostres, dans une desquelles le sieur de Haute-Maison estoit pour mettre l’ordre dans la distribution des vivres, qu’on a continué de leur fournir jusqu’à Pensacola, et dans l’autre estoit le sieur de Jordy pour prendre soin du commandant et de tout l'estat-major. Il avoit avec luy tout ce qu'il falloit pour leur faire faire bonne chère au moins trois semaines durant. Comme nous avons remarqué que le commandant estoit un homme de distinction, pour qui tous les officiers espagnols, aussi bien que le major, avoient un grand respect, nous avons cru n'en jamais faire assez. Ce dont j'ose vous assurer, Monseigneur, c’est que dans une

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